TUMEURS ÉPITHÉLIALES
certaines lumeuis, les boyaux épilhéliaux sont rédnils à presque rien. C'est à peine si l'on trouve quelques rares traînées épitliéliales enfouies clans un tissu conjonctif abondant, fibreux et renfermant une grande quantité de fibres élastiques. C'est là ce qui constitue le squirrhe atrophiqua.
Le développement des épilhéliomes s'accompagne toujours d'une prolifération vasculaire considérable. Mais ultérieurement les vaisseaux peuvent subir diverses altérations cl être en partie étouffés ou détruits. L'apport sanguin devient alors insuffisant, et des parties considérables de la tumeur entrent en régression. On trouve très souvent dans les cancers de larges îlots régressifs, et quelquefois, lorsque la tumeur est ulcérée, do larges fragments se détachent et s'éliminent. Mais jamais le processus destructif ne porte sur la totalité de la tumeur; et il n'y a pas un seul exemple authentique de guérison définitive produite par élimination spontanée. On a admis pendant longtemps, après Cruveilhier, que la caractéristique du cancer au point de vue macroscopique était le suc qu'on peut recueillir en raclant la surf^ace d'une coupe avec le bistouri. Ce suc cancéreux aurait eu pour caractère particulier d'être miscible à l'eau. On n'attache plus aujourd'hui grande importance à ce suc, qu'on peut trouver dans les sarcomes et même dans certains fibromes.
Ce qui caractérise surtout le cancer à l'œil nu, c'est son adhérence intime, sa fusion avec les tissus voisins. L'aspect macroscopique des coupes varie à l'infini. « Le squirrhe, petit, dur, résistant, offre à la coupe une surface lisse, blanchâtre ou d'un blanc grisâtre, parsemée souvent de points jaunâtres caséeux ; l'encéphaloïde, plus volumineux, moins dur, présente une section d'une couleur mate, grisâtre, avec de nombreux points rouges hémorragiques. Tandis qu'il est rare de rencontrer dans le squirrhe des cavités kystiques, qui d'ailleurs ne dépassent jamais Uii petit volume, il est au contraire assez fréquent de voir, au milieu de tumeurs encéphaloïdes, des kystes plus ou moins volumineux, renfermant un liquide séreux, sanguinolent, ou même rempli par du sang pur ou altéré. » (Duplay.)
Étiologie. — Je laisse de côté l'étiologie générale du cancer, qui a été traitée dans le premier volume de cet ouvrage, et je m'occupe seulement de ce qui a trait à la mamelle.
La fréquence du cancer du sein, absolument parlant, est considérable. Elle est considérable encore par rapport à celle des tumeurs bénignes. Toutes les grandes statistiques arrivent sur ce pointa des résultats presque identiques. Le cancer représente de 82 à 84 pour 100 de toutes les tumeurs de la mamelle.
Il est à peine besoin de dire que le cancer du sein est infiniment plus fréquent chez la femme que chez l'homme. Schulthess (') trouve une proportion de 98,6 pour 100 chez la femme et de l,o'i pour 100 chez l'homme, ^^'illiam (-) compte 25 hommes pour 2597 femmes. Ce qui donne à peu près la même proportion de l,Oi pour 100.
Au point de vue de l'âge, voilà un tableau emprunté à Schmidt, où sont consignés les résultats des principales statistiques. On y voit que le plus grand nombre de cancers se développent entre 40 et 60 ans, et que ceux cju'on a jui observer avant 25 ans et après 70 ans sont de très rares exceptions.
(') Schulthess, Bcilriiijc ziir klhi. Chir. Tubinguc, 188'J, l. IV, p. 445. (.-) WiLLi.\M, Lancet, 18811, t. II, p. 201.
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