‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 16 sur 250 · ARRKTS DE DEVELOPPEMENT DE LA FACE ET DU COU · texte numérisé non relu

ARRKTS DE DEVELOPPEMENT DE LA FACE ET DU COU

Étiologie. — Certaines liypolhèses anciennes sur l'éliolon'ie ilu lier-de-licvre rcnh'eni dans le domaine (kr la fable : tel le IVrlus ([ni, d'après Jourdain, se déchire lui-même la lèvre avec les poings. Depuis longtemps déjà A. Paré, Ilarvey, Gœthe, ileckel, Blandin, Isid. GeolTroy Saint-Hilaire ont sonlenu qu'il fallait invoquer un arrêt de développement; celte doctrine est définitivement élahlie depuis les recherches embryologiques de Cosle el Gerbe, et à propos de clinque lissure j'ai dit à quelle fente normale elle correspondait. Je ne veux revenir ici que sur un seul point : une fissure déterminée est d'autant plus rare que les bourgeons entre lesquels elle existe doivent se souder plus rapidement. En efTct. plus la cause perturbatrice agira sur nn embryon jeune, et plus il y aura de chances pour qu'elle provoque des troubles profonds, des anomalies incompatibles avec la vie.

Mais cette cause, quelle est-elle? Pourquoi ces défauts de soudure? Il est des cas où la réponse est aisée, lorsque sur la région crânio-faciale existent des traces diverses de processus pathologiques, capables de produire des actions mécaniques, d'écarter anormalement les bourgeons qui devaient aller à la renconlrr 1 un de l'autre. Sans doute, Groheaeu tort d'avancer que, dans la fissure palatine, l'hypertrophie (douteuse d'ailleurs) du vomerestle fait primitif, et l'on ne saurait accorder à Tenon, à 'Vrolik, à Nicati, que le rôle étiologique principal revienne à l'hypertrophie de la langue. Mais il est impossible de contester les faits suivants : Fernet, Lannelongue (') ont vu des tumeurs congénitales de la langue sous une fissure palatine ; Lannelongue a observé un angiome de la gencive en regard d'un bec-de-lièvre; j'ai disséqué un fœtus chez lequel une tumeur extra-duremériennc faisait issue par une fissure médiane complexe; la polygnathie s'accompagnait de fissure labiale inférieure dans plu.sieurs cas ; enfin Retzius, Otto, Wegelin, Haak ont vu des kystes fœtaux, sans doute par diplogenèse, insérés en des points variables, passer à travers une fente palatine. Ailleurs il s'agira d'adhérences amniotiques, et ici les faits sont si nombreux que je renonce à les citer. On sait quç I. GcofTi-oy Saint-IIilaire a insisté sur le rôle de ces adhérences dans la genèse des arrêts de développement, rôle mis en évidence expérimentalement par Darcste. Dans son mémoire diffus, mais très documenté, Morian montre bien que ces adhérences, l'hydrocéphalie, l'encéphalocèle, sont la règle dans les fissures faciales prolongées.

Mais si pour ces fissures profondes et graves, nécessitant une action perturbatrice intense, la cause mécanique est très souvent prise sur le fait, il n'en est pas de même pour le bec-de-lièvre vulgaire. Dans un mémoire récent, FronhOfer (*) a soutenu que les adhérences amniotiques étaient la cause habituelle et qu'en particulier les appendices préauriculaires, dont je parlerai plus loin, étaient la trace de leur insertion, la preuve de leur traction. Cette opinion ne me paraît pas solidement établie, et pour les becs-de-lièvre habituels, chirurgicaux, dans la grande majorité des cas, aucun indice ne nous guide ; c'est sans doute que, pour produire cette malformation légère, il a suffi d'une cause médiocre, disparue sans laisser de traces. Certains faits toutefois sont établis. L'influence de l'hérédité est indiscutable, el parfois à l'hérédité se joint la consanguinité. Il n'est pas rare que ces enfants soient porteurs de malformalions diverses des pieds, des doigts et des orteils. Il est admissible qu'un coup sur le ventre de la

(') FEiiNET, Bull, de la Soc. aiuil., 1804, p. 15L — l.ANMCLOxr.cz, Arrh. ,jrn. de mcd., 1880, 7= série, L XI, p. 589 et 540.

(*) Fronhofer, Arch. f. klin. Chir., 1896, t. LU, p. «Sô.

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