‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 68 sur 250 · TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE LLXGUALE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE LLXGUALE

guale, un pronoslic faUil, ol rcxniiion soigné des poumons, de l'inleslin, du péritoine doit être pratiqué. Au total, en tenant compte à la l'ois de l'état général et de l'étal local, le pronostic est certainement grave, et la plupart des malades, d'après les calculs île TUitlin, succombent en un à deux ans.

Diagnostic. — Le diagnostic est évident quand on constate autour d'un ulcère grisâtre, atone, raviné, le semis de granulations jaunâtres signalé par Trélat; quand, en l'absence de ce signe pathognomonique, un ulcère suspect se déclare chez un phtisique avéré. Mais le doute n'est pas rare, malgré l'assertion d'A. Frankel, lorsque l'aspect objectif n'est pas très caractéristique et lorscpi'en même temps le sujet est indemne de toute tare tuberculeuse.

Dans ces conditions, j'ai déjà dit que Vulcère dentaire prête volontiers à l'erreur, d'autant mieux que parfois la tuberculose s'implante sur une excoriation créée par un chicot. Le seul procédé pour élucider le problème consiste alors à extraire la dent soupçonnée et à surveiller l'évolution ultérieure de la perte de substance.

L'erreur de diagnostic avec le rmicer est parfois déclarée impossiljle. Cela n'est vrai que pour les cas nettement tranchés, et le fait est que les examens histologiques de Nedopil, de Korte, d'Enfeneuer, ont pour la plupart été pratiqués sur des pièces de tuberculose obtenues par amputation, parce qu'on avait cru à l'existence d'un épitliéliome ; une des pièces de Kôrte a été enlevée par Liicke comme sarcome. Dans ces cas embarrassants, dont il sera surtout fait mention dans l'étude du cancer, on ne sortira souvent du doute qu'en examinant au microscope un fragment excisé.

Pour le diagnostic des ulcérations i<yphilitiqiie>^, je renvoie au paragraphe consacré à ces lésions.

Dans la forme superficielle passagère décrite par Vulpian et Ducrot, l'éruption tuberculeuse peut être multiple et ressembler à des aphtes. Mais la poussée aphteuse est caractérisée par l'embarras gastrique concomitant, par plus de rapidité et de bénignité encore dans l'évolution locale.

Julliard, Demarquay se sontirigéniésàditrérenciercliniquement l'ulcère tuberculeux de Yulcère cachectique chez les tuberculeux. Celte distinction paraissait vaine il y a quelques années, malgré une tentative de P. Le Gendre et Du Périer (') pour la réhabiliter. Mais depuis, elle a reçu, dans une observation de Claude (-), la sanction de la bactériologie et de l'histologie.

Traitement. — Le traitement doit être à la fois général et local.

Du traitement général je ne dirai rien : c'est le traitement classique de la tuberculose.

Le traitement local comporte des moyens de divers ordres.

D'abord, et dans tous les cas, on assurera une bonne hygiène buccale : lavages anlisepti(pies, propreté dentaire, extraction des racines, des dents cariées, pointues, déviées.

La conduite chirurgicale varie suivant que le sujet est ou non compromis par la phtisie.

Si le sujet est profondément touché par la tuberculose viscérale, il ne saurait être cjuestion de traitement curatif, et l'on s'en tiendra aux méthodes relative-

(') Du PÉiîiER, Thèse de doct. de Paris, 1882-l8S->, ir 307.

(-) Cl.\udi;, Bull, de la Soc. de lAol., Paris, 18 janvier 1890, p. 08.

iy> MALADIES DE LA LANGUE.

mniit douces. L. Labljé s'est I)ien trouvé (ra]i|ilirations de leinture d'iode; Féréol, de chlorate de potasse; le perchlorure de r(;r, l'alun ont été utilisés avec avantage. L'acide chromique, préconisé par Vcrneuil, est un caustique puissant et à côté de lui se rangent les attouchements au ter rouge dont Trélaf, Féréol ont obtenu d'assez bons résultats palliatifs.

Quelquefois la douleur, par son intensité, fournit une indication spéciale. Butlin conseille alors la section du neif lingual, déjà 'en honneur parmi certains de ses compatriotes pour pallier la douleur des cancéreux. Mais cette section sera presque toujours inutile, et on calmera considérablement les souffrances par des moyens plus simples. On commence par les applications émollientcs et laudanisées, puis, une fois la région un peu moins sensible, on abstergc l'ulcération et on la saupoudre d'iodoforme. On aura recours, au besoin, aux injections sous-cutanées de morphine.

Si le sujet n'est pas tuberculeux par le poumon, on a mieux à faire qu'à chercher, par l'action de topiques modificateurs ou caustiques, une cicalrisation toujours aléatoire malgré les quelques succès enregistrés de temps à autre. De même, si les lésions pulmonaires sont légères. L'ablation radicale du foyer infectieux semble être dans ces circonstances le traitement de choix, sil'élendue du mal n'est pas une contre-indication. Cette doctrine est celle de Billroth; elle a été soutenue en 1881 par Trélat à la Société de chirurgie, où elle a compté d'assez nombreux adhérents. Certes, elle ne met pas à l'abri des récidives. Mais quelle intervention contre les tuberculoses locales n'en est pas là? Une question maintenant se pose : comment faire cette exérèse, au thermocautère ou à l'instrument tranchant? Je pense qu'il y a un intérêt réel à laisser le moins possible dans la bouche une surface suppurante, source d'infection et capable inversement de cultiver à nouveau les bacilles de la tuberculose. L'ablation à l'instrument tranchant, suivie de suture, est donc préférable, et la suppuration ganglionnaire observée par Reclus, après une intervention au thermocautère, n'est pas de nature à modifier cette opinion.

2" TUBERCULES CASÊEUX PROFO.\DS {ABCÈS FBOIDS)

La tuberculose profonde de la langue se présente au début sous forme d'une nodosité interstitielle, isolée, peu considérable, qui évolue sans grand symptôme réactionnel, sans douleur. Le plus souvent, et c'est ce qu'ont noté H. de Brun, Schwartz, F. Gade, il n'y a dans la langue qu'une seule de ces nodosïtés ; mais H. Barth en a senti plusieurs. A un moment donné, cette nodosité se ramollit, devient llucluante, s'ouvre à l'extérieur, et c'est à cette période tic (istulisation qu'ont été observés les malades de Fano, de Gosselin.

Les sujets sont en général tuberculeux, et c'est ce qui permet de soupçonner l'abcès froid de la langue ; sans quoi le diagnostic avec une gomme ramollie, avec un kyste hydatique, est impossible avant la ponction exploratrice.

Ces abcès froids seront traités, comme dans l'observation de H. de Brun, par l'ablation large suivie de suture. Si cela est impossible, on se contentera de l'incision et du curettage ('). ■•

(') PonT.\L, Cours d'anal, mid., t. IV, p. 527, Paris, an XII. — Fano, Union méd., Paris, 1862, n. s., t. XVI, p. 5i7. — Gosselin, Clin, cliir. de l'hôpital de la Charité, Paris, 1873, t. II, p. 59. — De BiîUN (H.), France méd., Paris, 1883, t. I, p. 157. — Gade (K.), Nord. Mag. for

SYPHILIS LINGUALE

La syphilis peut frapper la langue à ses (rois périodes : primitive, secondaire et tertiaire.

Il sera question ici des lésions siégeant en avant du V lingual. La syphilis de la base de la langue, c'est-à-dire de V « amygdale linguale » est un épiphénomène de celle des amygdales et du pharyn.K (').

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