‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 121 sur 250 · TUMEURS MALIGNES · texte numérisé non relu

TUMEURS MALIGNES

Nous ne parlerons pas du sarcome, que Rosenbach('), Chapmann(^) et Dubrucil(^) ont observé au niveau de l'orifice supérieur de l'œsophage et dont l'évolution est semi-maligne. Nous décrirons ici sous le nom de cancer l'épithélioma et le carcinome vrai de l'œsophage.

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TRAITÉ DE CHIRURGIE, 2° odit. — V. 23

[H HARTMANN'i

-rii MALADIES DE l/OESOIMlAGi;.

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Étiologie. — La fréquence du cancer primitif de l'œsophaEte n'est pas grande. Sur ,")(I7!I autopsies, Zenlcer et Zicmmsen ne l'ont trouvé que 50 foi.s.

L'hérédité semble avoir une grande influence sur sa production: M. Mackenzie la relève H fois sur 60 cas. La prédominance dans le tsexc iitasruliii est considérable : Pétri compte il hommes sur ii cancers, M. ^lackenzie, 71 sur 100. C'est aux limites de Vihje mùr et de la vieillesse qu'on l'observe le plus souvent, {\c 40 à 50 ans pour S. Duplay, de 50 à CO pour M. Mackenzie.

Gyser incrimine l'alcoolisme. On a ici, comme pour beaucoup de cancers, invoqué les irritaliorni locales, telles que celles produites par la déglutition de licpiides, ou d'aliments très chauds. Hilton Fagge a vu le néoplasme se grelïer sur un rétrécissement cicatriciel, et 1\I. Mackenzie a noté son développement chez des malades qui avaient présenté pendant plusieurs années des symplùmes d'œsophagite légère.

Anatomie pathologique. — Le siège de prédilection du cancer est très discuté. Pour Peli'i, Zenker el Zicmmsen, il se développe le plus souvent dans le tiers inférieur de l'œsophage; pour Klebs, Rindtleisch dans le tiers moyen; pour Ever, Home, Habershon, Rokitansky, ^L Mackenzie au niveau de l'exlré-

on (le 1 œsoplini>c('), '> ;'i iipc une grande longueur

mité supérieure; pour Michel, F. Guyon à l'union de la porlion eervicale et de la portion thoracique de l'œsophage.

La tumeur est presque toujours uni(pu'; I oui dois on a vu coexister une lumeur de la partie supérieure de la région thoraci(|ue avec une antre sihH'e aii-dessi s du cardia, l'ait ([iii trouverait peut-être son explication dans la greffe de parcelh s tombées lie la fiuneur supérieure.

Ordinairomenl la lésion n'occupe qu'une pelile |; 6 centimètres en moyenne; exceptionnellement elle pouvant alors s'élendre à toute la moitié inférieure de ricsophage, et même aller du V crico'ide à 'i centimètres du cardia La lu- '

meur fait rarement tout le linir du cnnduil i

et laisse le plus sou\cid une |)iiitinu de mu- j

queuse saine; aussi peut-on dire cpiau point de vue anatomique, la perméabilité persiste d'ordinaire, tl'aulanl cjuil y a plus souvent ulcération que tumeur (-).

Au-dessus de la tumeur, la muqueuse est souvent saine: toutefois, dans quelques ;^ cas, elle peut être ramollie, ulcérée, fongueuse. Zenker et Ziemmsen ont noté l'hypertrophie de la tunique musculaire et l'épaississement des tissus périphériques. Béhier, dans son travail si souvent cité, dit j que les dilatations sont fréquentes au-dessus du néoplasme. En réalité, elles sont très rares, et les poches étendues qu'on observe sont le résultat de la destruction des masses néoplasiques qui se sont ulcérées {^ après avoir envahi les paiiies voisines. C'est <-p par ce double mécanisme d'envahissement, puis de destruction, que se produit la communication a\ec les organes voisins, en particulier avec les voies aériennes. Sur 100 autopsies, M. Mackenzie relève 20 perforations de la trachée, 7 de la bronche droite, 0 de la bronche gauche. Cette communication peut être directe ou se faire par l'intermédiaire d'un trajet fistuleux, Les perforations vasculaires sont, au contraire, relativement r^res. Notons enfin l'envahissement secondaire du nci'f récurrent, du pharynx, du corps thyroïde, qu'on a observé quelquefois.

Dans quelques cas, il se développe, au voisinage de la production néoplasique, des inflammations suppuratives périœsophagicnnes (Semon, M. Mackenzie).

L'envahissement des ganglions cervicaux et bronchiques est fréquent, mais la généralisation du cancer, commune pour Pétri et Kœnig, est, au contraire,

Cancer de l'œsophiige.

(') Conti-airomenl à ce i|ui arrive dans les réU'écissernciits cicalriciels; coiiii)arez à cet gant tes figures 102 el Hirj.

(-) D'après lîulliii, l'ultéralion existe 4!» fois sur 5Ô cas.

[H HARTMANN

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