AXATOMU: PATIIOLOCIOLK
Tout récciiiinenl, \'eillon et Ziiher oui (■oniiiiniii(|iii'' à Hruii (') le résultai de recherches fort intéressanlcs, desquelles il résulterait que le coli-bacille et le streptocoque (microbes le plus souvent rencontrés) ne seraient pas les principaux agents des appendicites suppurées, gangreneuses, perforantes; ce rôle serait dévolu à des microbes anaérobies encore mal connus, qu'on trouve d'une façon constante et en abondance considérable par rapport aux microbes aéro- ])ies : « ce sont eux (jui donnent au pus sa fétidité, ce sont eux qui ont les propriétés gangreneuses, ce sont eux qui (loiinent ces symptômes généraux d'intoxication profonde et rapide ».
L'importance de cette notion de spécificité microbienne j)our les formes gangreneuses et septiques de l'appendicite n'échappera à personne; si elle se confirme, elle expliquera bien des cas dont la pathogénic était restée jusqu'ici très obscure.
Ce n'est pas seulement dans le pus des abcès péri-appendiculaires que l'on peut trouver des microbes : il en existe aussi dans la cavité de l'appendice et souvent même dans l'épaisseur des parois.
Les microbes de la cavité appendiculaire, lorsque celle-ci reste en communication avec le cîccum, sont ceux qui pullulent à la surface de la mucjueuse intestinale.
On a rencontré les mêmes microbes dans l'appendice transformé en cavité close et il semble établi, par des expériences toutes récentes d'Hartmann et Mignot, reprises par Dieulafoy et Caussade, que, pour les coli-bacilles en particulier, le fait d'être emprisonnés en vase clos suffise à exalter leur virulence. Ces expériences ont besoin de confirmation ; dans tous les cas, il reste encore à déterminer que c'est bien au coli-bacille qu'il faut imputer les désordres essentiels de l'appendicite.
Du reste, il n'est pas très rare de trouver dans des appendices absolument clos et enlevés à froid des microbes dénués de virulence, comme dans un cas opéré par moi le 2î2 février 1890 et examiné très complètement par Zuber : le pus de la cavité close contenait du streptocoque parfaitement inoffensif; il n'y existait pas de coli-bacille, mais un bacille du genre Proteus Dans un autre cas étudié par Méry le contenu de la cavité close était stérile; on n'y découvrit aucune espèce microbienne.
Divers microbes peuvent être ol)servés dans l'épaisseur même de la paroi et cela aussi bien dans les appendicites chroniques que dans les appendicites aiguës. Zuber a signalé, dans la note qu'il m'a remise, de petits groupes de diplocoques et de chaînettes dans le réticulum des follicules clos; on n'en trouvait ni dans les espaces lymphatiques ni dans les tuniques externes. Paul Carnol. sur un appendice examiné le 11 avril 1896, a rencontré un certain nombre de petits bacilles se décolorant par le Qram et pénétrant assez avant dans l'intérieur des tissus.
Mais ce n'étaient que des constatations isolées et dont on n'avait pu saisir limportance. Roux, de Lausanne (^), avait cependant déjà émis l'idée de la persistance à l'état latent de micro-organismes dans les parois de l'appendice ou dans les adhérences extra-appendiculaires; il expliquait ainsi la tendance aux récidives. Une de ses élèves, Mlle von Mayer, dont j'ai déjà eu l'occasion de
(') BnuN, loco citato. p. 124.
(*) Roux (de Lausanne), Congrès français de chirurgie, iS'Jj, p. 25i.
APPENDICITi' TUBKRCUIJ'IJSK. C35
(■il(M- le i'tMHar([ual)lc travail, a luiimlicnisciiiciil ri iidir, au |)oiiil do vue du microbisnic lalcnl, i(l appendices excisés par lui (57 à IVoid, Tt à chaud). Dans tif) de ces cas, elle a dccouverl des niicro-oi'f^anismes dans les parois de l'appendice, dans l(>s cicalrices ou adhérences péri-appendiculaires. Ce ne sont pas des coli-hacilles, mais, dit-elle (p. ii51), « les bactéries du lube digeslif décrites par Ti\\c\ et Lanz ». (Ces bactéries se sont rencontrées dans lîJ observations sur '25.) C'est là un lait dont rimporiance pathogéniquc est considérable.
Avant de terminer ce chapitre d'analomie palhologicpie, je dois dire un mot de deux variétés d'inflammation appendiculairc qui se montrent, d'ç)rdinaire, à l'état chroni([ue :
L\(jijic)iilicile liibcrcideuse et Vappendicite aclinomycosiqiic .