‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 138 sur 250 · LKSIONS INFLAMMATOIRES DES VOIES AÉRIENNES · texte numérisé non relu

LKSIONS INFLAMMATOIRES DES VOIES AÉRIENNES

assez nianjuéc: lorsqu'elle occupe la face aniérieure, elle délermine un rélrécissemcnt du larynx cl une dyspnée d'autant plus intense que souvent il existe en même leni])s une ankylose de l'articulation crico-arylénoidiennc ou une paralysie du crico-arylénoïdien poslérieur.

La lésion du thyroïde peut de même donner lieu à des symplùnies de sténose laryngée à marche rapide lorsque la face interne du cartilage est malade ; mais il n'est pas rare que l'abcès évolue vers l'extérieur, donnant lieu à une tuméfaction mollasse qui s'étend progressivement et finit par s'ouvrir, laissant à sa suite une fistule par où s'écoule abondamment un pus mal lié et quelquefois fétide. Il est alors souvent possible de constater directement avec le stylet l'altération du cartilage, et comme, en pareil cas, il y a quelquefois ouverture simultanée à l'inférieur du larynx, on a pu apercevoir avec le laryngoscope l'extrémité d'un stylet introduit par l'orifice cutané ou injecter par la fistule cutanée des liquides colorés, du lait, jusque dans le larynx; réciproquement on a vu l'issue des crachats par la fistule cutanée.

Diagnostic. — Le diagnusiic de la pn-ichomlritc est facile dans les cas de fistule suppurante du larynx; dans les autres cas l'existence d'une tuméfaction d'une portion de la charpente du larynx avec dyspnée et immobilité d'une corde vocale sans cause de paralysie, mettra sur la voie.

La cause de la péiichondrite, évidente s'il s'agil d'un lyph()ïdi([iu' ou tlun varioleux, peut être, au contraire, difficile à déicrminer dans les autres cas.

La présence de petites ulcérations profondes de la région inler-aryténoïdienne ou de la face antérieure des arylénoïdes, jointe à une tuméfaction de l'épiglotte et des régions aryténoïdiennes, à des lésions pulmonaires, fera soupçonner la tuberctdose, dont on pourra affirmer l'existence par la constatation des bacilles.

L'absence de douleurs, d'ulcérations pharyngées concomitantes, l'efficacité du traitement, établiront la nature svphililique des lésions.

Le siège de la tuméfaction au niveau du cricoïde ou du thyroïde, l'apparition d'hémorragies feront songer à un cancer dont l'existence pourra quelquefois être affirmée par les résultats de l'examen microscopique de fragments enlevés à la pince, sous le confnMe du laryngoscope.

Pronostic. — Le pronostic est sombre: à part quehpies cas légers, ordinairement de nalure syphilitique, l'affection évolue progressivement et entraîne la mort, soit lentement par affaiblissement progressif et fièvre hectique, soit rapidement par œdème de la glotte. La plupait des guérisons concernent des malades trachéotomisés, mais ordinairement il persiste des déformations et des sténoses laryngées telles, que le port d'une canule est nécessaire pendant tout le reste de l'existence.

Traitement. — Au début, on peut essayer d'arrêter le processus inflammatoire par l'application de glace intus et extra, de pommades résolutives et de sangsues sur le cou. Havilland-Hall conseille, s'il survient des phénomènes de sténose, de badigeonner la muqueuse avec une solution de cocaïne ; celle-ci amène quelquefois une réfraction des parties infiltrées et a, en tous cas, l'avantage de faciliter les manœuvres intra-laryngées de scarificafion de la muqueuse el d'ouverture d'abcès.

Dans-quelques cas de dyspnée subite, si l'on pense à la chute tl'nn cartilage

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nécrosé dans le l;irynx cl si on pcnl le sentir, il l'aul l'cxlraire immédialenient avec une pince.

Si la dyspnée est intense, on doit sans tarder faire la trachéotomie. Il y a vingl-cin(i ans environ, Duncan Gibb conseillait déjà, une fois les accidents calmés par la trachéotomie, de faire la fente médiane du larynx, d'enlever les parties nécrosées, de curer les tissus malades, de désinfecter en un mot la cavité laryngée, pratique (pi'a reprise récemment Sajous, en metlani à profit les méthodes antiseptiques actuelles (').

Les abcès extérieurs seront incisés de bonne heure.

Enfin, lorsque l'évolution des lésions locales s'est arrêtée, que la maladie est guérie, tout n'est pas fini, car il persiste souvent un rétrécissement laryngé qu'il faut traiter ultérieurement (*).

Dans des cas exceptionnels, on a vu une périchondrite du chaton du uricoïde déterminer une gène de la déglutition telle qu'on était obligé de faire usage de la sonde œsophagienne ; c'est là une manœuvre à laquelle on ne recourra que tardivement, le passage de la sonde irritant la lésion laryngée.

La tuberculose du larynx a été surtout étudiée par les médecins. Elle n'intéresse guère le chirurgien que lorsqu'elle se complique de périchondrites ou de pseudo-œdèmes (').

Dans ces derniers temps cependant, une tendance à intervenir chirargicalement s'est accusée. Heryng (de Varsovie) en particulier a préconisé le curage intra-Iaryngé des ulcérations tuberculeuses. Frankel, Massei, Retz regardent môme la laryngectomie comme praticable dans la tuberculose primitive du larynx. L'extirpation de l'organe serait, d'après eux, préférable à la trachéotomie avec traitement symptomatique (*).

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