DES ULCÉRATIONS ANO-RECTALES
On rencontre, sur le revêtement cutanéo-muqueux de l'anus et jusque dans le rectum, des ulcérations variables dans leur forme, leur étendue et leurs caractères. Les unes sont très superficielles, les autres pénètrent jusqu'au contact de la tunique musculaire. Il en est dont les limites sont irrégulières, déchiquetées; d'autres ressemblent à une coupure, à une « fissure », suivant l'expression consacrée et occupent tantôt le sommet d'une saillie hémorroïdaire, tantôt et plus souvent le fond d'un pli radié. Cette dernière variété d'ulcération ne nous occupera pas; elle mérite, en raison de ses particularités, d'être décrite dans un chapitre spécial (voy. Fissure à l'anus, p. 809).
Les ulcérations de la muqueuse ano-rectale sont très communes. Les auteurs classiques ont voulu expliquer celte fréquence en invoquant les conditions anatomiques et physiologiques propres à la région. C'est ainsi qu'on a incriminé, d'une façon successive ou simultanée, le manque de fixité des plaies, incessamment déplacées par les mouvements du rectum et par les contractions des sphincters; l'infection de ces plaies par les liquides intestinaux; puis les frottements dus au passage des matières fécales ; enfin les mauvaises conditions d'hygiène générale et les troubles vasculaires, qui se traduisent, dans l'espèce, par le développement d'hémorroïdes.
(M Hartmann, Les rétrécissements péri-rectaux cliez la femme. Ana. de gynéc, 1894, t. XLII, 1). 4-20.
(-) J'ai fait, pour la rédaction de ce chapitre, de très nombreux emprunts au remarquable article de MM. Ouénu et Hartmann {Chirurgie du rectum, p. 401). On y trouvera également une foule d'indications bibliographiciues. Je ne rappellerai (pie les plus importantes.
[J-L FAURE et H RIE FF ELI
798 PHOCESSUS INFLAMMATOIRES ET LELTIS CONSÉOUEXCES.
Tous CCS fadeurs pouvant ravorisor ou délL-nnim-r la runnaliou tics ulcérations ano-rectales, il devient très difficile de donner une classification ctiologiquc de celles-ci. Néanmoins, comme il est des circonstances, dans les(iueiles on est en droit d'invoquer plus spécialement telle ou telle cause particulière, il est permis de conserver une pareille classification, bien (pTelle soit lorl artificielle.
D'autre part, on peut se demander s'il ne serait i)as prélerahle de décrire séparément les ulcérations de l'anus et celles du rectum. Sans doute, il en est qui, occupant le pourtour de lorifice, s'insinuent à |)eine dans l'intérieur du canal anal, tandis que d'autres sont presque entièrement au-dessus du sphincter. Mais une distinction aussi absolue, applicaljle à quelques cas, ne convient pas à la généralité des faits. Elle a aussi l'inconvénient d'exposer à des redites. Je continuerai donc à décrire en bloc les ulcérations ano-rectales, me réservant de sio-naler chemin faisant certaines difierences de formes, de siège, de caractères, d'évolution, suivant que la lésion est à proprement parler anale ou rectale.
Quénu et Hartmann reconnaissent trois classes d'ulcérations ano-rectales :
1" Les ulcérations néoplasiques: 2» les ulcérations spécifiques: 5" les ulcérations simples, déterminées ou entretenues par les micro-organismes, qui habitent normalement le rectum. Je diviserai ces dernières, suivant quelles sont sous la dépendance d'une cause locale ou générale.
On peut donc distinguer :
Traumaliijues.
S Matières fécales dures.
Corps étrangers venus des voies digestives.
Corps étrangers inlroduils par l'anus.
/ ( par liquides portés à une température
[ Brûlures | trop élevée.
; par caustiques (suldinié).
> Ulcères varitiueux.
f Ulcérations dues à l'action de substances toxiques , . , ) (ulcérations urémiqucs).
B. Ukératiom fJe cause générale. < L'icéralions des cacliectiques.
( Ulcérations des vieillards.
Fièvre typho'ide.
Entérites coloniales.
Dysenterie.
. .^ , Tuberculose.