‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 119 sur 250 · DILATATIONS DE L ŒSOPHAGE · texte numérisé non relu

DILATATIONS DE L ŒSOPHAGE

RoKiT.wsKV. Lelirburh von palh. Anilomie, 1861, l. IH, p. 1-27. — Fridberg, Dhsertalio de œsaphagi diverliculis. Giessen, 1867. — Zexkeb el Ziem.msen, Haudbuch der sper. Pathologie. Leipzig. 1877, 1. VU. 1" moitié. — Eimiorx (Max). A case of dysphagia wilh dilatation of the fEsophagus. Med. Record. New-York. 1888, t. II, p. 751. — Bergm.^xn, Traitement des diverticules œsophagiens. Société de méd. berlinoise, 6 novembre 1890. Mercredi méd. Paris. 19 novembre 1890, p. 584. Discussion : Virchow, Rosenthal, Fr.exkel, Ew.\ld, Ibid.. p. 609.

— W'.\LTHER Whitehead. Diverticulum of œsophagus causing obstruction; gastrostomv; deatb six years afterwards. The Lancel. London, .5 jan^^e^ 1891, t. I, p. M. — Gir,\rd (Ch.). Du traitement des diverticules de l'œsophage. Congrès franc, de chir.. 1896, p. 532 (bibliogr.).

— Delajiare et Descazals. Les diverticules de l'œsophage el du jiharvnx. Galette des hôp.. 1897, p. 165 ibibl.).

On peut observer dans l'œsophage des dilatations circonférentielles et des dilatations limitées à un point spécial de ce conduit.

Les dilatations circon/erentielles, liées à la stagnation des matières, se rencontrent dans quelques cas rares sans cause connue: mais elles sont le plus souvent liées soit à la paralysie, soit au rétrécissement de l'œsophage (-). Elles sont, du reste, très rares et ne doivent pas être confondues avec les cavités rencontrées quelquefois dans les cancers, cavités dues à la destruction du tissu néoplasique bien plus qu'à la dilatation du canal.

Les dilatations limitées à un point de la paroi ou divcrticuieg, ont été distinguées par Rokitansky, Zenker et Ziemmsen, etc., en deux grandes classes : les diverticules/}«/• traction et les^liverticules ;jrtr ^jz-o^jw/sio».

Les diverticules pat- traction siègent presque toujours sur la paroi antérieure de l'œsophage et le plus souvent à peu près au niveau de la bifurcation de la trachée. L'n examen pré?is fait en général trouver des ganglions malades, qui se sont ulcérés dans l'œsophage. Il se forme dans ces conditions des cicatrices, et

(') GissLER (J.)-Ueber die rétrograde Dilatation von Cï^sophagus-Slrikturen. BeiJr. zur klin. Chirurgie. Tubingen, 1892, t. VIII, p. 109. — L'auteur réunit 10 observations de dilatation rétrograde.

(-) \'oy Flrt,-cfii:^e„if'iii.< lie l'ii'is.fphxi^ç, p. 5."S. el /J.Kvi'ysiV,* de fœsophaje, p. 567.

[H HAP.TXAXN]

-,r,0 MALADIES DE L'OESOPHAGE.

lorsque les ganglions se ré( raclent, ils exercent une traction sur le point adhérent

(le la paroi œsophagienne. L'intérôt de ces diverticules, qui, au dire de Zenker et

Ziemnisen, ont une paroi exclusivement muqueuse, consiste dans les perforations

ont ils peuvent être le siège, en particulier lors du séjour d'un petit corps

étranger dans leur intérieur.

Les diverticules par propulsion sont plus rares que ceux par traction; ils sont cependant plus importants à connaître pour le chirurgien. Tandis que les précédents siègent ordinairement dans la région thoracique, ceux-ci occupent la région cervicale; ils ont été, pendant assez longtemps, attribués à la poussée alimentaire sur un point de l'œsophage alTaibli par un traumatisme, une atrophie partielle de la tunique musculaire, une paralysie, le port d'une cravate trop serrée, une compression par une tumeur du corps thyroïde, etc. Une étude plus complète des laits montre que ces diverticules existent toujours à la partie supérieure de l'œsophage, ou plutôt même dans la partie laryngée du pharynx ; ils s'accroissent peu à peu, surtout dans le tissu cellulaire lâche situé entre l'œsophage et le rachis. Ils débutent par une petite fossette, promptement élargie par la poussée des aliments déglutis.

La fixité de leur siège et ce fait que des fistules congénitales du cou s'ouvrent exactement au même point militent en faveur d'une ori-

FiG. 99. — Poche œsophagienne. — En A on voit le cnnal œso- . ' 'i 1 A ' 1 '

phagien dans lequel esl engagée la sonde. — B, repli bordant §^'"^ congénitale. AUSSI, Dieu

inférieurement l'abouchement de la poche C dans l'œsophage, que la palhoo"énie de ces faits

— D, orifice supérieur du larynx. , i

iMc. If». - Dilatation du iaryn.T. '"^^'^e encore obscure, on est

tenté d'y voir un vice de développement du côté du sinus piriforme de His (').

Des dilatations même étendues de l'œsophage peuvent ne se révéler pendant la vie par aucun symptôme. C'est l'exception; le plus souvent il existe des troubles de la déglutition qui vont croissant avec le diverticule. La dysphagie finit par être intense; ipiehpies malades, au début du repas, avalent bien, mais peu à peu un obstacle se crée et des régurgitations surviennent. Il est alors possible quelquefois de sentir sur le côté de l'œsophage une tumeur molle, pâteuse, que le malade vide aisément par pression. Dans beaucoup de cas, en pressant à côté du larynx ou de la trachée on provoque un gargouillement caractéristique produit par l'expulsion du contenu de la poche (Betz). Les

(') Vny. pour celte question palhologique : Vices de ronformiHion du

régurgitations ramènent des aliments tantôt à peine altérés, tantôt à demi décomposés, ce qui explique la fétidité de l'haleine que présentent certains malades. A l'exception des cas très avancés, la dysphagie présente souvent des intermittences; un malade de Neukirch avalait mieux dans le décubitus latéral, un de Konig en exerçant des pressions sur le côté gauche du cou.

Les résultats du cathétérisme sont extrêmement variables : chez le même malade, la sonde peut à un moment fder directement jusque dans l'estomac, tandis qu'à un autre elle butte dans le sac. Chez un malade de Rosenthal, elle passait quand le malade penchait la tête à gauche, attitude qui du reste facilitait la déglutition; dans tous les cas, lorsque la sonde peut être introduite, elle passe facilement.

L'auscultation de Tœsophage a donné des résultats très variables : peut-être l'œsophagoscopie, si difficilement applicable dans le cancer à cause des sécrétions et des restes alimentaires qui obstruent le canal, pourrait-elle ici permettre de voir l'orifice de la poche.

Ces dilatations peuvent persister quelquefois pendant longtemps sans causer d'accidents graves; on a vu des malades soutTrir depuis vingt, trente ans et plus de leur atTection, mais le plus souvent les malades su<'coml)ent soit par suite de l'inanition, soit par suite d'une complication résultant ile l'ulcération et de la perforation de la poche.

Le traitement a pendant longtemps été exclusivement pallialif: il consistait à prévenir l'accumulation des aliments dans le sac, soit à l'aide de la compression lorsqu'il était accessible, soit à l'aide de la sonde œsophagienne. Aujourd'hui on regarde Vextirpation de cea diverlicules comme chirurgicalement possible; Nicoladoni, Bergmann, Niehans, Konig, Kocher, etc., l'ont pratiquée. Girard a guéri son malade en invaginant le cul-de-sac dans l'œsophage.

L'intensité de la dysphagie peut, dans les cas où l'extirpation est rejetée, conduire le chirurgien à pratiquer la gaslrostomie, comme l'a l'ail ^^'hitchead, dont l'opérée a vécu six ans.

Les tumeurs de l'œsophage se divisent en tumeurs bénignes et en tumeurs malignes.

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