TRAITEMENT DU BEC-DE-LIÈVRE SIMPLE
Ces complications opéraloires m'ont toujours paru inutiles, car un tamponnonicnl compressir bien appliqué arrête le santj;- en quelques minutes, après quoi on passe à la suture.
Celle suture, bien pratiquée, est hémoslalique pour lavivemenl des lèvres de la fissure et en particulier pour la coronaire qui est toujours coupée et qu'il est inulile de lier, ce qui d'ailleurs échouerait souvent. Pour éviter l'écoulement sanguin avant la suture, on peut se fier à un aide qui, de chaque main, saisit entre le pouce et l'index une des moitiés de la lèvre opérée ; certains chirurgiens appliquent de chaque côté du champ opératoire une pince longuette à forciprcssure prenant bien toute la hauteur de la lèvre et dont les mors sont garnis d'un tube de caoutchouc (un drain y est excellent) pour rendre la compression moins dure. Je comprime toujours moi-même entre le pouce et l'index gauches, tandis que j'avive de la main droite, et rhémoslase est ainsi assurée.
b. Suture. — Jadis combattue par Franco, Pibrac, Louis, qui s'en tenaient aux bandelettes agglutinatives, la suture est aujourd'hui universellement adoptée. On a beaucoup discuté sur le meilleur mode de suture, et bien des pages ont été écrites pour décrire et pour vanter la suture entortillée, pour préciser la manière et le moment d'en retirer ou d'en changer le fil. La suture entortillée était encore d'usage courant il y a quelques années, mais elle semble aujourd'hui reléguée à côté de la suture à plaque de Denonvilliers, de la suture élastique de Rigal (de Gaillac), et nous pouvons résumer en quelques mots la conduite chirurgicale la meilleure : comme l'avaient affirmé autrefois Heuermann, puis Mirault (d'Angers) ('), il faut appliquer au bec-de-Iièvre la vulgaire suture entrecoupée. Quant au meilleur fil à employer, le fil d'argent a ses partisans, la soie a les siens, mais ceux du crin de Florence sont peut-être les plus nombreux. A la face cutanée, on appliquera des crins de Florence prenant les trois quarts de l'épaisseur de la lèvre, de façon à bien passer en arrière de la coronaire ; de la sorte, la suture sera hémostatique. Sur la pointe des lambeaux et à la face postérieure, on met souvent un rang de sutures à la soie fine ; mais ici encore le crin de Florence est excellent.
Lorsque le tiraillement de la ligne de suture est notable, et lors- y que la narine est large- /^<i ment épatée, Guersant " appliquai tune serre-fine spéciale ; Philips, Thierry, ont conseillé d'embrocher le nez avec une.
longue aiguille ou avec un fil métalli(iue et d'exercer do la sorte une compression latérale en enfilant à chaque extrémité une lame de plomb fixée par un tube de Gain. Je crois ces complications inutiles et, lorsque la narine est bien mobi-
Épingle (le Philips
Fici. -20, — Scn-efinc de Guersant
(') Min.uLT (il'.\ni;ei-s\ Dnll. gé Paris, t. NUI, [t. 'M.
II. de Ihériip., ISCO, t. LU, p. 3jj, cl Dull. de la Soc. de chir.,