TUMEURS GAZEUSES DU COU
Celle définition élimine reni])liysème, qui est un épanchenienl dilTus, cl la pneuniocéle ou hernie du poumon t|ui n'est pas une poche adventice.
On U-ouvei-a la Inbl'mrjrapliie très complète dans L.-H. Petit, Des tumeurs gazeuses du cou. Revue de cliii:, Paris, 1889, t. IX, p. 97, 20.Î, 570 et 479.
Étiologie. — Les causes prédisposantes sont celles qui dépendent d'un défaut (le résistance d'une des parties de l'arbre aérien. Les unes sont normales (présence de ventricules dans le larynx, ab.sence d'arcs cartilagineux à la partie postérieure de la trachée), d'autres sont liées à des maU'ormations congénitales (dilatation des ventricules du larynx, prolongements anormaux); d'autres enfin sont pathologiques (ulcération, dilatation des glandes de la muqueuse trachéale (Rokitansky), altérations syphilitiques ou autres des cartilages de la trachée, abcès de voisinage) ; enfin signalons les causes traumatiques (plaies de la trachée, rupture des espaces intercartilagineux).
Les causes occasionncUes sont toutes liées au phénomène de l'efTort, dans ses diverses variétés (accouchements, toux violente, cri, chant, port d'un lourd fardeau, etc.).
Pathogénie et anatomie pathologique. — Le mécanisme peut se résumer en deux mots : augmentation de la tension de l'air dans l'arbre aérien avec diminution de la résistance d'un point de cet arbre. Tantôt c'est une simple hernie tuniquaire de la muqueuse trachéale et laryngienne à travers une déchirure incomplète de la paroi avec pénétration de l'air dans une cavité préexistante (un abcès par exemple), ou avec passage des gaz dans le tissu cellulaire refoulé et tassé contre les plans aponévrotiques profonds du cou (L.-H. Petit).
Symptômes. — Marche. — Terminaisons et pronostic. — Les tumeurs gazeuses du cou peuvent se développer brusquement et atteindre d'un coup leur summum, ou, au contraire, s'accroître brusquement d'abord, puis augmenter peu à peu, ou enfin avoir dès le déljiut une marche lentement progressive.
Une fois développées, ces tumeurs ont une consistance variable; lorsque la communication avec l'arbre aérien s'est oblitérée, elles sont à peu près constamment tendues; lorsqu'au contraire la communication persiste, elles sont molles, flasques à l'état de repos, augmentent rapidement de volume par les clforls, la toux, l'expiration, diminuent par la compression, l'inspiration large, l'extension forcée de la tète. Elles sont sonores à la percussion et indolentes à la palpa lion; la peau qui les recouvre conserve ses caractères normaux. Fréquemment il exi.ste des modifications de la voix (raucité, nasonnement, aphonie).
Diagnostic. — Le diagnostic est généralement facile. Les tumeurs veineuses du cou, qui seules pourraient prêter à une confusion, ne sont pas sonores et augmentent par la compression de la base du cou, qui ne modifie en rien la tumeur gazeuse.
Traitement. — Des accès de sutfocation avec asphyxie ont pu obliger à faire la tracliéotomie. Le plus souvent on s'en tient à un traitement purement palliatif (cy'iicv les efforts, comprimer la tumeur avec une plaque de métal ou
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de caoïilcliouc). On arrive ainsi à ari'èlcr le (Irxciopix'uicnl de \:\ I iiiniMir cl môme à oblenir la guérison dans quelques cas.
Dans certaines tumeurs bien limitées, communitjuanl avec un point de l'arlirc aérien sus-jacenl au sternum et par suite abordable, on est autorisé à prendre le bistouri et à l'aire l'extirpation de la poche suivie de la suture de l'orifice anormal.
CORPS thyroïde
Par le D A. BROCA
;ien clos IiuihImuv. — l'rjlV>s.nir agréyé à la FaciiUé de Par
Toulo la pathologie du corps Ihyroide pivole auloiir d'une lésion néoplasiquo, le goitre. C'est Fexislence d'un goitre antérieur, ou la possibilité d'un goitre ultérieur, qui donne aux congestions et aux intlammalions du corps thyroïde une bonne partie de leur intérêt. Il serait cependant exagéré de ne décrire ici que le goitre, en faisant tout rentrer dans son étiologie ou dans ses complications : le goitre proprement dit — car on a parfois appelé goitre toute tuméfaction thyroïdienne — est le tenant ou l'aboutissant de beaucoup de lésions du corps thyroïde, mais non de toutes, ,1'étudierai donc successivement, après les lésions traumatiques, la congestion, l'inflammation, puis les tumeurs.
Pour toutes les maladies du corps thyroïde, on consultera, outre nos traités classiques, les ouvrages suivants :
Bach, De l'anatomic pathologique des différentes espèces de goitres, du traitement préscrvalif cl curalif. Mém. de l'Acad. de méd., Paris, 1855, t. XIX, p. 538. — Virchow, Pathologie des tumeurs, trad. P. Aronsohn, Paris, 1871, l. III, p. 215. — Llcke, Krankheiten der Scliilddriise. Pitha und lilU-^oth, Handb. der cdig. wid spec. Chir., t. III, -1'° partie, 4° div., chap. iv, Stuttgart, 1880. — Fischer, Krankheiten des Halscs. DcuUclxe Chir. von BiUrolh und Liicke^ livr. "XXXIII, p. 154, Stuttgart, 1880. — Krish.vuer, art. Goitre du Dicl. enrycl. des sciences méd., Paris, 1883. — Wolfler, Ueber Entwickelung und Bau des Kropfes. Arch. f. kUn. Chir., Berlin, 1883, t. X.VI.X. p. 1 et 754. — Du mè.me, Zur chtrurgischen Anatomie und Pathologie des Kropfes und Nelicnkropfes. Ibid.. 1800, t. XL, p. 100.