BROCA
408 MALADIKS DU ColiPS TlIVliOÏDK.
in.-ilrdiilions) est l'aciion alropliianlc (|uo l'iode exerce voloiiliers sur les seins, el l'on sait que, parmi les goitreux, les femmes jeunes sont en majorité.
Depuis que l'on a commencé à mieux connaître les l'onclions tlu corps thyroïde et à jeter les bases de l'opothérapie ou emploi thérapeutique des extraits organiques, on a cherché à traiter le goitre non plus par l'administration de l'iode métalloïde, mais parcelle substance telle qu'elle se trouve en combinaison dans le tissu thyroïdien et l'on a eu des succès alors que la médication iodée ordinaire avait échoué. La substance employée a été tantôt le corps thyroïde en nature, tantôt l'extrait thyroïdien liquide ou en tablette, tantôt enfin, et plus récemment, la thyroïdine, principe iodé, chimi([uement défini, extrait du corps thyroïde (').
C'est d'abord le myxœdème opératoire ou spontané que l'on a traité de la sorte, et l'on a bien vite constaté que la médication thyroïdienne, active au point d'être parfois toxique, avait une influence remarquable. Puis on y a soumis le goitre vulgaire et l'on a eu des résultats quelquefois surprenants, et c'est ainsi qu'il y a peu de temps MM. Lichtwitz et Sabrazès(-') ont vu disparaître sous cette influence un goitre qu'on projetait d'opérer quelques jours plus tard. Certes, ce n'est pas la panacée universelle et, dans le relevé récent de Bruns ('), sur 530 cas on ne compte que 8 pour lOtl de guérisons totales et 53 pour 100 d'améliorations notables. Les résultats sont surtout bons pour les goitres des sujets au-dessous de vingt ans; d'autre part, si l'on n'a pas soin de soumettre de temps à autre le sujet au traitement, la récidive est fréquente (').
Quels sont les cas où l'on peut fonder sur la thérapeutique médicale des espérances réelles? Cela dépend de l'état anatomique du goitre, el par conséquent l'indication thérapeutique sera subordonnée au diagnostic anatomique exact. Dans l'hyperplasie glandulaire, dans les goitres difïus, mous, à marche rapide, cette médication est à peu près toute-puissante et c'est en quelques jours qu'elle agit. Mais que peut-elle, une fois constituée la sclérose, une fois formée une cavité kystique? Elle aurait pu lutter contre le processus initial, mais elle reste désarmée contre ses résultats définitifs, et l'on ne saurait mieux comparer ces faits qu'à ce qu'on observe dans la syphilis tertiaire : le traitement spécifique triomphe des lésions gommeuses, mais les scléroses lui résistent
Est-ce à dire, cependant, que dans les goitres fibreux ou kystiques il faille repousser toute tentative médicale? Non, et, sauf accidents pressants, on de\ra commencer par elle, car autour du kyste, par exemple, le processus adénomateux n'est pas toujours éteint et sur lui on pourra agir. C'est ainsi que Kocher, Bruns ont constaté que dans un goitre préparé par la médication thyroïdienne, l'hémorragie est moindre si l'on vient à pratiquer la thyroïdectomie.
Lorsqu'il est bien et dûment démontré que le goitre — ou tout au moins un résidu — est rebelle à la médication iodée, il convient avant tout de peser scrupuleusement les indications opératoires.
L'agrément des formes extérieures, d'abord, n'est pas à dédaigner pour la
(') Voy. sur ce sujet en général : Lépine, Semaine médic, Paris, 1896, p. .^7. — M. Fauhe, Gaz. des liûp., 8 août 1895, p. 905. — Sur la pharmacologie, cf. A. Ciiassev.vnt, Presxc médicale, 1896, p. 249.
(-) Lichtwitz el Sabrazès, Gazette hebdom. de méd. et de chir., 1897, p. 205.
(') P. Bruns, Beilr. zur klin. Chir., Tubingue, 1895, t. XllI, p. 305, cl 1896, t. XVI, p. 521. — Voy. aussi Marie, Société médicale des hôpitau.c, Paris, 8 nov. 1895.
(*) Reindach (Mittheil. aus d. Grenzgebiet der Mcd. und Chir., Leipzig, 1896, t. I, p. '202) a ol)lenu des résnllals analogues par l'opothérapie Ihymique, proposée par Mikulicz, cl qui aurail l'avantage de n'élre pas loxifjuc.