S ARRÊTS DE DÉVELOPPEMENT DE LA FACE ET DU COU
lisrc, OM la sulure en lionne posilion avec un t'i'indo Florcm-r mis vers les fosses ilasah^s.
On a (lil qne. si la voùle palatine esl l'emlue, la laiii^'ne penl venir constanimenl au conlacl de la face profonde de la sulure el la désunir, et de là les plaques de zinc, de plomb, de caoutchouc auxquelles onl eu recours lleuermann, Eckholdt, P. Broca, pour proléger celle sulure. Mais il esl certain que la seplicilé inhérente aux opérations anciennes était en jeu plus (pfune distension mécanique, et ces appareils spéciaux sont abandonnés.
c. Pansement. — Soins consécutifs. — Le pansement consiste simplement en une occlusion au collodion iodoformé avec des fdamenls transversaux de coton liydrophilc. De la sorte, on empêche très bien récartement mécanique de la sulure, dont il faut autant que possible assurer le repos. A cet effet, les auteurs anciens avaient inventé des compresseurs spéciaux refoulant la joue en dedans, avaient imaginé des bandages compliqués. Tout cela est tombé dans l'oubli, comme le précepte de Roonhuysen, d'après lequel, pour faire tenir l'enfant Iranquillc après l'opéi-alion, le mieux était de le priver de sommeil pendant la nuit précédente. Pendant les vingt-quatre premières heures, si l'enfant telle encore, on ne le laissera pas prendre le sein, el on lui donnera à la cuiller du lait en petite quantité. Si l'enfant crie, il faut que la mère ou la nourrice, le surveillant attentivement, exerce immédiatement sur les joues une compression légère.
Les crins de Florence sont couju's du (juatrième au sixième jour. L'alilnlion des premiers exige d'ordinaire l'anesthésie de l'enfant, sans quoi, dans un mouvement intempestif, on esl exposé à arracher la ligne de réunion.
a. Procédés opératoires. — L'avivement simple suffit pour les fissures de la joue. Mais quand on doit reconstituer le bord libre de la lèvre, il n'en est plus de même. Pendant bien longtemps, sans doute, on s'est borné à retrancher d'un coup de ciseaux l'ourlet rauqueux de chacun des bords, ensuite réunis par la suture. Mais de la sorte, lorsque la cicatrice se rétracte, il se constitue presque inévitablement à son extrémité inférieure une encoche ^- des plus disgracieuses. Bien des procédésont été inven-
tés pour remédier à cet inconvénient. Je passerai sous silence l'avivement courbe de Husson, absolument inefficace, et je ne parlerai que des procédés à lambeaux. Malgaigne (') a vulgarisé un procédé imaginé par Clémol (de Rocheforl). Sur chaque bord, il taille par transfixion au bistouri un petit lambeau adhérent par „ „^ r> , ^, . sa base inférieure, libre par son extrémité supérieure,
FiG 20 — Procède Clemot- ' ' . \ ir
Maiyai^ne que l'on mène bien en pointe jusqu'au sommet du v .
Ces deux petits lambeaux sont rabattus et suturés l'un à l'autre; ils forment sous la lèvre une sorte de petite trompe, d'abord fort laide, mais qui peu à peu se rétracte, et que d'ailleurs il est aisé de réséquer secon dairemenl. Le procédé de Nélaton n'est qu'une modification insignifiante de celui de Clémot : il consiste à circonscrire le sommet du V, de façon à laisser les deux lambeaux en continuité par leur pointe; une fois qu'ils sont rabattus, on conçoit qu'il y ait, en somme, un point de suture naturel à leur extrémité, ce qui n'a pas un avantage bien considérable. La légère modification de Henry (de
{') Malgaigne, Société de chii-., '20 novembre I.S'i"), et Journal de rliir. de Mnlgaigiie, Paris, 18ii, t. II, p. 1.
TRAITEMENT DU BEC-DE-LlEVRE SIMPLE. '29
Nantes) n'a pas non plus une grande importance : elle consiste à tailler chacun lies lambeaux en un biseau inverse, de façon à clargir les surfaces affrontées.
Le procédé de MirauU(') est excellent dans presque tous les cas. Mirault avivait le bord interne à la mode ancienne, d'un simple coup de ciseaux, puis il crucntait avec soin l'angle arrondi; sur le bord externe, il taillait un lambeau semblable à celui de Clémot, et le lambeau était appliqué par la suture contre
TiG. 27. — Procédé Je Mirault.
A. avivemcnl île la lèvre iulornc. — B, incision de la lèvre externe pour lilièrer le lambeau C. — Les figures I et II nionlrent les tracés et la disposition du lambeau. — La figure III montre la suture {Ti-ailé de Forgue et Reclus.)
l'angle avivé du bord interne. Delà, donc, une petite languette devenue parallèle au Ijord libre de la lèvre, qu'elle reconstituait. Le seul défaut de ce procédé, c'est qu'il ci^ée. par l'avivcment ancien, une perte de substance du bord interne. Mais une modification bien facile y pare : comme P. Broca, comme Lannelongue, j'ai coutume de pratiquer, avec les petits ciseaux d'ophtalmologiste, un simple avivement épidermique, et le résultat est excellent (*).
Giraldès(') s'est préoccupé tout spécialement de bien fermer la communication entre la narine et le vestibule buccal; à cet effet, il taille sur le bord interne un petit lambeau, adhérent par sa base supérieure, qu'il relève de façon à le placer en pont sous la narine et à le suturer à un débridement transversal fait à la base du bord externe de la fissure. Le bord libre de la lèvre est restauré comme dans le procédé de Mirault.
Cette petite complication m'a toujours paru inutile, et nous
restons en face de deux procédés : celui de Clémot-Malgaigne, celui de MirauU. Ce dernier, applicable sans contestation à tous les becs-de-lièvre simples et aux becs-de-lièvre complexes à écartement modéré, est même pour moi presque toujours réalisable, et je n'ai jamais eu besoin de recourir au procédé de Clémot.
Pour le bec-de-lièvre bilatéral, le manuel opératoire dépend de l'état du lobule médian.
(') Min.vuLT, Journal de chir. de Malgaigne, 184i-18i.j, 1. II. p. 2 j7 ; 18}5, t. III, p. à. Mémoire sur l'opération du iiec-de-Hèvre, Angers, 1845, in-4". — Rapport de Guers.vnt, BuU. de la Hoc. de chir., 1856, t. VII, p. 219, 435.
{'-} Denise, Thèse de docl. de Paris, 1885-1884, n» 311.
{') Gin.vLDÈs, Bull, de la Soc. de chir., 1865, 2" série, t. VI, p. 327, et Lerons cliniques, etc., 1868, fasc. 1, p. 140.
FiG. a. — Procédé de Giraldès.
■ des incisions. — II. disposition des sutures.
FiG. 20. — Procède (le Clémot appliqué au bec-de-lièvre complexe liilaléral. (Traité de Forgue et Reclus.)