DE LA CHIRURGIE PULMONAIRE
Longtemps soustrait à l'action des chirurgiens, le poumon a été de la part de ces derniers l'objet de tentatives récentes, plus ou moins heureuses. Nous retrouvons dans cet organe des lésions analogues à celles qui se voient dans le reste de l'économie : abcès, gangrène, tumeurs, kystes hydaliques, surtout tuberculose. Une seule lui est absolument spéciale, la bronchectasie. Mais la fonction toujours active du poumon, sa grande vascularité, ses connexions avec le sac pleural rendent chez lui difficile et souvent dangereux l'emploi des méthodes thérapeutiques qui sont de mise ailleurs.
On intervient chirurgicalemenl dans les afl'cctions pulmonaires de trois façons différentes : parla ponction, par l'incision, par l'excision du poumon.
a. Ponction du poumon. — Théoriquement la ponction du poumon, suivie ou non de lavages antiseptiques, peut être essayée dans les abcès et dans les kystes hydaliques de cet organe. La pneumotomie est plutôt indiquée, et c'est elle en effet qui a toujours été mise en usage dans les observations que nous possédons.
La ponction du ^Mrencltyme, suivie d'injections interstitielles avec des solutions nnliseptiques diverses, a été employée un assez grand nombre de fois avec peu de succès d'ailleurs. Essayée dabord chez les animaux par Fraenkel, elle l'a été ensuite chez l'homme dans des affections purement médicales comme la pneumonie; mais c'est surtout la tuberculose que la plupart des expérimentateurs ont eu en vue. Truc et Lépine {Lyon médical, o mai 1885) injectaient, dans le but de modifier le terrain tuberculeux, de l'alcool à 90 degrés, tenant en dissolution 1 k i pour 100 de créosote. Ils n'ont pas eu d'accidents immédiats; mais, pour eux, celte pratique n'est acceptable qu'avec des lésions peu étendues et qui n'ont pas dépassé le premier degré. Encore faut-il faire des réserves même pour ces derniers cas, les plus favorables de tous assurément.