‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 4)Chapitre 15 sur 143 · IV. — COMPRESSION ÉLASTIQUE GÉXÉR:S^LE · texte numérisé non relu

IV. — COMPRESSION ÉLASTIQUE GÉXÉR:S^LE

La compression élastique générale est connue sous le nom de méthode de Reid, du nom du chirurgien anglais W'alter Reid, qui l'appliqua le premier au traitement des anévrysmes, à l'hôpital de la marine de Plymouth, le 10 'septembre 1873. — La méthode de Reid se compose de deux temps distincts :

1° Application de la bande d'Esmarch sur le membre, sans comprimer Tanévrysme lui-même. Le tube constricteur est ensuite disposé pour maintenir l'arrêt de la circulation.

2° On enlève le tube et la bande, en ayant soin auparavant d'inslaller la compression indirecte continue, digitale ou instrumentale.

Mode d'action. ^- Le but de la méthode de Reid est donc d'obtenir d'abord la coagulation passive de tout le sang contenu dans l'anévrysme. Ce caillot passif se transformera ensuite en caillot actif.

C'est la plus violente révolution qui se soit opérée contre les idées de Bellingham et de Broca sur les caillots passifs.

Les premiers résultats publiés étaient merveilleux ; L.-H. Petit publiait dans le Bulletin de thérapeutique, 1878, une statistique expurgée de 15 cas avec 10 guérisons. Guersuny, en 1879, cite 24 faits avec 14 guérisons. La statistique plus complète de Pearce Gould montre que la proportion des succès est plus faible : 70 cas ont donné 53 guérisons, soit 30 pour 100: c'est le chiffre général de la compression.

Delbet a réuni 85 faits avec 40 guérisons, soit 48,2 pour 100 de succès. — Les 43 insuccès comprennent 4 gangrènes, une mort rapide (le cas de Weir) et une autre mort quelques jours après le traitement, par rupture d'un anévrysme de l'aorte. Le malade de Weir, traité deux fois par la bande de Reid, avait, il est juste de le dire, quatre-vingt-deux ans et un cœur en mauvais état.

La gangrène est deux fois plus fréquente après la méthode de Reid qu'après une compression ordinaire.

L'intensité des douleurs est telle qu'on ne peut guère supporter la bande pen- <lant une demi-heure; on est donc obligé de recourir à l'anesthésie, et il ne faut pas l'oublier, à une anesthésie prolongée, puisqu'on a laissé la bande élastique en place pendant une heure, deux heures et exceptionnellement davantage. La durée moyenne toutefois oscille entre une demi-heure et une heure.

Enfin le professeur S. Duplay a le premier signalé justement les dangers que la méthode de Reid faisait courir aux anévrysmes pour lesquels elle avait échoué et qu'on devait ultérieurement traiter par la ligature. Les faits semblent confirmer cette opinion, mais comme il s'agit d'interprétation, la preuve n'est pas facile à faire.

En résumé, la méthode de Reid n'est pas plus efficace que la compression indirecte; elle est peut-être plus dangereuse. Elle ne convient pas aux anévrysmes axillaires; son emploi est difficile et peu efficace dans les anévrysmes inguinaux; elle n'est donc bonne que dans les cas où les autres méthodes donnent

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