‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 4)Chapitre 83 sur 143 · C. — FRACTURES UNI-CONDYLIENNES · texte numérisé non relu

C. — FRACTURES UNI-CONDYLIENNES

Les fractures uni-condyliennes du fémur ont été mentionnées, pour la premièrefois, par Bichat, qui ne paraît pas en avoir vu d'exemple. A. Cooper en rapporte une observation incomplète, et Malgaigne n'en a observé que trois cas ; Trélat les étudie dans sa thèse déjà citée; Hamilton en rapporte plusieurs observations; Braun('), Hoffa, ont étudié quelques variétés qui ne sont guère connues chez nous.

Ces fractures appartiennent surtout au sexe masculin (du moins les observations que nous avons sous les yeux concernent toutes des hommes). On peut les rencontrer dans la jeunesse (quinze ans) ; elles paraissent surtout fréquentes à l'âge adulte, et se voient aussi dans la vieillesse.

(*) BnAUN, Archiv fur klinisch Cliir. ,[îid. XLII, 1801, p. in".

IRICARD et A DEMOULIN.]!

Étiologie. — Elles résultent le plus souvent de causes directes : coup de pied de cheval, passage d'une roue de voilure, etc. Cooper cite un cas suivi de mort où la fracture d'un seul condyle. compliquée de plaie, était due à un coup de pierre

Mais il existe aussi des fractures par cause indirecte : tel le cas de Cooper, qui vit une fracture du condyle externe, chez un homme, dont la jambe s'était trouvée engagée entre les rayons d'une roue en mouvement, celui de Crosby, où il y avait eu un mouvement de torsion brusque de la jambe, celui encore de Ph. Boyer. où le condyle paraît avoir été arraché par un mouvement de projection du corps en avant, la jambe étant restée fixée dans une anfractuosilé pendant que le malade courait précipitamment.

Ici l'arrachement semble dû aux ligaments latéraux, mais « Braun a attiré l'attention sur quelques variétés de fractures uni-condyliennes succédant à une violence s'exerçant latéralement sur la jambe et dues, suivant ce chirurgien, à ia traction des ligaments croisés k (RielTel).

Quelques chirurgiens admettent enfin que, dans une chute sur les pieds, les condyles fémoraux viendraient s'écraser sur le tibia, d'où fracture de ces saillies articulaires.

Anatomie pathologique. — Les deux condyles ne sont pas aussi souvent intéressés l'un que l'autre, quoi qu'en aient dit quelques auteurs : il paraît incontestable que la fracture siège plus souvent sur le condyle interne.

Le trait de fracture est ordinairement parallèle au fémur (Trélat), il passe dans la gorge trochléenne et s'incline un peu en dehors ou en dedans, selon le condyle fracturé ; il détache complètement ce condyle; le frag- . ment est plus large en arrière qu'en avant, et se termine en pointe au niveau de l'un des bords de l'os, particularité qu'explique la texture du tiers inférieur du fémur, ainsi que nous l'avons déjà vu; la pointe du fragment appartient donc au bord î --^a de l'os et peut remonter !très haut, à 6, 8, 12 centimètres de

I ^ l'interligne (Malgaigne, Trélat) (fig. 218).

" Le déplacement manque quelquefois, par conservation du

périoste; quand il existe, le condyle fracturé peut se déplacer suivant trois directions dilTérentes (Trélat).

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