‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 206 sur 250 · LUXATIOX^ ET FRACTURES DE LAPPENDICE XYPIIOÏDE · texte numérisé non relu

LUXATIOX^ ET FRACTURES DE LAPPENDICE XYPIIOÏDE

La troisième pièce du sternum, longue de 5 à fi centimètres chez l'adulte, commence à s'ossifier dès la troisième année, (|uelquefois plus lard, à dix ou ijuinzc ans. Son ossification se complète entre trente et quarante ou quarantecinq ans. Elle est unie à la seconde pièce par un cartilage qui disparaît d'ordinaire par le progrès de l'ossification, entre cinquante et soixante ans (Sappey). Cette synchondrose ne constitue pas, à proprement parler, une articulation. 11 serait rationnel de voir dans les déplacements de l'appendice xiphoïde des fractures j)lutôt que des luxations, à l'inverse de ce cpTon fait généralement.

Ces lésions sont très rares.

L'appendice xiphoïde peut être renversé en dedans, la jiointe du côté de la cavité abdominale, ou en dehors.

La première variété reconnaît pour cause un traunuitisme direct, coup ou i-liute sur un corps dur. Martin, en 1757, en publia la première observation; Billard, chirurgien de la marine, observa un second cas chez un novice tombé sur le banc d'un canot. Ilamilton(') en a publié un troisième. Le blessé, un iiomme de vingt-huit ans, était tombé en avant de telle façon que l'appendice avait porté sur un chandelier qu'il portait à la main.

L'appendice xiphoïde; refoulé en ari-ière forme avec le sternum un angle plus ou moins rapproché de l'angle droit. Sa pointe appuie sur les viscères abdominaux et particulièrement sur l'estomac. Il en résulte de vives douleurs et des crises de vomissements que signalent tous les observateurs. Martin put réduire l'appendice en le saisissant avec les doigts; Billard incisa les téguments, saisit l'appendice avec un crochet mousse et le ramena en avant; le malade de llainillon avait refusé toute opération. A la longue, les accidents disparurent liiez lui. Douze ans après, il ne soutirait plus sauf quelquefois dans des efl'orts (le toux.

On a noté deux cas de renversement en dehors chez des femmes enceintes. L'un est de Mauriceau; l'autre, très curieux, de Polaillon, qm l'a communiqué, en 1876, à la Société de chirurgie. Il s'agissait d'une l'emme enceinte qui portail un corset très serré. Dans un mouvement de flexion en avant le buse du corset refoulant en bas la base de l'appendice, pendant (|ue l'utérus soulevait sa pointe, une fracture se produisit; la réduction ne put être obtenue. Gallez (de Bruxelles) a encore vu une luxation de ce genre. La rédur'tion s'elVectuait brusquement comme un ressort.

Il ne faudrait pas prendic pcjur des l'raclures anciennes non réduites les malformations de l'appendice {|ue nous avons déjà signalées. L'erreur n'aurait pourtant pas une grande importance.

Cl IIamilton, Traité jiralique des fractures et des luxations, liaU. .1. Poinsol. Paris, 188i. p. 193.

[J J. PEKHOT ]

-16 riUCTURES KT LUXATIONS DU STERNUM ET DES COTES.

Au cas où les manœuvres externes de rédiiclion ne réussiraient pas, et s'il existait des troubles gastriques sérieux, il ne i'audrail ]ins hésiter soit à imiter la conduite de Billard, soit à réséquer l'appendice.

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