I" TUMEURS BÉNIGNES
Les tumcicrs bénignes sont rares. Leur nature est variable. On a rencontré au niveau de l'œsophage des kystes inurjueux par rétention (Sappey), des kystes congénitaux à épithélium cilié (Wyss), des kystes devmoides fermés et des kystes dermoïdes ouverts (Watmann), des papillomes (Ziemmsen), des fibromes (Baillic), quelquefois multiples (Schneider), des adénomes polgpeux (Weigert), des lipomes (Laboulbène), des mgomes (Eberlh, Arrowsmith, Coats, Hilton Fagge, Blagoviéchiensky).
MALADIES m: L'OKSOI'IIACK.
VusioNT, Polypes de l'œsophage. Aidi. de ta Soc. méd. de Mantpcllicr, 1806, t. \U], \i. 00. — Diiiiois, Proposition sur l'art de guérir. Thèse de Paris, 1818, n" 104. — Middeldoiuf, De polyp. œsopit. atque de tumore ejus generis primo cxlii-palo. Vralislavice, 1857. — C. Hilton F.\GGE, Case of niyonia of thc œsophagus. Tranx. <,f ihr pnlh. .Soc, London, 1875, l. X.WI, p. 'Ji. — WBiGEitT, Adenoma polyposim. Vin'lwii''s l/v/i.. liciliii, 1870, Bd. LXVll, p. 510. — LAiioi-LBk,\E, Nouveaux éléments d'annlomie j)<itli'ilfHji,ji,r. l'nris, 1870, p. 01. — BlagovikciiiENSKY, Fibi'omyome de l'œsophage. Bull. méd.. l'^iri^, 1880. p. 11.
Ces diverses tumeurs révèlent souvent un cHiitrtère eonimun qui résulte de
leur slèj^c. Implantées sur la muqueuse œso- |iliap:ienne, sans cesse entraînées par le bol aliiueulairc dans les mouvements de déglutition, elles tendent constamment à se pédieulis(M-. L'aspect polypeux s'observe dans les diverses variétés de tumeurs, même dans les kystes (Goschler). Un autre caractère, relevant de la même cause, est la forme très allongée qu'elles prennent quelquefois. La plupart de ces tumeurs naissent de l'orifice supérieur de l'œsophage, souvent du pharynx; il est de règle, même dans ce dernier cas, de les décrire sous le nom de polijpi'A lie l'ii'sophage, parce qu'entraînées par les mouvements de déglutition elles liabitcul, |)i)ur ainsi dire, ce cond\iit.
Leur symptôme principal est une dysphagie lentement et progressivement croissante. Celle-ci varie beaucoup suivant les cas; elle peut être telle, qu'on croit à une néoplasie maligne ; ou, au contraire, manquer, la tumeur ne causant aucun trouble el constituant en quelque sorte alors une trouvaille d'autopsie.
D'autres fois il se joint à la dysphagie de la dyspnée el des troubles de la voix; dans quelques cas il y a de la douleur, la pression de la tumeur ayant déterminé la formation d'une ulcération œsophagienne; parfois il existe des nausées, des vomissements, exceptionnellement des hémorragies.
FiG. loi. — Polype de l'œsophage. (Holl.)
Le diagnostic se fonde essentiellement sur les résultats de l'examen physique. Dans certains cas, il saule pour ainsi dire aux
isversalement. , , ,, , • i i i i
indique la limite inférieure de rinseriion yeux, le polype étant amené dans la bouclie
Une aiguille courbe placée Iransversalement indique la limite inférieure de l'inserlion
du polype qui descend dans une grande no,, un effort de vomisseuient ('). Mais c'est
étendue au-dessous de son implanlalion. 1 . . ,
là un fait exceptionnel, et, pour voir le polype, il faut recourir au laryngoscope, qui permet d'explorer la partie inle-
(') Valer a même vu le rejet du polyi c.
l'ioure du pharynx, ou inômo à lœsophagoscopc si le polype est plus bas, derrière le caiiilagc cricoïde.
Lorsque le polype ne peul rire ni vu, ni senti avec le doigl, le diagnostie esl à peu près impossible. Tonoli dit cependanl avoir eu la sensation d'une tumeur mobile par l'examen avec la bougie exploratrice. La dysphagie plus lente et l'inanition moins rapide que dans les néoplasmes malins peuvent, en l'absence de toute cause de rétrécissement, faire songer à un polype de l'œsophage.
Le traitement consiste dans l'extirpation de la tumeur. Celle-ci a presque toujours été faite par les voies naturelles qui permettent l'alilatiou avec le serre-nœud, l'anse galvanique ou même la section du pédicule, au-dessus d'une ligature; dans un cas de Dallas, la ligature du pédicule avec abandon de la tumeur dans l'œsophage fut suivie de l'élimination par l'anus. S'il faut disséquer la tumeur et si le développement des vaisseaux fait craindre une hémorragie sérieuse, on peul avoir recours soit à la ligature de la carotide externe, faite par Busch, soit à la Irachéolomie préventive avec tamponnement de la trachée. Ce dernier procédé, qui prévient l'un des dangers les plus imminents de l'hémorragie dans cette région, à savoir la pénétration du sang dans les voies aériennes, permet en outre d'arrêter plus aisément l'écoulement sanguin.
Dans les cas où la tumeur ne peut être enlevée par les voies naturelles, par suite de son volume ou de sa situation, on peut recourir à la pharyngotomie ou à l'œsophagotomie préliminaire.
Enfin, si la tumeur est trop bas pour être extirpée et s'il est nécessaire de recourir à une voie artificielle pour assurer l'alimentation, on est autorisé à aire la a-astrostomie.