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préparation de Cazin.
(•) Doutreleponl [Arch. fiir blin. Cliir., t. XU, p. .Vil) est, je crois, le seul iiui ait constulô des altérations des glandes de la peau. 11 s'agissait d'un cancer colloïde. (-) Christian!, Arch. de phys., 1887.
P) PiLLiET, Bull, de la Soc. anat., mai 1888, p. 585. — Oiiîy, Thèse de Paris, 1890. (') M.woR el OcÉNU, Revue de chir., 1881, el l. I, p. TiSS, de ce trailé.
TUMEURS ÉPITIIÉLIALES. \\\7,
avec les lymphatiques, on plulùl ce sont de simples espaces lymphaliques élargis. On comprend donc que les cellules épilhéliales qui les occupent puissent facilement gagner les troncs lymphaliques. Elles sont alors entraînées au loin, et, si elles trouvent un terrain favorable, elles s'y grefl'ent et reproduisent par leur développement une tumeur semblable à celles dont elles viennent. La première étape où elles s'arrêtent d'orrlinaire c'est le ganglion. Il semble que le ganglion constitue dans une certaine mesure une barrière à la propagation. Mais, quanil il est devenu lui-même cancéreux, il forme un nouveau foyer de dissémination. Le transport par les lymphaliques se fait de deux façons : tantôt les cellules épithéliales passent dans les troncs sans les altérer, c'est ce qui arrive le plus souvent à la mamelle; tantôt elles se greffent dans les troncs eux-mêmes et il se développe une véritable lymphangite cancéreuse (').
J'ai indiqué en gros la structure, l'origine et l'évolution du cancer épilhélial, il me reste à montrer les diverses altérations que peuvent subir les éléments qui le constituent et les modifications qui en résultent dans le type de la tumeur.
Je n'étudierai pas les cellules épithéliales altérées avec leur polymorphisme, qui les a fait considérer autrefois comme caractéristiques du cancer, et leur a valu le nom de cellules cancéreuses. Je n'indiquerai que les altérations qui modifient le type anatomique ou clinique du néoplasme.
Dans les épithéliomes, les cellules épithéliales subissent parfois une sorte de désintégration granulo-graisseuse, et il en résulte la formation de kystes rarement considérables, souvent très nombreux.
Dans d'autres cas, les cellules présentent l'évolution muqueuse ou colloïde. C'est surtout dans le carcinome alvéolaire qu'on observe cette dégénérescence; elle constitue le carcinome muqueux ou colloïde, Gallertkrebs des Allemands. C'est une forme assez rare dans la mamelle. Billroth en cite 7 cas, plus 1 personnel. En voici un nouvel exemple, que je dois à Cazin. On voit que (fig. 185) les alvéoles sont complètement remplis par une masse colloïde, dans laquelle on distingue à peine quelques vestiges de cellules. Il n'est pas rare que, dans les tumeurs de ce genre, les travées conjonctives soient œdémateuses; les fibrilles sont alors séparées par une substance claire et les préparations prennent une netteté idéale. L'évolution colloïde n'est pas un simple incident dans l'évolution du carcinome : elle constitue une véritable variété, car elle se reproduit dans les tumeurs secondaires.
Du côté du stroma on rencontre atssi des particularités nombreuses. Dans les points où le processus envahisseur est actif, on voit autour des boyaux épithéliaux une grande quantité de cellules embryonnaires. Dans certains épithéliomes le stroma reste même partiellement embryonnaire. Ce sont des formes très malignes, à évolution extrêmement rapide. La prolifération des cellules épithéliales est, semble-t-il, si abondante, que le stroma n'a pas le temps de la suivre et reste à un état presque embryonnaire au lieu de subir son évolution complète et de devenir fibreux.
Quelquefois le stroma subit une dégénérescence myxomaleuse; ainsi se forme l'épithéliome myxoïde, dont voici un exenqjle (fig. 184). Il faut bien se garder de confondre cette forme avec le carcinome colloïde, dans lequel la disposition est en quelque sorte inverse. Dans le carcinome colloïde, c'est la partie épithéliale qui est modifiée et présente l'évolution colloïde; au contraire, dans l'épi-
(') TiioisiEn, Tlièsc de Paris, 1S74.
ÏR.VITÉ DE CIIIRUROIE, 2» Oflit. — V. 58
[P. DELEET.]
TUMEUUS DE I.A MAMELLE.
FiG. 184. — D'après une préparation d'Alljarran.
thélioma myxoïde, c'est k; slroina qui dcvioiil mYX(jiufilciix. QiiclqiKîfois le slroma myxoïde envoie des prolongemcnl.s vasculaire.s dans l'épaisseur des boyaux épilhéliaux; el, suivant le hasard des coupes, on trouve au milieu des
cylindres épithéliaux la -, j;imJimZr -''-^"" "^^fl -'''J.^» ' <• r seclion de ces prolon-
tçements myxomalcux, j ([ui se présentent sous ^ lormcde corps arrondis >, ou ramifiés et très ré- Iringenls (fig. 185 A.
V). Ce sont ces corps (ju'on avait appelés ( orps oviformes, et sur 1 interprétation des- (juels on a émis tant d'hypothèses ('). Les tumeurs qui les présentent ont reçu le nom de ( ylindromes. On voit que ce sont des épilhéliomes dans lesquels le stroma subit une dégénérescence myxomateuse et envoie des prolongemenis dans l'épaisseur des boyaux épithéliaux, ainsi qu'on peut très bien s'en rendre compte sur la figure (B. B.). Les tumeurs de ce genre sont fort rares dans le sein. En voici un exemple que je dois à Laiteux (fig. 185). Enfin, on rcn- '~ ~~ contre quelquefois, dans les tumeurs du sein, des noyaux calcifiés, des noyaux de cartilage calcifié (^), ou même des petits fragments d'os.
Sans subir aucune espèce d'altération ni de modification de structure, le stroma peut présenter bien des variétés. Tout d'abord, la proportion entre l'élément épithélial et l'élément conjonclif a une grande importance. Les tumeurs où l'élément épithélial domine, formant de gros boyaux séparés par de minces
travées, sont molles et à marche rapide; c'est ce qu'on apjielail en clini([ue les encéphaloïdes. Elles sont plus molles et plus rapides encore si le stroma reste à l'état embryonnaire. Le stroma abondant et franchement fibreux produit au contraire ces tumeurs dures auxquelles on donne le nom de squirrhe. Dans
(') Voy. M.\LASSEZ, Arch. de plu/s., 15 fév. 18S"), p. 123.
(^) Heurtau.x, Cancer osléoide du sein. Mcin. de la Soc. de dur., l. \'1I, p. L
Fig. ]8o. — D'après une prùiiarnlion (le Laticux.