‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 4)Chapitre 134 sur 143 · II. — FIBROMES (tumeurs bénignes du périoste externe · texte numérisé non relu

II. — FIBROMES (tumeurs bénignes du périoste externe

Les tumeurs fibreuses du squelette peuvent se diviser, suivant leur point de départ, en : fibromes périphériques ou périostiqiies et fibromes centraux ou intraosseitx (formes endostales de Paget).

Les fibromes périostiqices s'observent beaucoup plus souvent, tout au moins sur certaines parties du squelette, que les fibromes intra-osseux.

Développés aux dépens du périoste, ils ont pour siège presque exclusif l'apophyse basilaire et constituent les polypes naso-pharyngiens, affection de l'enfance et de l'adolescence, dont l'histoire, des plus intéressantes, appartient à l'élude des maladies de la base du crâne. Aux maxillaires, sur les gencives, on

les a englobés sous le nom d'épulis, et on les a confondus parfois avec de tumeurs myéloïdes, plus communes.

Sur les os longs, les fibromes périostiques sont beaucoup plus rares. Je n'ai observé qu'une seule tumeur de ce genre; elle siégeait sur la clavicule droite d'un jeune homme de vingt-huit ans et faisait corps intime avec cet os, qu'elle engainait à peu près complètement sur les deux tiers de sa longueur à partir de l'articulation sterno-claviculaire. La tumeur, très dure, pesait 150 grammes; au début on avait cru à un syphilome.

A côté de cette forme très nettement périostique, avec large implantation sur l'os sous-jacent, doivent prendre place des tumeurs fibreuses, plus particulièrement rencontrées au voisinage du bassin. Ces tumeurs des parois abdominales, de l'excavation pelvienne, se développent aux dépens des tissus fibreux de la région, elles sont souvent rattachées à la crête iliaque ou à un point quelconque de la ceinture pelvienne, par un pédicule plus ou moins long, partant du périoste; elles s'observent surtout chez la femme et n'ont de périostique que leur point de départ. Il en est de même de certaines nodosités, le plus ordinairement de nature rhumatismale, développées dans les couches parostales, et tout à fait assimilables à des productions du même ordre, occupant le tissu cellulaire d'autres régions (Ballin, Nodules de Meynet ou nodosités rhumatismales sous-cutanées. Thèse, Lyon, 1885. — Chuffart, Des affections rhumatismales du tissu cellulaire sous-cutané. Thèse d'agrég., Paris, 1886).

Les fibromes centraux, prenant naissance dans l'épaisseur du tissu osseux, ont été rencontrés dans les deux maxillaires, surtout dans le maxillaire inférieur (Paget), dans les vertèbres, dans les épiphyses des os longs. Cette dernière variété de fibrome est exceptionnelle. Ainsi que les fibromes des parties molles, ces tumeurs sont formées par une agglomération de lobules durs, fusionnés ■ entre eux, présentant, comme caractère important, d'être indépendants des tissus voisins, dont ils sont parfois séparés par une membrane d'enveloppe. Ils peuvent subir des transformations régressives : dégénérescence calcaire, graisseuse,. kystique, etc., surtout, lorsque la lésion est de date ancienne. Leur vascularité est très variable, et, à ce point de vue, les fibromes naso-pharyngiens méritent une place à part.

Entraînant souvent des hémorragies qui, par leur fréquence, par leur abondance, peuvent être rapidement mortelles, ces tumeurs deviennent parfois, en récidivant, pulsatiles comme certains osléo-sarcomes. Ces transformations télangiectasiques ne sont pas les seules à redouter. Il est certain, cliniquement, que ces néoformations conjonctives sont un pas fait vers une néoformation plus grave, et d'après leur siège, d'après leur marche plus ou moins rapide, etc., on devra, parfois, redouter une évolution sarcomateuse (Ed. Schwartz, G. Weber).. Assez souvent, du reste, la tumeur présente une structure dilïérente, suivant les divers points où on l'examine.

En dehors des polypes naso-pharyngiens, des fibromes péri-pelviens, le diagnostic, surtout pour les fibromes centraux, ne sera possible que pendant l'opé ration. On les confond, le plus ordinairement, avec des sarcomes, dont ils se séparent par leur marche lente, plutôt que par tout autre symptôme.

Le seul traitement rationnel est l'extirpation. Les fibromes des os, tumeurs qui ne s'accompagnent ni d'infection ganglionnaire ni de généralisation, ne récidivent pas après une ablation complète. Quant aux polypes naso-pharyr.giens, leur récidive est la règle ; mais on peut toujours supposer, en raison de

leur siège et des difficultés opératoires, que leur ablation a été incomplète. On n'oubliera pas qu'ils rentrent dans le cadre des maladies de la croissance, et que, h développement terminé, vers l'âge de vingt-cinq ans, ils subissent une période d'arrêt et même de régression. Enlevés à ce moment en totalité, ils ne récidivent plus.

KYSTES ÈPITHÈLIAUX (tUJIEURS bénignes des ILOTS ÉPITHÉLIAUX CONGÉNIT.\UX INCLUs)

Parmi les kystes des os, il en est qui résultent de dégénérescences de tumeurs conjonctives, myxomes, chondromes, etc., d'autres, d'ostéites séreuses, mais il faut placer dans une catégorie à part, d'une variété bien étudiée par A'barran [Revue de chirurgie^ 1888), et constituée par des kystes, doublés d'un revêlement épithélial, parfois très mince, il est vrai, mais constant. Ces kystes se développent aux dépens de débris épithéliaux paradenlaires, ils ne se rencontrent, par conséquent, qu'aux maxillaires. Ils seront étudiés longuement avec les mâchoires. Nous n'avons pas à les décrire ici, mais il importait de leur marquer une place dans une classification des tumeurs des os, attendu qu'ils doivent être envisagés comme de véritables néoplasmes bénins primitifs.

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