‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 235 sur 250 · M4 MALADIE DE PAGET · texte numérisé non relu

M4 MALADIE DE PAGET

cancoi' iiianimaii'O proprcincnl tlil, la qucslion no se pose mémo pas, puisquo los prétendues coccidios n'y ont pas été rencontrées.

Je n'ai parlé jusqu'ici que de l'opinion qui consiste à considérer riiicération de la maladie de Paget comme étant d'une nature spéciale. Je dois ajouter qu'on l'a regardée comme étant dès le début cancéreuse. Il est vrai que l'ulcération peut devenir l'origine d'un épithéliome cutané; mais à son début elle n'en a pas les caractères. Les altérations liistologiques, la lenteur de l'évolution, l'absence constante d'engorgement ganglionnaire permetleni d'aflirmor qu'il ne s'agit pas primitivement d'un épithéliome.

En somme, l'ulcération de la maladie do Paget n'est certainement pas au début un épithéliome. Il n'est pas démontré ([u'elle soit d'une nature spéciale. D'autre part, la relation entre l'ulcère et le cancer glandulaire profond n'est pas évidente. On peut donc se demander s'il ne s'agit pas de simple coïncidence, et par suite si la maladie de Paget a une existence réelle.

On comprend qu'en présence de ces incertitudes je no cherche pas à donner de caractères qui permettent de distinguer l'ulcération de la maladie de Paget, de l'eczéma. Toutes les ulcérations chroniques et rebelles, qui présentent les caractères que j'ai indiqués plus haut, doivent être tenues pour équivalentes jusqu'à nouvel ordre. Au point de vue clinique, ce qu'il faut faire quand on trouve une ulcération de ce genre, c'est d'examiner soigneusement toute la glande et les ganglions pour voir s'il n'y existe pas quelque tumeur.

Le traitement présente une grande importance. Si nous en croyons Wickham('), en Angleterre, « aussitôt le diagnostic fait, les chirurgiens n'hésitent pas à amputer, quel que soit le degré des lésions superficielles, n'y eùt-il pas la moindre apparence de transformation maligne ». Celte manière de faire me paraît tout à fait condamnable. Tant que le cancer ne s'est pas développé, on n'a pas le droit d'amputer, parce qu'on n'est pas sCir qu'il se développera. En tout cas, si l'on se décidait à faire l'ablation du sein, ce ne pourrait être que sous la pression de quelque symptôme pénible, ol non pas pour éviter un cancer, qui peut très bien ne jamais survenir.

Ce qu'il faut soigner, c'est l'ulcération : malheureusement elle est très rebelle; et, si l'on arrive à l'améliorer, on n'arrive guère à la guérir complètement. Le traitement qui paraît donner le meilleur résultat, c'est celui que Darier a employé. La malade a été tellement améliorée, qu'on peut admettre qu'avec un peu plus de docilité et de persévérance elle eût été complètement guérie. Ce traitement consiste en applications d'une solution caustique de chlorure de zinc au tiers, puis d'emplâtre de Vigo, alternant avec une pommade à l'iodcformc au vingtième. Si ce traitement échouait, je pense qu'il faudrait faire l'ablation de la surface ulcérée, et combler la perte do substance par une autoplastie.

(') Wu.KU.VM, loro cilalu, p. 16S.

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