‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 146 sur 250 · V2 MALADIES DU CUlil'S TIIVISOIDE · texte numérisé non relu

V2 MALADIES DU CUlil'S TIIVISOIDE

n'csl pas inoiivé; celle du lobe moyen seul es! ]ihis lare. Qu;ui<l joule la Irlande esl prise, les lésions sont plus accentuées d'un cùlé.

Deux l'ois Lebeii a eu l'occasion d'examiner des lliyroïdiles (pii ont lue les malades sans siippiiralmi. Le tissu était congestionné, rouge foncé, parsemé de petits points hémorragiques, assez ramolli pour donner une sensation de lluctuation. Il y avait une hyperplasie des cellules glandulaires, avec dégénérescence pigmentaire. La trachée était comprimée et d'autant plus rétrécie (ju'elle était encore obstruée par un épaississement considérable tie la rnucpieuse rouge, enflammée et même recouverte de fausses membranes.

La suppuration se produit d'abord dans les points les plus rouges de la glande. Le pus reste longtemps infiltré, nous disent Laure et Daniel ÎMollière; à la coupe on le voit sourdre de toutes parts du parenchyme rouge enflammé; le microscope montre qu'alors il siège dans les seules travées conjonctives. Plus tard il se collecte, soit en une seule cavité, soit en plusieurs foyers distincts, capables de s'ouvrir l'un après l'autre. Ailleurs, les travées sont détruites et les lobes glandulaires isolés se nécrosent au milieu du pus: c'est la thyroïdite disséquante de Lebert. Ailleurs, enfin, une véritable gangrène s'emparera de tout ou partie de la glande.

Les organes voisins sont souvent compromis dans ces altérations. Nous nous bornerons à mentionner, pour le moment, les fusées purulentes dans le médiastin, les perforations des voies aériennes, de l'œsophage. Ces faits trouveront mieux leur place à propos de l'évolution clinique.

Symptômes. — L'aspect clinique de la thyroïdite varie d'une manière notable suivant l'état général antérieur du sujet, suivant que l'intlammation est dite idiopathique ou métastatique. De même la phlegmasie de la glande jusqu'alors saine ne ressemble pas toujours à celle de la glande auparavant goitreuse. Malgré cela, on peut tracer un tableau général, quitte à indiquer ensuite les quelques points spéciaux relevés dans les diverses variétés étiologiques. La description qui va suivre visera, d'une façon presque exclusive, Vinflammation dite idiojiathique {a frigore, rhumatismale, sans cause connue) de la glande saine.

Le début, dans ces circonstances, est net, brusque, quelquefois marqué par un frisson dont tous les auteurs signalent l'inconstance. Les premiers phénomènes sont la douleur et la fièvre.

La douleur, pai'fois accompagnée d'un mal de gorge assez intense (Cruveilhier), va [de'pair avec une sensation de tension au niveau de la région antérieure du cou. Elle siège sur le côté de la trachée, esl unilatérale ou bilatérale; pi'édoniine peut-être à droite (?); est plus rarement médiane. Le plus souvent elle esl intense, et non légère comme le dit Nélaton. Profonde, continue avec paroxysmes, elle est exaspérée par la pression, par les mouvements du cou et de la tète, par l'extension surtout. Aussi les malades fléchissent-ils la tête, appuyant parfois le menton sur les mains. Elle s'accroît encore dans les mouvements communiqués au larynx lors de la déglutition. Elle ne reste pas toujours confinée à la région sous-hyoïdienne, mais peut, dès le début, irradier dans les plexus cervical et brachial, à la nuque, à l'oreille, à l'épaule (Lôwenhardl).

La fièvre, pendant ce temps, esl moins modérée que ne l'écrit Martinache. Le pouls est fréquent, plein et dur (Lebert). A l'inappétence se joint une soif d'autant plus pénible que les malades craignent de la satisfaire (Bauchct). La

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cépltnlal(jie n'est pas simplement colle que commanderait une réaction lel>rilecle celte intensité. Elle est plus vive, aggravée de bourdonnements d'oreilles, de vertiges, d'agitation, de délire même. Avec cela la face est rouge, vultueuse, par gêne do la circulation céphaliqnc due à la tumeur thyroïdienne.

Celle tianéffirlion, d'après Bauchct, d'après Lebcrt,n'eslbien nette qu'à la fin du premier jour, ou au commencement du second. Parfois bilatérale, plus souvent unilatérale, elle occupe le siège de la glande normale dont elle présente à peu près la l'orme. Plus rarement elle est médiane, l'isthme seul étant atteint. Ailleurs, au contraire (et c'est peut-être dû à l'absence d'isthme), les deux lobes sont pris, alors que sur la ligne médiane im sillon indemne les sépare. Si le volume devient notable, le sterno-masloïdien se tend, fait corde à son insertion sternale. mais le creux s'efface, qui à l'étal normal sépare ce muscle de son congénère du côté opposé. La peau est tendue, mais non rouge. Si on regarde la région de profil, on la voit soulevée par les battements carotidiens que la tumeur transmet.

Uin^prctio'i révèle encore que celle tumeur suit le larj'nx dans les mouvements de déglutition. La palpalion sera parfois nécessaire pour apprécier ce symptôme qui, malgré son existence ordinaire, n'est cependant pas d'une constance absolue. Martinache signale son absence possible: Gosselin, lui aussi, l'affirme, el il a vu le larynx et le corps thyroïde, d'abord immobilisés ensemble par l'empâtement qui les entourait, recouvrer peu à peu leur mobilité à mesure que diminuait cet empâtement.

La palpalion prouve que la région entière est chaude, dure, tendue. Elle circonscrit la tumeur d'une manière assez précise. Borné, le plus souvent, au volume d'un œuf de poule, le lobe enflammé monte obliquement vers le sternomastoïdien sous lequel, en haut, il disparaît en pointe ; en bas, tantôt il reste séparé de la clavicule, de la fourchette sternale, tantôt est recouvert par ces parties du squelette, caché alors par l'insertion du sterno-mastoïdien, qu'il peut dépasser en arrière pour reparaître dans le creux sus-claviculaire (Bauchel). Sa consistance est, au début, assez dure et élastique. La peau reste pendant quelque temps bien mobile sur lui, el, mobile à son tour sur les parties profondes, il est susceptible de quelques mouvements de latéralité, mouvements transmis aussitôt au larynx et à la trachée. Et, lorsque la tumeur unilatérale atteint quelque importance, l'arbre aérien auquel elle est fixée est refoulé du côté opposé.

Ces explorations exigent de la douceur, de la prudence, car elles sont fort douloureuses et peuvent exagérer brusquement certains phénomènes de compression dont la trachée souffre déjà. De là une dyspnée sur laquelle se greffent, dans des faits assez rares il est vrai, des accès de suffocation. Souvent existe une toux sèche, fréquente, amenant quelquefois une expectoration sanglante. Une véritable hémoptysie peut survenir, être même un symptôme de début (Stromeyer, Berger). Bauchet conteste les troubles de phonation; la plupart des auteurs ont cependant observé que la voix est rauque, et cela peut aller jusqu'à l'aphonie (Laure). Les veines du cou se dilatent, les douleurs iri-adiées, par compression des plexus cervical el brachial, augmentent à cette période, se compliquent exceptionnellement d'une parésie du bras. Parmi les phénomènes rares, il faut noter les nausées et les vomissements (Lebcrt), que Hardy explique par l'irritation du pneumogastrique. Ces accidents de compression sont susceptibles de causer une mort rapide avant toute suppuration (Lebert, Bisdon BennetI,

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