‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 31 sur 250 · PATIIOCIEXIE DES KYSTES BRANCHIAUX DU COU · texte numérisé non relu

PATIIOCIEXIE DES KYSTES BRANCHIAUX DU COU

un dont la poche descendait devant la trachée jusqu'à la crosse de l'aorte, et dont le pôle inférieur adhérait intimement à la gaine du thymus, qui fut ouverte au cours de l'opération. Ce fait nous conduit aux kystes du médiastin, auxquels Marfan, puis Dardignac ont consacré des monographies. Marfan a fait voir que leur siège, presque constant, est la partie supérieure du médiastin antérieur (').

Pathogénie. — Les kystes dermo'ides et mucoïdes, quoique souvent ils ne soient recminus que tardivement, ne peuvent guère s'expliquer que si l'on admet l'existence d'une poche à paroi épithéliale, liée à une soudure incomplète du système branchial ou de ses dépendances. C'est la théorie de l'enclavement, émise pour la première fois par Verncuil en i852, appliquée aux kystes dermo'ides du cou en particulier par "W. Roser en 1859. Cette théorie ne doit sans doute pas être généralisée pour tous les kystes dermoïdes, mais pour ceux du cou elle semble solidement établie.

Les kystes latéraux dermoïdes sont probablement dus au pincement, dans la profondeur, d'une des rainures branchiales au niveau du sinus priée ervicalis. Les kystes mucoïdes latéraux, plus rares, sont sans doute dus à l'enclavement du cul-de-sac du conduit branchial de Rabl, au niveau de la deuxième poche branchiale; et ce que j'ai dit des connexions de ce conduit avec le sinus prœcervicalis explique la possibilité des kystes à paroi mixte. Peut-être certains kystes mucoïdes latéraux sont-ils en relation avec l'évolution vicieuse d'une des invaginations Ihymique, thyroïdiennes latérales et de leurs dépendances, nées d'ailleurs elles aussi dans le fiindus branchialis. On le voit, l'analogie pathogénique est grande avec les flstules congénitales, et d'autres faits encore parlent en faveiu' tle cette assimilation. .Max Schede a noté l'existence d'un kyste dermoïdc chez un garçon dont la sœur portait une fistule; souvent les fistules borgnes se terminent dans une véritable ampoule, et par contre les faits de Larrey(-), S. Duplay, Neumann, Baumgarten prouvent que les kystes dermoïdes du cou ont volontiers une forme canaliculée.

Pour les kystes médians, on ne saurait invoquer les rainures et poches branchiales, le sinus prœrcrviralis, toutes formations qui n'existent pas au niveau du champ méso-branchial.

Les kystes du plancher buccal, toutefois, s'expliquent encore assez bien si l'on admet un enclavement produit entre les arcs mandibulaires et au-dessous d'eux, à une période très précoce, avant la formation du tubercuhtm impar.

Quant aux kystes thyro-hyoïdiens, je crois pouvoir passer complètement sous silence la théorie de Boyer, théorie dite de rhygroma(^). Quoi qu'on en ai dit, il n'y a pas très longtemps encore, le revêtement épithélial implique une origine congénitale. Or ici nous rencontrons l'invagination thyroïdienne médiane, celle qui passe entre la base et la pointe de la langue et va traverser la membrane thyro-hyoïdienne, et sur tout son trajet nous trouvons des canaliculcs persistants sur une longueur plus ou moins grande à partir

(') Marf.\n, pazctlc hebd. de méd. et de chir., ISOI, [i. ô'Ji. — Dardignac, Revue de chirurgie, 1894, p. 77»;.

(-) Larrey. Bull, de la Soc. de chir., Paris, 185'2-185.j, t. III, p. 489, 503, 507.

(5) DuPUYTREN, Gaz. des hûpit., 1831, p. 101. — Vernecil, Archives gén. de méd., -1853, t. 1, p. 185 ol 45(1. — LuscHKA, Arch. fiir palh. Anat. und Physiol., 1864, t. XX.X, p. 254. — Affre. Thèse de ilorl. de Paris, 1875. n° 575. — Ulliac, Thèse de doct. de Paris, 1878. n»'201.

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