‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 149 sur 250 · MALADIES DU COUPS THYROÏDE · texte numérisé non relu

MALADIES DU COUPS THYROÏDE

(le la glande où ils sonl nés el ils scnililrnl dès lors en èlrc indéiicndanls. On observe des migrations analogues pour les adénomes de la mamelle.

Telles sont les principales variétés de forme et de siège. Passons maintenant aux différences, non moins grandes, de l'aspect à la dissection et à la coupe. De ces variétés, les principales sonl les goitres folliculaires, colloïdes, fihreux, kystiques, vasculaires.

Le goitre foJUculcnre, encore appelé mou, c/Iandulaire ou parenclnjinaleitx, est une tumeur molle, de volume modéré, souvent diffuse, prenant tout un lobe du (■or|)s thyroïde ou les deux lobes sans grande asymétrie; un peu noueuse cependant à la palpation profonde el lobulée à la surface, mais relativement lis.se. La coupe est à peu près semblable à celle d'un corps thyroïde normal.

Le fjoilre colloïde est celui qui atteint les plus grandes dimensions. Sur la coupe on voit une infinité de loges petites ou grandes, énormes même, remplies d'une gelée jaunâtre, amoi'phe ou faiblement granuleuse, ressemblant à de la colle forte. Suivant que leur développement a été lent ou rapide, ces loges sont arrondies, ou au contraire polyédri(iues, aplaties par pression réciproque.

Le goitre fibreux est dû à une modification du goitre folliculaire, par hypcr- ])lasie, puis sclérose du tissu conjonclif interstitiel. Cette sclérose tantôt est spontanée, tantôt est provoquée, et dans ce dernier cas une de ses causes les plus usuelles est le traitement par les injections interstitielles irritantes. Presque toujours elle n'est que partielle, disséminée, et de là des parties dures, blanches, rétractées, criant sous le scalpel, entourées des tissus mous du goitre folliculaire. Tantôt ces indurations sonl diffuses, les Iractus fibreux se perdant sans démarcation dans les parties voisines; tantôt elles sont en forme de noyaux circonscrits, de dimensions très diverses, contenus dans une coque d'où ils sonl facilement énucléables. Quelcjuefois la sclérose est totale ou à peu près, et ratatine le goitre : c'est alors qu'elle est dangereuse, surtout lorscpie le goitre entoure la trachée, el devient ainsi constricteur.

Le goitre kystique, signalé dès l'antiquité, a fait l'objet de nombreux travaux anatomiques el opératoires; la première étude détaillée est celle de Maunoir (de Genève) en 1815. Il présente des dispositions anatomiques très variées. Les kystes y sonl grands ou petits, uniloculaires ou multiloculaires, nombreux ou rares. Leur paroi est ici mince el souple, là épaisse, rigide, calcifiée même, incapable de revenir sur elle-même après évacuation. Si on l'incise, on la voit ianlôt lisse, tantôt incomplètemenl cloisonnée par des saillies plus ou moins marquées, tanlôl même hérissée de végétations intra-kystiques. Le contenu est, suivant les cas, un liquide incolore ou un peu jaune, quelquefois filant, riche en mucine ; il y nage des cellules épilhéliales, des paillettes de cholestérine, mais parfois les éléments solides l'emportent el l'on se trouve en présence d'une véritable bouillie. Chez certains malades, enfin, des hémorragies ont lieu dans la cavité et, selon son abondance et son ancienneté, la poche contiendra du sang pur, diffluent ou en caillots, ou bien un liquide chocolat ou même noir(').

Dans tout goilre, les vaisseaux thyroïdiens sonl remarquablement volumineux, mais dans certains cas ils prennent une exubérance toute spéciale, el cela constitue le goitre vasculaire, ordinairement développé de bonne heure el peut-être même souvent congénital, d'après Heidenreich, Virchow. Il est fré-

(') Peut, Thèse de docl. de Paris, KS84-188.'i, ir 305.

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