PARASITES DE LA MAMELLE
la peau, rengorgcmi-iiL içaiii^lidiinairc, se |iro(liiiscnl on cas de t^omine dès le deuxième ou le troisième mois, tandis (lu'eii cas de néoplasme ces deux phénomènes n'apparaissent que bien plus tardivement. Malgré tout, on ne peut guère affirmer le diagnostic que tpiand on trouve réunie à la rapidité de la nuirche la présence d'autres lésions syphilitiques. Hors ce cas, il est à peu près imijossihle de dilTérencier sûrement les gommes du sein des maslites chroniques vulgaires ou de la tuberculose de la mamelle; on ne peut guère avoir que tles présomptions; mais c'est déjà beaucoup de soupçonner la nature du mal; ce soupçon conduit à instituer le traitement spécifique, et cela suffit pour sauver les malados de l'opération, car les gommes du sein sont très sensibles à l'action du Ir.iilement général. Ce traitement doit être ce qu'il est toujours en cas de .sy[)liJlis l(>rtiaire. 11 ne faut recourir à l'incision que si la gomme est franchement abcédée ci menace de s'ouvrii' sponlaiiémciiL
CHAPITIiK VI PARASITES DE LA MAMELLE
En dehors des échinocoques, on a constaté ou cru constater dans la mamelle l'existence de quelques autres parasites animaux. On trouve dans le Journal des srtt'aHte, du 17 mai 1666 ('), une lettre écrite de Chartres, cjui renferme la phrase suivante : « Un homme, qui lirait le lait trop abondamment de sa femme, vit sortir du mamelon un ver qu'il retira avec la main. Ce ver était long de quatre pouces, composé d'anneaux, muni de deux rangées de pieds.... » Haussmann(-) a rassemblé cjuelques observations du même genre. Je dirai, avec Billroth : il n'y a pas lieu d'insister sur ces faits; il faut attendre qu'ils soient mieux constatés. Je mentionnerai cependant le cas rapporté par Cezilly('), où deux dragonneaux ont séjourné longtemps sous une des glandes mammaires.
Le ver macaque de la Guyane, qui détermine des lumeiu's superficielles ne dépassant guère le volunie d'un gros furoncle, n'a pas grand intérêt.
Kystes hyd.vtiques. — Le premier cas de kyste hydalique de la mamelle parait avoir été observé par de Haen. A. Cooper, qui donnait le nom d'hydatide de la mamelle à diverses affections caractérisées par l'existence de kystes, a rapporté deux cas de véritables kystes hydaliques. C'est une alïection fort rare. Velpeau n'en avait jamais rencontré. Billrolh, en 1880, n'en avait pas vu un seul cas. Les médecins d'Irlande, qui observent un si grand nombre de kystes hydatiques, affirment que ceux de la mamelle sont très rares. Bergmann ('), sur 102 cas d'échinocoques, en compte là dans la mamelle. Mais ces chilîres sont bien loin de donner la proportion réelle des kystes hydatiques du sein. Il est hors de doute qu'un grand nombre de kystes hydaliques des autres régions tombent dans l'oubli, tandis que ceux de la mamelle sont presque tous publiés comme faits
(I) El dans la Collecl. acad., t. I, p. Toô.
(*l Hacssmann, Die Parasitai der Brusldriiae, 187 i.
P) Cezilly, Thèse de Paris, 1858.
(') Dorpater med. Zeitschrift, t. I, ji. 73, 1871.
PARASITES DE LA MAMELLE. 8bl
curieux el rares. Bœcker ('), sur i77(l malades traités à la Charité de P.erlin, compte 5") kystes hydaliques. Pas un n'occupe la mamelle. Haussmann, en 1874, en avait relevé 16 cas. En 1891, j'ai pu en réunir 2i observations, qui m'ont permis de tracer l'histoire de cette afi'ection(*). Les quelques observations publiées depuis cette époque n'ont apporté aucun élément nouveau dans la question.
Étiologie. — Jusqu'ici les kystes hydali(|ues de la mamelle n'ont été observés que chez la femme, sauf dans un cas de Gerdy, qui est sujet à contestation. Il s'agissait d'un enfant qui n'avait pas encore trois ans, et qui « portait au sein une tumeur étendue de la clavicule au niveau de l'appendice xiphoïde et du sternum jusqu'au delà du bord axillaire du scapuluni qu'elle recouvrait ». S'il s'agissait vérilal)lcment d'un kyste hydaticpie, on ne peut en tout cas aflunier qu'il s'était développé dans la mamelle.
Au point de vue de l'âge, les 15 cas où l'on trouve des renseignements exacts à ce sujet se répartissent de la manière suivante : 6 cas de 20 à 50 ans, 2 de 51 à 40 ans, 4 de 41 à ÔO ans, 1 ;\ 51 ans. La plupart des malades avaient eu des enfants.
Le traumatisme n'est signalé que dans deux observations.
Anatomie pathologique. — Sur 8 cas où le côté est noté, la mamelle droite a été prise 5 fois, la gauche 5 fois. On ne peut rien conclure d'un aussi petit nombre de laits. Toutes les parties de la glande peuvent être envahies, et il ne parait pas que certains segments soient pris de préférence à d'autres.
Au point de vue des hydatiques mêmes, voici les quelcjues particularités que présentent celles du sein. Ces kystes sont formés d'une seule vésicule mère contenant ou ne contenant pas de vésicules filles. Dans 2 cas (Le Dentu, Symonds), il est spécifié que le kyste était uniloculaire. Les vésicules filles, lorsqu'elles existent, sont généralement peu nombreuses.
Le premier cas de kyste alvéolaire, à végétation exogène, a été ol;>servé récemment par Goinard et Sergent ("■).
Dans le sein comme ailleurs, la vésicule mère s'entoure d'une capsule con-
{') BœcKEK, Zur Slatistik der Echinacorcen. Thèse de Berlin, 1808.
(-) Je n'ai pu me procurer le travail d'Haussmann. Il est possible (]uc quelques-uns des \'i cas qu'il avait rciunis m'aient échappé. Voici les indications bibliographiques des '2i observations que j'ai pu consulter. Je les range par ordre alphabétique :
BÉKARD, Diagiioslic dijf. des tumeurs du sein, p. 81. — Bermond, Gaz. des hop., 1800. p. 270.
— BiRKETT, Diseases of the brcasi, et The Lnnret, 2 mars 1807, p. 205. — Bryant, Trans. of llie jjiithiil. Soc. of London, iSOO, p. 270. — A. Cooper, Locq citato, p. 518 (2 obs.). — Bransdy CooRER, Gm/s hosp. rep., octobre 18iO. — Dudreuil, Bull, de la Soc. de chir., 9 avril 1800, p. 205. — DuprYTREN", Revue méd. franc, et élrancj., 1829, t. I, p. 359. — Fischer, Deutsche Zcitsclirift f. Chir., 1881. t. XIV, p. 566. — Cooper Forster, Gûy's hosp. rep., 1856. — Gardner, l.ancet, 1878, t. I, p. 851. La base du kyste était dans le grand pectoral. — Gerdy, Bull, d:; t'Acad. de méd., 184H84d, p. 517. Cas douteux. Il s'agissait d'une enfant de trois ans, qui portait une énorme tumeur étendue de la clavicule à l'appendice xiphoïde, et du sternum au bord axillaire du scapuluni. — De Haen, t. III, par. VII, chap. ni, par. 3, p. 322. — Henry, l'he Lancet^ 23 nov. 1801, t. II, p. 497. — Jonassen, Jahresb. von Virchow-Hirsch, 1877, t. II, p. 219. — Lauenstein, Thèse de Gœttingen, 1874. — Le Dentu, Gaz. méd. de Paris, 1873, p. 17.
— Malgaigne, Gaz. des Impit., 1855, p. 556. — Roux, Journal génér. de méd. de Scdillot, 1819, t. LXVIl. — Saucerotte. Mélanges de chirurgie. — Sv.monds, Trans. of the pathut. Soc. of London, 1887, p. 4i8. — White, Lancet, 1838-18Ô9, t. XXXVI, p. 210.
Il faut ajouter un cas de Moutet, publié dans les Annales clin, de Montpellier, 1850, p. li. Je n'ai pu me procurer ce recueil dans les bibliothèques de Paris. (■•) Goinard et Serrent, Arch. prov. de chir., novembre 1897.
[P DELDET ]