ARRÊTS DE DÉVELOPPEMENT DE LA FACE ET DU COU
Les kystes dermoïdcs du cou sont presque toujours le type des kystes dermoïdes simples, ne contenant que de la matière sébacée et des poils, et même peu de poils. Sur des pièces examinées par Robin, Neumann, Baumgarlen il y avait association de la paroi dermoide et de la paroi mucoïde. D'autre part, certains histologistes ont quelquefois trouvé dans la paroi du tissu lymphoïde, autour de la membrane dermoide, et de là -Lûcke, J. Bœckel, M. Schede, .1. Albarran (') ont conclu à la participation des ganglions lymphatiques. Mais Pilliet fait remarquer que, vu l'abondance du tissu lymphoïde autour du pharynx, dans la zone branchiale par conséquent, cette participation n'est nullement nécessaire. Peut-être donc les kystes ganglionnaires du cou, sur lesquels on a beaucoup discuté autrefois, sont-ils une variété des kystes branchiaux. C'est la conclusion de Darier, après examen d'une pièce que je lui ai remise et dont la description a été publiée dans la thèse de mon élève Mlle Sulicka.
Weiss, Gillette et Malherbe (de Nantes) (■) ont observé au cou des kystes à contenu huileux. On a parfois attribué une origine traumaliquc à ces kystes, rencontrés chez l'adulte. Mais si l'on s'en rapporte à ce que nous savons sur les divers kystes huileux étudiés hislologiqueracnt ('■), il est probable qu'il s'agit de kystes dermoïdes pendant longtemps latents.
Virchow, de Saussure Ford ont décrit des kystes dermoïdes complexes, contenant des masses ostéo-cartilagineuses. Mais nous nous rapprochons alors des tératomes au moins autant que des kystes par simple enclavement. S'agit-il d'un processus néoplasique ayant envahi secondairement un de ces kystes? Le fait est possible, car il existe certainement des épithéliomas qui ont pour point de départ un kyste dermoide pendant plus ou moins longtemps inconnu cl Volkmann nous a fait connaître ces carcinomes branchioyènes, vérifiés depuis par Bruns, Quarrey Silcock, Regnault, Reverdin et Mayor (').
Les kystes raédians ont eux aussi, la plupart du temps, des connexions avec le squelette. Il faut les diviser en plusieurs groupes.
Ceux de la région sus-hyoïdienne appartiennent cliniquement au plancher de la bouche. Ils se fixent, souvent par un prolongement plein ou canaliculé, soit à la symphyse du menton, soit au corps de l'os hyoïde. Ils sont de structure dermoïdc.
Ceux de la région thyro -hyoïdienne constituent la grande majorité des kystes mucoïdes du cou, revêtus d'un épithélium cylindrique, souvent vibratile. Il faut d'ailleurs ajouter qu'en cette même région il y a des kystes dermoïdes. On a d'abord cru qu'ils étaient la règle, mais depuis que les recherches sont mieux faites, ils sont devenus plus rares.
Tachard a vu un kyste dermoïde médian inférieur adhérer à la Iracliée; Desprès au sternum. On peut en rapprocher les kystes dermoïdes ou mucoïdes raédians vus au-devant du sternum par divers auteurs. Ces faits, dont j'ai observé un exemple, ont été récemment réunis par Waitz dans sa thèse ("').
Certains kystes médians inférieurs plongent dans le médiastin. J'en ai opéré
(') Alu.\rr.\n, Dult. de la Soc. anal., 1885, p. 298.
(*) M.\LHERBE, Bull, et mém. de la Sor. de cliir., 1878, nouv. série, l. IV, p. 2.")7.
(') Voy. A. Broca et Vass.^ux. Arch. d'opht., juilicl-aoùl 1883.
(5) VoLKM.\NN, Centralblatt fiir Chir., 1882, n' i, p. 49. — Regnault, Arch. fiir hiin. Chic, 1887, t. XXXV, p. 50. — Richard, Bruns s Beitrage zur klin. Chir., Tubingen, 1887, t. III, p. 105. — Reverdin et Mayor, Revue méd. de la Suisse romande, 1888, p. 162.
(') Waitz, Thèse de doct. de Paris, 189U-1807, ii° 601.