C. — OBTURATIONS
Les corps étrangers de toute espèce venus du dehors, introduits par l'anus ou avalés, peuvent obstruer, à un moment donné, le canal intestinal.
(*) Maygrier, Thèse d'agrég. en ace, 1880, p. 48.
(') CiiEVALiEH, Arch. de tocoL, ISS'i, p. 7-3.
(S) Pletzer, Monat. f. Geb., 1867, Bd. XXIX, p. 21 '2.
(*) HoRNLNG, Œslerr. med. Jahrb., 1858, Bd. XXI, p. 553.
(5; Œttinger, BuU. de la Soc. anal., 1885, ¥ série, t. VIII, p. 280.
OBTUHATIONS. 525
RarciiuMil un corps (Hran^or inlrodiiil [)ar l'aims rausera une occlusion complète; Sludgaards, Verneuil en oui cependant |)nl)li('' chacun un cas. J'ai moimôme extrait par l'anus, chez un homme de soixante-cinq ans, une grosse bougie de cire, lonc^ue de !2'2 centinirtres, qui était remontée jusque dans l'N iliaciMC cl (jui a\ail produit, depuis ciii([ jours, un anvt complet des matières i'écalcs.
Beaucoup plus IréipuMites sont les occlusions par corps indigestes, avalés et accumulés dans l'intestin, dans le gros intestin presque toujours : noyaux de cerises ou de prunes, fragments de carottes, etc.
Dans la grande majorité des cas, il s'agit d'obstruction par des corps formés dans l'économie : les calculs bilaires, les calculs intestinaux, mais surtout les matières fécales durcies.
Leichtenstern, sur 11512 cas d'obstruction, a trouvé seulement 20 cas d'entérolilhes : 5 femmes et 15 hommes.
Alex. Gonzalès (') a recueilli dans la science 07 cas dobstruclion intestinale par calculs biliaires, qui avaient pénétré dans l'intestin, le plus ordinairement par une fistule cystico-duodénale. A la séance du 13 janvier 1888 de la Société clinique de Londres (-), Maclagan, Clutton, Broadbent, Ord, Barker, ont cité 7 observations de ce genre.
La plupart du temps, il s'agit de vieilles femmes.
L'ol)struction par calculs biliaires a été dans ces derniers temps l'objet de travaux importants. Dufourt, Courvoisier, Kirmisson et Rochard, Dagron. L. Gaillard (^), ajoutant il faits nouveaux, a obtenu un total de 225 observations.
Les femmes, après cinquante ans, sont beaucoup plus souvent atteintes que les hommes (Naunyn, Kirmisson et Rochard, Galliard).
Les calculs s'arrêtent presque toujours à la valvule iléo-cœcale ou dans son voisinage. Lorsqu'ils s'arrêtent à la valvule, celle-ci peut s'enflammer, se détruire et les laisser passer (Maclagan).
Leichtenstern, sur 52 cas d'occlusion par calculs biliaires, a constaté que le calcul était 10 fois dans le duodénum et le jéjunum: 5 fois au milieu de l'iléon ; 17 fois à la partie inférieure de l'iléon. Trêves, d'après l'examen de 16 cas, arrive à des résultats très analogues {loc. cit., p. 526).
Dans quelques cas, l'arrêt a lieu seulement dans VS iliaque (Bourdon, Kôrte) ou dans le rectum (Babinski).
Le volume du calcul n'a pas besoin d'être excessif; sans doute, dans quelques cas, ses dimensions suffisent à expliquer l'arrêt complet des matières; Barker, par exemple, en a trouvé un de 10 centimètres de circonférence dans la partie supérieure de l'iléon, et Campenon (') a extrait du jéjunum un calcul de 6 centimètres de long sur 5 centimètres de large: mais, bien souvent, il faut admettre l'influence du spasme de l'intestin se surajoutant à l'obstacle mécanique, et dans d'autres circonstances celle de la paralysie des éléments musculaires de la paroi intestinale. Presque toujours, en effet, au moment de l'opération ou à l'autopsie, on a pu constater que les calculs étaient mobiles dans l'intestin et que leurs dimensions n'étaient nullement en rapport avec la gravité des accidents observés.
(1) Gonzalès, Tlièse de Paris, 188G-I887.
(-) Semaine médicale, 25 janvier 1888, p. 51.
(^) L. Galliard. Presse méd., 18 mai 1895, et Traité de médecine, l. IV, p. 686.
(*) Campenon, Société anatomique, 15 juin 1890.
lAD. JALACVIER}
52G OCCLUSION PAR OBSTACLK Ml-CANIQUI-.
Dans un cas de Ord, les phénomènes d'occlusion résullèrenl de renclavemenl du calcul dans le sphincter anal.
A côlé des calculs volumineux qui pénèlrent dans l'inleslin par rélahlissement de fistules cholécyslo-duodénales, coliques, ou même gaslriques, on doit signaler les agglomérations de calculs (Legros, Klarkc, Puyroyer, Piéchaud), (jui ont pu passer dans Tinleslin en suivant les voies nalui'elles. Enfin il faut prévoir, comme le fait remarquer Galliard, raccroissemenl des calculs dans l'intestin où leur séjour se prolonge, parfois, pendant des mois et même des années.
Les matières fécales durcies s'accumulent (piehiuelois dans le c;ecum, rs iliaque, l'ampoule rectale, et provocpienl des accidents d'occlusion. Dans la plupart de ces cas, il ne s'agit pas d'une simple obstruction mécanique, et l'on doit faire intervenir, comme cause déterminante de l'occlusion, une altération de la fibre musculaire amenant des troubles dynamic[ues dans le fonctionnement de l'intestin. En réalité, comme le fait observer Thibierge('), cette variété d'obstruction intestinale ne rentre pas tout à fait dans la classe des occlusions par obstacle mécanique, mais établit une sorte de transition entre ces dernières et les occlusions sans obstacle mécanique.