MUiKTS II!'; 1)L;VEI,01>I'EMENT de l.\ F.\CE ET DU COU
Si rc loluile est bien développé, on fail des deux côtés ropéralion de Mirauit, avec aviveinenl épidermique de tout le pourtour du lobule. Mais souvent le lobule sera étroit, mince, et surtout moins haut que le reste de la lèvre. On ne le réunira alors qu'i\ la partie supérieure des deux avivements externes, dont les lambeaux rabattus seront suturés l'un à l'autre sur la ligne médiane, en sorte que la suture prendra la forme d'un Y. Là encore, l'avivemenl du lobule aura été épidermique et aura porté sur sps trois bords muqueux. Quelquefois enfin,
le loluile médian est tout t»
.'r ~), ! l'ail |i('til, difforme, irrégu-
li(>r. On a alors conseillé de le réséquer simplement, ce qui. est une erreur. Ces cas, en clïet, sont prescjue toujours ceux où le tubercule osseux fait saillie en avant, où la sous-cloison est d'une brièveté excessive; après refoulement du tubercule osseux, le lobule médian, soigneusement dissé(jué, servira à reconstituer la sous-cloison, selon un procédi! établi par Dupuytren. Au-dessous de ce lobule, on suture les deux lèvres externes, comme s'il s'agissait d'une large fissure médiane, et pour cela c'est au procédé de Clémot qu'on aura recours.
b. Accidents. — Age où il faut intervenir. — L'opération réussit presque toujours, et même lorsque la réunion immédiate échoue, le résultat n'est généralement pas nul. car la plaie guérit par seconde intention, par le mécanisme des plaies angulaires. Il est vrai qu'alors il persiste une encoche disgracieuse, facile d'ailleurs à réparer secondairement. Les causes de l'échec sont multiples : la désunion peut être purement mécanique, due aux cris de l'enfant, mais celte éventualité est rare. A l'ordinaire, le défaut d'union est dû à l'infection de la plaie, qui se met à suppurer. C'est ainsi que l'existence d'un coryza antérieur, dont les mucosités coulent constamment sur la Jèvre, est une cause d'échec, et doit dès lors faire remettre l'opération.
Ainsi, l'opération est presque toujours efficace. En outre, elle est presque toujours d'une bénignité extrême; mais ici il faut établir une distinction. Les tout jeunes enfants supportent mal, en effet, les pertes de sang, et de là des discussions, fort anciennes déjà, sur l'âge où il convient d'opérer le bec-de-lièvre. Je me bornerai à mentionner les débats de l'Académie royale de chirurgie, de l'Académie de médecine (1845) ('), delà Société de chirurgie de Paris (1856, 1805, 188-4), les mémoires récents publiés en Allemagne par HofTa, par Eigenbrodt('); en voilà assez pour prouver qu'en tous temps, en tous lieux cette question a été agitée. Il n'est pour ainsi dire pas d'âge, de un jour à quatre ou cinq ans. qui n'ait été donné par quelque chirurgien comme l'âge d'élection. On est aujourd'hui d'accord pour admettre qu'un débat général n'a pas sa raison d'être; la conduite à tenir dépend de l'état des lésions et de la santé générale.
Pour ne pas opérer un nouveau-né, les seuls arguments sont l'hémorragie et la durée de l'intervention. Or, quoi de moins sanglant et de plus rapide que la
(') EiGENDBODT, Ueber Hasenscharte. Inaus- Dissofl., II;i klin. Chir., Berlin, 1885, l. XXXII, p. 555 et 575.
le, 1885
1'". GOTTIIELF, Arcll. f.