‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 33 sur 250 · TRAITEMENT DES KYSTES BKANC.HIAUX DU COU. T · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES KYSTES BKANC.HIAUX DU COU. T

Nous avons donc l;ï une de ces /htiili'.'i secondaires donl, sponlanénienl, les divers kystes branchiaux du cou sont coutumiers, et des kystes latéraux peuvent ainsi devenir secondairement fisluleux. Mais il est un point sur lequel j'ai déjà attiré l'attention et sur lequel je veux insister a nouveau. Parmi les fistules latérales secondaires, il en est certainement qui, à la soudure superficielle près, sont paihogéniquemcnl identiques aux fistules primitives, borgnes ou complètes. Mais les fistules médianes secondaires sus-hyoïdiennes et Ihyrohyoïdicnnes ne peuvent pas être primitives, pas plus qu'elles ne peuvent être pharyngiennes, et tout ce qu'on peut admettre théoriquement, comme fistule complète, c'est une fistule sous-hyoïdienne secondaire située au-dessus de l'isthme du corps thyroïde et allant jusqu'au canal de Bochdalek et au foramcn necvm. Le canal de Bochdalek représente ici la fistule borgne interne.

Cette fistulisation secondaire est le résultat de phénomènes inflammatoires aboutissant à la suppuration du kyste, et dans ce cas on a trouvé, ce qui est naturel, des microbes pyogènes dans le pus (').

Le diagnostic, en dehors de la notion de congénitalité, n'est possible que par exclusion et sera fondé surtout sur les caractères négatifs de la tumeur. Pour les kystes thyro-hyoïdiens, si l'on connaît leur possibilité, on ne se trompera jamais. Pour les kystes latéraux, l'indolence, la forme souvent cylindroïde, la lenteur de la marche sont des caractères importants. Dans un cas comme dans l'autre, on examinera par le toucher et au laryngoscope la région glosso-épiglottique et la base de la langue, parfois soulevées par un prolongement kystique (^).

La marche est essentiellement chroni([ue, et le pronostic est bénin, toutes réserves faites pour les rares carcinomes branchiogènes précédemment signalés.

Traitement. — On a obtenu quelques succès, pour les kystes à structure î-mple, par les injections irritantes, à la teinture d'iode surtout, faites dans 1& poche complètement évacuée. Mais c'est une méthode presque toujours in>fficace. Comme pour les fistules et pour les mômes motifs, le seul Iralement rationnel est l'extirpation totale de la poche toutes les fois qu'elle est jossible.

L'citirpation complète des kystes médians et fistules est assez aléatoire, en raisoi des diverticules plus ou moins irréguliers que présente le revêtement épithé.al. En fait, même quand on croit avoir bien ruginé l'os hyoïde, à la face postériure duquel la paroi adhère, les récidives sont fréquentes. Tous les chirurgien: les signalent; aussi ai-je coutume de réséquer franchement tout le corps dclos hyoïde.

Pour is kystes latéraux, l'extirpation totale est quelquefois rendue difficile

(') Ori coiuUeia sur ce sujet un chapitre du livre de Lannclongue cl Ménard, p. 208. (-) Dans c<tains cas, ebservés depuis qu'on est éclairé sur la palliogénie de ces kystes, on a en cITet soiré à examiner la base de la langue. Ainsi, Lichtwilz a vu la région glossoépiglottiiiue tulevéc par une tumeur rosée, dont on renvoyait, par le palper bi-manuel, la fluctuation jutu'à la poche préthyroïdienne; il existait un peu de gène respiratoire et de raucité de Id lix. La tumeur n'ayant pas été enlevée mais ayant guéri par injection irritante iodée, l'emen histologique n'a pas été pratiqué; d'autre part la tumeur n'était pas médiane, mais lérale droite. On doit donc rester dans le doute sur la nature exacte du kyste, qui n'est ^obablement pas Ihyro-hyoïdien (Gazette hebd. des scieuces méd. de Bordeaux, 1896, p. 069).

r,f; VICES DE CONFORMATION PAR EXCES DE COALESCENCE.

par les adlicrences vasculaires, et certains opérateurs ont dû réséquer la jugulaire interne entre deux ligatures. Mais, avec l'innocuité conférée aux plaies veineuses par la méthode antiseptique, il n'y a pas lieu de s'en inquiéter outre mesure. C'est seulement lorsque, le bistouri en main, on aura reconnu l'impossibilité de l'extirpation totale, qu'on se contentera, comme pis aller, de la résection partielle de la poche avec grattage et cautérisation de la partie restante, suturée à la peau ('). Par ce procédé de nécessité, la cure est beaucoup plus longue et la cicatrice est beaucoup plus difforme. Avec un peu d'adresse, en disséquant aux ciseaux courbes, je crois qu'on peut toujours l'éviter.

Page 1