WO MALADIES DU CORPS THYROÏDE
(In goilrc osl Iros avancée. On s'csl ensuite aUnché anx invesli;^alions analomiques, el c'est du milieu de noire siècle que datent, avec Ecker (I8i7), Frerichs, Rokitansky, les premières recherches anatomo-palhologiqucs, peu à peu complétées par L. Porta, Bach (de Strasbourg), Friedrcich, Billroth; et les choses en étaient là lorsque, dans ses remarquables leçons sur les tumeurs, en 1867, Virchow édifia une théorie d'histogenèse extrêmement séduisante, bientôt adaptée à la clinique par Liicke et classique jusqu'à ces dernières années. De cette théorie, il est resté une idée dominante : l'unité originelle des goitres en apparence les plus dissemblables. Mais depuis quelque temps des contestations se sont élevées, sous l'influence dr ^^'lllll('^ surtout, sur le rôle primordial de l'épithélium thyroïdien normal.
C'est que, de nos jours, les pièces soumises à l'examen des histologistes ont été et plus nomjjreuses et plus fraîches. Ce n'est plus seulement par le hasard des autopsies qu'on se les procure, mais à l'aide des opérations que, grâce à la chirurgie antiseptique, nous sommes en mesure d'opposer au goitre. Ces opérations, les thyroïdectomies, ont ouvert une phase d'une importance capitale dans l'histoire du goitre. Non point seulement parce que nous sommes à même d'obtenir des résultats thérapeutiques importants, mais encore il en est résulté des enseignements d'un grand intérêt sur la physiologie de la glande thyroïde, enseignements dont la pratique chirurgicale a vite l'ait son profit.
Symptômes, étiologie clinique, analomie pathologique et traitement opératoire, voilà autant de points sur lesquels nos connaissances sont assez complètes. L'agent causal initial reste encore inconnu, et c'est dans ce sens qu'on dirige de nos jours quelques recherches; mais les praticiens prennent patience, car depuis longtemps déjà ils ont appris empiriquement à connaître l'action quasispécifique au début de la médication iodée.
Anatomie pathologique. — J'envisagerai successivement ; 1" les lésions du corps thyroïile; 2» celles des parties voisines.
1° Lésions du corps thyroïde. — Dans l'étude des lésions du corps tliyroïde, il faut considérer : A. l'aspect macroscopique; B. la constitution histologique; C. les doctrines d'histogenèse.
A. Aspect m.\croscopique. — Rien n'est variable comme le volume, la forme et même, jusqu'à un certain point, le siège du goitre. Pour le volume, tous les intermédiaires existent entre les petits noyaux appréciables seulement à la palpation et les tumeurs énormes qui pendent devant le tronc, jusqu'au nombril même. Quant à la forme, elle dépend du mode de développement de la tumeur. Lorsque la dégénérescence atteint le corps thyroïde tout entier, la tumeur, pourvu qu'elle ne soit pas trop volumineuse, dessine la forme en fer à cheval de la glande normale. Mais déjà, dans ces conditions, il est rare qu'elle soit bien symétrique, que même un lobe entier soit également envahi ; de là des bosselures plus ou moins grosses et plus ou moins irrégulières. Et même il n'est pas exceptionnel que la néoplasie ne porte que sur un lobe, sur une partie d'un lobe, sur l'isthme, sur la pyramide de Lalouette. Certes, dans ces cas, il est de règle que le reste de la glande soit malade, que la palpation y révèle des nodules morbides vérifiés par l'histologie; mais à la simple inspection du cou on ne s'en douterait pas, ou presque pas. De là des tumeurs, ici latérales, là médianes et plus ou
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moins élevées; ou bien le goitre envahit toute ou presque toute la glande; mais en un point se développe une bosselure kystique, quelquefois énorme, attirant souvent à peu prés seule l'attention au premier abord.
Ce n'est pas tout. Jusqu'ici on s'y reconnaît, et le siège thyroïdien est vite mis en évidence par le clinicien aussi bien que par l'analomiste. Mais les qoilres aberrants viennent compliquer la question.
Il est bien connu aujourd'hui que les corps thyroïdes accessoires, noyaux erratiques développés aux dépens d'invaginations épithéliales anormalement persistantes ou anormalement dirigées, sont loin d'être rares. Souvent, sans <loute, cela se borne à un lobule surajouté, adhérent à la glande ordinaire par un pédicule plus ou moins étroit : mais parfois l'indépendance est absolue et la masse accessoire n'a aucune connexion avec la masse principale. Or le goitre envahit ces noyaux aussi bien que la glande classique; quelquefois même c'est à eux presque exclusivement qu'il s'attaque. Le goitre plongeant, rétro-sternal('), dont les chirurgiens se sont tant occupés, relève d'une anomalie primordiale du corps thyroïde, et non point d'une sorte de déplacement secondaire. Il est des corps thyroïdes au bord inférieur desquels sont appendues des masses qui vont au contact de la .sous-clavière, du tronc artériel brachio-céphalique, de la crosse de l'aorte, et même de la plèvre et du poumon; le goitre plongeant n'est que l'état pathologique répondant à cette anomalie anatomique. A ces goitres plongeants sont parfois (5 fois sur 90, Wuhrmann) associées des déformations de la cage thoracique, qui semblent être plutôt cause (Demme) qu'effet (Wuhrmann) du développement rétro-sternal de la tumeur. Une variété spéciale est le goitre rétro-claviculaire, par développement des cornes inférieures des lobes latéraux. Dans d'autres cas, le lissu thyroïdien normal entoure la trachée en un anneau complet, capable de former môme un vrai cylindre: ailleurs il passe jusque derrière l'œsophage; à cela aussi correspondent des variétés de goitre, et en particulier les goitres rétro-œsophagiens, qui, signalés par N. Guillot, par Tarnier, par Chaboureau, ont été l'objet d'une étude spéciaU de la part de Kaufmann (de Zurich) (^•).
Les véritables goitres aberrants, ceux qui ont été l'objet de nombreux travaux anatomiques et cliniques, dus surtout à Gruber, Lûcke, IL Braun, Madelung, Wôlfler, sont plus indépendants encore. Il n'est pas d'endroit où l'on n'en ait trouvé dans la région cervicale antéro-latéralc, et quelquefois la glande ordinaire semble saine. D'autre part, s'il est de règle que la masse anormale soit reliée au corps thyroïde par un pédicule vasculaire, il faut convenir que cette règle soufïVe des exceptions; et c'est ainsi que von Bruns, von Zieiiissen signalent des tumeurs intra-laryngées ayant la structure du goitre; de même que (je l'ai déjà dit et expliqué cmbryologiquement) des kystes à paroi thyroïdienne peuvent exister dans la base de la langue (^); on a môme observé de vraies masses goitreuses dans cette région. Lorsque ces goitres occupent la région cervicale, Albers avait un mot expressif pour les désigner : il les appelait goitres ganglionnaires, car c'est volontiers aux ganglions qu'on attribue ces tumeurs, cliniquement indépendantes du corps thyroïde. Une autre cause d'erreur est la suivante: quelquefois des noyaux solides et surtout des kystes s'énucléent peu à peu hors
(M GiBOD. Thèse (le ilucl. de Monlpelliei-, 1888-1880, n° ôlj.
(-) Iv.vui'M.\N.N, Deutsche Zeitschrift f. Chir., Leipzig, 188.3, l. XVIII, p. '254. — Bûcher, Thèse <lc Zurich, 1893-1804.
[^) Voy. l. V, p. 51 el 16'2.