CHAPITRE Plil'MlEK MALADIES DE LA FACE
La face se subdivise en plusieurs régions, à chacune desquelles est consacré un chapitre, et même une partie de cet ouvrage. Mais quelques généralités sont utiles, surtout pour l'étude des lésions Iraumatiques.
BÉiîABD (A.), arl. Face du Dici. en 30 vol., Paris, 1835, l. XII, p. 5'iô. — Le Dentu, arl. Face ilu Xiiuveau Dirt. de méd. et de chin. prat., Paris, 1871. — Weber (O.), Handbuch von Pitha tind BiUnitli, t. III, fasc. 1, 3" partie.p. 86, 1873. — Servier, art. Face du Dict. encyrl. des se. méd., Paris, 1877. — Trendelenburg, Deutsche Chir. von Billroth und Liicke, livr. X.VXIII, Stuttgart, 1886, p. 52. — Jamain et Terrier, Manuel de pathologie externe, 3" éd., par Terrier, Broca cl Hartmann, Paris, 1887, t. III, p. .550 (hibliographie).
LÉSIONS TRAUMATiaUES
Les parties molles seules seront envisagées ici, car les lésions Iraumatirjues des maxillaires sont déj.ù décriles(').
A. — CONTUSIONS
Les contusions sont fréquentes, chez les enfants surtout, qui tombent à chaque instant. Eiles ont pour siège de prédilection les régions saillantes : rebord orbitaire, os malaire, nez, menton. Lorsque le plan osseux est superficiel, Tépanchement sanguin se collecte en une bosse, comme au cuir chevelu. Dans les points où les tissus sont lâches, il s'infdtre et il y a un gonflement considérable, mais qui cesse rapidement, et l'ecchymose disparaît ensuite en passant par ses couleurs habituelles.
(') Voy. t. IV, p. 7.5;i.
MALADIES DE LA KAC:i:.
Le Irailement est à peu près nul. On peut écraser les bosses sant;uincs el. appliquer quelques compresses humides antiseptiques sur la peau, souvent un peu excoriée, des parties contuses.
Variétés. — Les plaies de la face sont produites par des instruments piquants, tranchants, contondants et par des armes à feu.
1" Pour les plaies par instrument piquant., la seule particularité digne de r.^marque est la pénétration possible de la pointe dans une cavité où elle se brise : ainsi dans le sinus maxillaire, l'orbite, le crâne.
"i" hes plaies par instrument tranchant aonl dues à des coups de couteau ou de sabre, à des chutes contre un vitrage ou sur des débris de verre. Dupuytren semble avoir exagéré leur tendance à l'écarlement. Boyer signale, à la joue surtout, l'interposition fréquente de pelotons adipeux, qu'il faut réséquer ou réduire si l'on veut que la suture soit exacte. L'abondance des nerfs de la région explique que ces plaies soient fort douloureuses. Vu la richesse vasculaire de la face, l'hémorragie est souvent notable : mais on en vient facilement à bout. Les lésions du squelette sont moins fréquentes que par les piqûres; quelquefois il existe sur les os des sillons superficiels qui n'ont aucune importance.
Les coups de sabre, plus rares ici qu'au crâne, détachent parfois complètement des parties saillantes, ainsi qu'il a été dit pour le nez, pour roreille('). On a observé de même l'abrasion de la pommette, du menton. A un degré moindre, le lambeau, quelquefois énorme, comprenant ou non des lames osseuses, reste adhérent par sa base inférieure, et dans les œuvres de Ravaton, de Dominique Larrey, on trouvera des exemples où pendait au-devant du menton un lambeau formé parle nez, la lèvre supérieure et une étendue variable de la voûte palatine. Ces plaies, d'ailleurs, sont fort contuses, car le sabre y agit par son poids au moins autant que par son tranchant.
5" Les plaies par instruments contondants présentent deux variétés, d'aspect bien différent.
Les unes sont produites de dedans en dehors, dans les régions où le squelette est superficiel et saillant. Le fait est fréquent pour le rebord orbitaire. Il s'observe de même au niveau de la pommette, du bord inférieur du maxillaire inférieur. En regard des dents, il y a quelquefois plaie de la muqueuse et simple contusion de la peau. Ainsi, c'est l'os sous-jacent qui est le véritable instrument vulnéranl, et cela explique comment ces plaies, faites par un rebord osseux tranchant, ont souvent l'aspect de coupures, fait important à connaître pour certaines expertises médico-légales.
Les plaies produites de dehors en dedans sont plus fréquentes. La plupart du temps, elles sont banales, et il n'y a à signaler que leur grande tendance à la guérison. Lorsque la cause vulnérante est intense, et ici il faut ciler les coups de pied de cheval, les délabrements squelettiques sont la règle. Au fond de ces plaies contuses, ditO. Weber, les nerfs, surtout le frontal et le mentonnier, sont souvent ménagés et comme disséqués. Les coups de pied de cheval peyvent créer de véritables arrachements avec formation d'un lambeau raballu en bas et
(') Voy. t. IIL p. 774.