‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 129 sur 250 · C. FBACTURES DE VOS HYOÏDE. DU LARYNX ET DE LA THACIIEE · texte numérisé non relu

C. FBACTURES DE VOS HYOÏDE. DU LARYNX ET DE LA THACIIEE

Nous décrirons, à côté des fractures du larynx el de la trachée, celles de l'os hyoïde qui, par leurs causes et leurs symptômes, se rapprochent beaucoup des premières. La fréquence de ces diverses fractures est inégale comme le montre la statisli(iue de Fischer. Sur 105 fractures, cet auteur a relevé 29 fractures du thyroïde, 11 du cricoïde, 9 du thyroïde et du cricoïde, 5 du thyi'oïde et de l'hyoïde, 2 du thyroïde, du cricoïde et de l'hyoïde, 1 du thyroïde, de l'hyoïde et de la trachée, 3 du thyroïde, du cricoïde el de la trachée, 1 du thyroïde et de la trachée, 2 du cricoïde et de la trachée, 14 du larynx, 25 de l'os hyoïde, 7 de la trachée. Comme on le voit, la fracture du thyroïde est de beaucoup la plus fréquente.

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A. FR.\CTLRES DE L OS UYOIDE

Nous réunirons aux fractures de l'os hyoïde les luxations de la grande corne que Valsalva, Gibb et Ripley ont décrites {'), la distinction entre les deux étant impossible en clinicjue el l'âge seul permettant d'avoir des présomptions sur l'absence d'ossification et de soudure osseuse des diverses pièces de cet os.

Étiologie. — Ces fractures sont rares, l'hyoïde étant protégé par sa mobilité el par la saillie du maxillaire inférieur, qui peut être brisé en même temps. On les observe surtout chez les gens âgés dont la grande corne est soudée. Elles résultent le plus souvent de la strangulation, quelquefois d'une chute sur un corjis dur, tel qu'une pierre ou une barre de fer ou encore d'un choc direct (^). Orfila et Cazauvieilh les ont observées après la pendaison, mais c'est là un fait exceptionnel, la corde glissant jusqu'au maxillaire qui l'arrête. Dans un cas

(') Ces luxations seraient causées par l'ingoslion de bols trop volumineux; d'après Valsalva, il s'agirail là d'une lésion bénigne; la déglutition, impossible après l'accident, redeviendrait im'médiatemenl facile, une fois la réduction faite.

(-) Dans la strangulation, la pression horizontale des doigts fracture l'os en resserrant l'arc; dans la chute ou le choc direct, la fracture se fait, au contraire, par redressement de l'arc dont les deux extrémités sont isolémenl appliiiuécs contre la colonne vertébrale.

[H. HARTMANN

5X2 M.\I.AI)li:S DU LAliYXX ET l)K LA TliAC.lIKE.

dOllixicr jusfurici uiii(]iH', la rraclurc a olé proiliiilc par la fonlraclimi niiisculairc. Il s'ag'is.sail d'une IVmnic de i-iiKiiiaiilc-six ans (jui, faisaid un faux pas. loniba la tèlo en hypcrcxlension, scnlil un c ra(pi('m(Mil cl se fit luic IVarlure de la f^randc corne gauche.

Anatomie pathologique. — La IVailurc siège ordinairemenl sur la grande corne, à sa jonction avec le corps, ou dans un ]ioiul voisin: rarenu'nt elle esl bilatérale, rarement aussi elle occupe le corps di' l'os; la IVaeliu-e des petiles cornes n'a jamais ét('' notée.

Symptômes. — La IVaclure tic l'os hyoïde est assez fréquemment accom- Ijagnée d'un era([uemenl, d'un crachement de sang quelquefois abondant, de douleurs vives exaspérées par la pression, parla parole et par la déglutition. Les mouvements de la langue et de la déglutition sont gênés; la voix est rauque, faible; dans quelques observations on voit des accès de sull'ocation survenir après la déglutition de quelques gouttes de liquide.

L'examen local permet de constater la mobilité anormale des fragments, avec ou sans crépitation et souvent leur déplacement en dedans appréciable par le toucher pharyngien.

Rapidement apparaît un gonflement du cou accompagné d'ecchymoses; plus tard surviennent des phénomènes inflammatoires, accompagnés de toux, d'expectoration, d'enrouement et même, comme l'a signalé Ollivier, d'abcès avec nécrose et élimination d'un fragment osseux.

Diagnostic. — Le diagnostic est ordinairemenl facile, sauf quand le gonllemcnt est considérable; il est quelquefois obscurci par la concomitance de fractures du larynx; dans un cas de Grïuider, où le fragment était profondément engagé entre l'épiglotte et la fente gloltique, on avait cru à une lésion des nerfs laryngés et la fracture ne fut reconnue (ju'à l'autopsie (Fischer).

Pronostic. — Le pronostic est grave; sur iiô cas réunis par Fischer, ou compte 12 morts. Assez souvent, chez les individus âgés, la mort est survenue par le fait de lésions pulmonaires. Cette gravité est toutefois très diminuée, comme le font observer Hamilton et Poinsot, dans les cas où le traumatisme ne s'est pas exercé sur les organes voisins et a limité son action à l'os hyoïde. La fracture isolée de celui-ci semble se consolider assez vite, mais laisse quelquefois à sa suite une dysphagie rebelle et des troubles de la voix.

Traitement. — Il faut réduire les déplacements: l'index placé dans la bouche repousse en dehors et en avant le fragment postérieur, tandis que l'autre main agit au dehors sur le reste de l'os. Le simple repos suffit souvent pour assurer la contention des parties. Malgaigne conseillait d'incliner la tâte en avant; Lalesque et Auberge ont, au contraire, prescrit de renverser la tète en arrière de manière à exercer une extension permanente sur les fragments par l'intermédiaire des muscles et des ligaments qui s'y insèrent.

Pour combattre les phénomènes inflammatoires, on a utilisé les antiphlogistiques locaux, mais il faut bien savoir que ceux-ci sont quelquefois insuffisants, et que l'on doit se tenir prêt à faire la trachéotomie, celle-ci pouvant être nécessitée par l'intensité du gonflement. Dans quelques cas, la dysphagie a été telle qu'elle a nécessité l'emploi de la sonde œsophagienne (Kœnig).

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