B. — ABCÈS PROFONDS
II. Ahcès soiis-aponévrotiqiies ou profonds. — Cotte catégorie d'abcès, bien moins importante que la précédente, ne comprend que les abcès et phlegmons de f espace pelvi-rectal supérieur.
Phlegmons et abcès de l'espace pelvi-rectal supérieur. — J'ai rappelé plus haut (voir p. 745) quelles sont les conditions anatomiques qui règlent la distribution du pus dans l'espace pelvi-rectal supérieur, c'est-à-dire dans le tissu cellulaire situé au-dessus du releveur de l'anus et qui, de ce point, rayonne dans plusieurs directions. Cette nappe cellulouse n'est pas seulement en contact avec le rectum, mais encore avec les divers organes qui remplissent le petit bassin, vessie et prostate, utérus, etc. Il n'est donc pas étonnant que les abcès qui s'y développent puissent provenir des causes les plus diverses. C'est ainsi qu'on les voit succéder non seulement à toutes les afïcctions inflammatoires ou ulcératives du rectum et de la muqueuse, rectites, ulcérations, rétrécissements, néoplasmes, etc., mais encore aux suppurations prostatiques et péri-utérines, et même aux ostéites des parois du bassin. Il est plus que probable qu'un certain nombre de ces suppurations peuvent être rapportées, ainsi que le pensent Ouénu et Hartmann, à des phénomènes de lymphangite tronculaire qui succèdent à des inoculations de l'extrémité inférieure du rectum, dont les lymphatiques se rendent aux ganglions hypogastriquos, tandis que les lymphatiques supérieurs vont plus haut se jeter dans des ganglions échelonnés le long de la mésaraïque inférieure (^).
Lorsque la suppuration prend naissance au point le plus inférieur de l'espace qui nous occupe, entre le rectum et le releveur, les phlegmons se développent
(1) Ouénu, Didl. de la Soc. anat., 1895, p. 400.