‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 3)Chapitre 81 sur 260 · HERNIES INGUINALES CHEZ LA FEMME · texte numérisé non relu

HERNIES INGUINALES CHEZ LA FEMME

Li' diagnostic do la hcrnii' inguinale cUoz la l'cniino ne prrsonlo en général aucune (JitTicullé: le relief très a[)préeial)le à la vue qu'elle constitue s'accroît dans la toux et dans lelTort et caractérise sulfisaniment le genre de lésion auquel on aatl'aire: loiil au plus pourrait-on confondre une hernie inguinale avec une hvdrocèle du canal de Xuck, communiquant encore avec le péritoine ou enkystée, ou avec la dilatation variqueuse des veines de la grande lèvre.

Lliydrocèle congénitale, communiquant avec le péritoine et par conséquent réductible, est une lésion très i-are chez la femme. Quand elle existe, elle présente avec les hernies inguinales de telles analogies qu'il est difficile de ne pas les confondre: néanmoins, dans Ihydrocèle, la réduction est en général difficile, lente, plus graduelle que dans la hernie: elle se fait sans gargouillement; la tumeur d'ailleurs est mate et nuctuanle quand elle est distendue. Au reste, la précision du diagnostic importe peu en pareille matière, la permanence du canal de Nuck devant être considérée comme une hernie virtuelle et traitée comme telle. Les kystes du canal de Xuck. souvent refoulables dans le trajel inguinal, sont parfois difficiles à reconnaître des hernies inguinales, surtout lorsqu'ils sont de petites dimensions: on les distinguera de ces dernières à ce qu'ils rentrent en masse dans le trajet inguinal d'où une pression légère exercée dans le sens de ce canal les fait aisément ressortir: ils sont très mobiles et donnent la sensation d'un corps arrondi ou ovoïde, plutôt dur, qui se déplace sous les doigts qui l'explorent. Quand ils sont plus volumineux, la fluctuation, parfois la transparence qu'ils présentent, l'absence de réductibilité et d'impulsion dans la toux et dans les efforts, les feront aisément reconnaître. Les confusions sont néanmoins très fréquentes (') : elles ont peu d'importance, puisque l'opération qu'il convient de pratiquer pour les kystes doit être conduite comme une opération de cure radicale de hernie. Le chirurgien qui en constate l'existence ou qui les traite doit se soutenir que très souvent, derrière le kyste et en connexion intime avec sa paroi, une hernie congénitale occupe le trajet inguinal.

Les fibromyomes du ligament rond, ceux particulièrement qui se développent sur la partie de cet organe qui correspond au trajet et à l'orifice inguinal externe, ont été étudiés par Duplay et par Sanger (-) ; ils prêtent aux mêmes difficultés de diagnostic, aux mêmes erreurs que les petites hydrocèles enkystées avec lesquelles on les confond le plus souvent : leur consistance solide permet de les distinguer des hernies inguinales et ce n'est guère qu'avec une épiplocèle irréductible qu'on pourrait les confondre; de même que les kystes du canal de Nuck, il serait fort difficile de les distinguer d'une hernie de l'ovaire ou de la trompe. Enfin les varices de la grande lèvre qu'on pourrait confondre avec une épiplocèle. s'en distinguent par ce fait qu'après qu'on a réduit la tumeur. la compression exercée avec un doigt sur l'anneau inguinal externe ne l'empêche pas de se reproduire.

On a quelquefois confondu les accidents produits par l'inflammation d'une hvdrocèle de Nuck avec ceux que détermine l'étranglement d'une hernie inguinale : Lloyd G. Smith, Brunner, Wechselmann en ont rapporté des exemples; mais il faut observer que, dans aucun des cas où cette confusion a été faite, les

(») Lammert, Miuichener med. Wocit., 1891, n"2Ç), p. 507. — Clutton, Palhological Society. London. "21 nov. 1893.— Lloyd G. Smith, Britisli med. Journal, '28 juillet 1894, t. IL P- 179. — \V. LiERMAXx, Deutsche med. Woch., 1894, n" 46.

(-) S. Duplay, Arch. gén. de méd., mars 1882. — Saxger, Arch. fiir Gynàk.. 188Ô. t. XXI, p. 279 .

[P. BERGER

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symptômes navaienl i>iéseiiléle I yi)<M^(;)in|)l('l des jdMMionK'iics derélranylcmonl ; il y manquail toujours (juclque chose, principalcincnl l.i «onslipation, parfois môme les vomissements. L'opération, qui doit être fuite dans un cas comme dans l'autre et avec les mêmes précautions, lèvei'a dailleurs tous les doutes.

Traitement. — Les liernies inj^uinales de la femme se contiennent au moyen de handagt's fiançais, ne ditîérant (h; ceux qu'on emploie chez riiomuMî ([ue par leur courbure. L'opération de la cure radicale, bien plus facile que dans le sexe masculin, admet des indications encore plus étendues; il faut la conseiller sans hésitation non seulement chez les jeunes filles, mais chez les femmes adultes pourvu qu'elles soient dans de bonnes conditions de santé générale; les hernies inguinales du jeune âge, plus rares dans le sexe féminin que dans le sexe masculin, guérissent moins souvent par les bandages : plus lard, soit négligence ou pour d'autres causes, elles sont rarement contenues d'une manière satisfaisante; il est donc indiqué d'en débarrasser les malades par une opération qui, lorsqu'elle est bien faite, ne peut exposer à aucune complication et dont le résultat définitif est certain.

Au cours de l'opération on n'a à se préoccuper de la lésion d'aucun vaisseau, d'aucun organe important au moment où on isole le sac herniaire; celui-ci peut être enlevé en totalité, en comprenant les couches fibreuses du sac dans la ligature et dans l'excision. Dans les hernies congénitales je n'ai que très rarement constaté la difficulté que Lucas Championnière dit avoir éprouvée à isoler du ligament rond la portion de la séreuse qui l'accompagne dans le trajet inguinal; d'ailleurs ce détail est sans importance et il n'y a aucun inconvénient à comprendre ce ligament dans la ligature qu'on fait porter sur le pédicule de la hernie et à en exciser la partie terminale. La reconstitution de la paroi abdominale par une suture à étages se fait comme dans le procédé de Bassini, en réunissant dans toute la hauteur le tendon conjoint à la bandelette ilio-pubienne, puis en suturant l'aponévrose du muscle grand oblique que l'on a incisée au début de l'opération. La suture doit comprendre les anneaux inguinaux superiiciel et profond qu'il n'y a aucun intérêt à ménager. Je n'ai jamais observé de récidive, à la suite de cette opération.

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