DÉVELOPPEMENT NORMAL DE LA FACE ET DU COU
Les rainures branchiales 'eclodermiques sont peu profondes. Je parlerai des dépressions endodcrmiqiies quand j'aurai éludié le cliamp méso-branchial.
Chacun de ces arcs a un nerf axial : le facial pour le 2'^, le glosso-pharyngien pour le 3', le laryngé supérieur pour le 'f; au ô'^ répond de même l'origine de
la carotide interne; au i"- à gauche, la crosse de l'aorte, et à droite le tronc brachio-céphalique.
Aux dépens du 2'' arc, appelé de ce chef stylo-stapédien, se forment l'étrier et l'appareil suspenseur de l'os hyoïde, y compris les petites cornes. On dit souvent que le corps et les grandes cornes proviennent du 7)' arc ; le fait est très admissible pour les grandes cornes, latérales, mais il semble qu'il faille rattacher le corps, médian, à l'évolution du champ méso-branchial.
2" Champ méso-branchial. — J'ai déjà dit que, au-dessous du premier, les arcs branchiaux ne se touchent pas sur la ligne médiane. Ils restent d'autant plus écartés qu'ils sont plus inférieurs (d'où le déjettement latéral du sinus prsecervicalis), et entre eux est interposé un espace mésodermique triangulaire, à base inférieure répondant à la paroi thoracique; c'est ce que His appelle le champ méso-branchial. Celte région n'a rien d'important à considérer à sa face ectodermique, mais sa face endodermique est fort intéressante. Sa forme, vue de ce côté, est la suivante : tout à fait en haut est une saillie arrondie, le tuberculum impar de His, situé juste au-dessous de l'arc mandibulaire; plus bas est une autre saillie en fer à cheval, et allongée dans le sens vertical, la furciila de His, ayant déjà la forme de l'épiglotte, dont elle est en effet le rudiment, et se prolongeant en bas en deux crêtes qui bordent une gouttière. La limite inférieure de la furcula répond au quatrième sillon branchial endodermique, limité en dedans par un bourrelet qui suit le bord de la furcula, et que His appelle crista tcnninalis.
Les sillons branchiaux internes sont bien plus accentués que les externes, si bien que His les nomme poches branchiales; et surtout le quatrième se creuse, contre la furcula, en une profonde dépression, le fiinJus branchialis de His.
Le premier sillon laisse sa trace, sous la forme de la trompe d'Eustache et de la cavité de la caisse. Le sillon externe correspondant donne le conduit auditif externe.
Le deuxième sillon se prolonge, d'après Rabl, en un conduit branchial (Kiemengang) qui se dirige vers l'opercule branchial du 2° arc et se met ainsi en rapport avec la paroi antérieure du sinus priecervicalis.
Le troisième sillon, lui aussi, a des connexions fort étroites avec le sinus
FiG. 5. — D'après His, Arch. f. Anal. ii. Phys., 1S89, p. Ia7.
II, 2" arc pharyngien, dont le bord saillant en avant (opercule branchial) recouvre en partie III, 5* arc. — En Sp on voit encore un reste non oblitéré de la rainure. — Hw, paroi cervicale qui s'est soudée à III en sorte que IV (!• arc) est tout à fait caché dans la profondeur. — Ip, infundibulum prœcervical, reste de l'entrée du sinus prœeervical, dont le fond, F, est actuellement isolé. — 5 et 4, 5' et 4" poches branchiales. — 5* et X\ 5* et i' arcs aortiques. — Th, rudiment endodermique du thymus. — IX, ganglion glosso-pharyngien. — XII, nerf hypoglosse. — ni, nerf laryngé supérieur. — Ep, épiglotte.
DÉVELOPPEMENT DE CERTAINS ORGANES. fl
prœcervkalis. Son cul-de-sac vient au contact de ce sinus, dans celte partie que nous avons vue isolée par la coalescence du 5" arc et de la paroi Ihoracique, et
FiG. 6.
Fie. 8. FiG. 9.
Fin. 6, 7, S et 9. — Figures de His reproduites par E. Qucnu.
FiG. 6. — Paroi antérieure de la cavité liucco-pharyngienne d'un embryon humain de ô,2 millimètres. — I, II, III, IV, arcs branchiaux, avec les arcs aortiques correspondants. — i, saillie du larynx (furcula). — S. fundîis branchialis. Au-dessus du tronc aorlicIi:e on voit le lubcrculutn impar.
FiG. 7. — Même région, embryon de 5 millimètres. — On y constate le rétrécissement du champ branchial et le développement de la saillie du larynx.
FiG. 8. — Même région, embryon de 7 millimètres. — m. mâchoire inférieure. — I, tubemtltim impar. — T, involution thyroïdienne médiane. — l, entrée du larynx. — S, fundus bmnrliialis.
FiG. 9. — Même région, embryon de 10 millimètres. — Mêmes lettres. — o, orifice conduisant dans T, thyroïde médiane. — e, épiglotte. — n, repli aryténo-épiglottique.
il semble, d'après Born, que là naisse le thymus dont l'orig-ine serait ainsi, en partie du moins, mésodermique.
Développement de certains organes. — Nous venons de voir, dans leur ensemble, quels sont les principaux phénomènes observés au niveau du cou pendant la vie embryonnaire. A ces notions générales nous avons besoin d'ajouter quelques renseignements sur la manière dont se développent le thymus, la langue, le corps thyroïde.
1° Pour le thymus, j'ai déjà dit que, d'après His, il est d'origine ectodermique et se forme aux dépens du sinus priecervicalis. Cette opinion n'est plus guère admise. Déjà nous venons de voir que, d'après Born, il faut faire intervenir la troisième poche pharyngienne et cette opinion est celle de Prenant, qui a bien précisé à cet égard divers détails cl a montré, en outre, Jes connexions embryo-