A. ^ REGION DU NEZ
Le nez a la forme d"une pyramide triangulaire dont la base est en arrière, mais sa conformation générale varie suivant les individus, les familles et les races.
Il suffît de savoir que le nez est séparé du front par une dépression plus ou moins accusée (sillon naso-frontal), de la joue par le sillon naso-génien. utilisé en médecine opératoire, et de la lèvre supérieure par le sillon naso-labial.
Le dos du nez commence à la racine, aboutit au lobule, et se continue avec la sous-cloison: il présente un orifice inférieur, celui des narines.
Le nez est soutenu par une charpente fondamentale ostéo-cartilagineuse. Les os propres du nez et les apophyses montantes du maxillaire supérieur en haut, les cartilages en bas, forment ensemble une véritable voûte dont le sommet correspond au dos du nez. Cette voûte est soutenue par un pilier médian ostéo-cartilagineux, qui n'est autre que la cloison médiane des fosses nasales ; la destruction de cette cloison (traumatisme, lésions syphilitiques, tuberculeuses, etc.) jointe ou non à d'autres facteurs (rétraction cicatricielle) produit l'effondrement, l'affaissement du nez : il est cassé.
La portion cartilagineuse est disposée de la façon suivante : les cartilages latéraux font immédiatement suite aux os propres du nez : ils sont symétriquement placés et se réunissent sur la ligne médiane. En bas et en avant sont les cartilages de l'aile du nez qui dessinent le contour de la narine (fig. 260).
TRAITÉ DE CHIRURGIE. '2' édit. — IV. 56
FiG. 260. — Coupe transversale du uez, pratiquée à l'union de la portion cartilagineuse et de la portion osseuse. (Tillaux.)
IGERARD-MARCHANT.J
5G'i CONSIDERATIOXS ANATOMIQUES.
Peau, couche sous-cutanée, couche filjro-musculaiie, couche ostéo-carlihagineuse, couche muqueuse, t 'Is S3nt les dilTér-'uts plans qu'on rencontre en
^ u pénétrant de dehors
"^ ^ en dedans.
Les narines mettent en communicalion l'air extérieur avec les fosses nasales , ce n'est pas une simple ouverture, mais bien une région tapissée par le revêtement cutané (poils ou vibrisses.
glandes sébacées) qui s'est réfléchi au niveau du bord libre de la narine.
Sur la figure 261, empruntée à Tillaux, on peut voir la paroi externe de la narine limitée par deux bords, l'un supérieur, l'autre inférieur, se continuant en avant dans l'intérieur du lobule.
FiG. 261. — Limites de la narine et rapports précis de l'orifice inférieur du canal nasal. (Tillaux.)
B. — FOSSES NAiSALES
La coupe (fîg. 262) permet de voir les rapports généraux des fosses nasales avec le crâne, les cavités orbitaires et les cellules ethmoïdales en haut, de chaque côté avec les sinus maxillaires, et enfin en bas avec la voûte palatine.
La pyramide triangulaire, représentée par la cavité nasale, est divisée en deux cavités secondaires par une cloison médiane. Chaque fosse nasale présente à considérer : 4° une paroi inférieure; 2° une paroi supérieure ; o° une paroi interne ; 4° une paroi externe, et deux orifices, l'un antérieur, l'autre postérieur.
1° Paroi INFÉRIEURE. — Le plancher des fosses nasales est formé en avant par l'apophyse palatine du maxillaire supérieur et, en arrière, par la lame horizontale
FiG. 262. — Coupe transversale des fosses nasales au niveau de l'ethmoïde. (Tillaux.)
CONSinEHATIONS ANATOMIOUES.
ôCô
du palatin. Celle paroi inréiicure 'a la foimo (I'uik; goullière, à penle légère d'avant en arrière, longue de 5 cenlimèlres environ et large île 12 à 15 millimètres (fig. !2()l).
2" VOUÏE DES FOSSES NASALES. Cello
paroi supérieure est étroite (2 à 7) millimètres); elle comprend trois parties : la première, oblique en arrière et en haut, est formée par les os propres du nez {portion nasale) ; la deuxième, horizontale, est constituée par la lame criblée de l'ethmoïde [porlionetlimoïdalc) ; la troisième, ou postérieure, répond au corps du sphénoïde et renferme le sinus sphénoïdal ; elle est d'abord verticale, puis horizontale (fig. 264 et 268).
Fig. 2)3. — Dévialion de la cloison des fosses nasales. (Tillaiix.)
5" Paroi interne. — Elle est formée par les faces latérales de la cloison des fosses nasales. Cette cloison a un squelette osseux, formé par le vomer en bas et la lame perpendiculaire de l'ethmoïde en haut l'espace angulaire que ces os déterminent est r A. "ï^' * Pty
comblé par le cartilage de la cloison, appelé encore cartilage quadrangulaire (fig. 26 '(
La cloison médiane est rarement \erlicale
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Fig. 26-i. — Paroi externe des fosses nasales. Direction de la ligne d'insertion des cornets à la paroi.
(Tillaux.)
elle est plus souvent déviée, et, dans quelques cas, à ce point que la paroi interne et la paroi externe arrivent à se toucher (fig. 265 et 265).
IGERARD-MARGHANT.-i
5G4 CONSIDÉRATIONS ANATOMIOLES.
La muqueuse piluilairc tapisse ses deux faces, mais lui adhère faihlemeid.
4" Paroi exteuxe. — La paroi externe ou latérale, dans la constitution de laquelle entrent le maxillaire supérieur, l'os unguis, le palatin et le sphénoïde, présente des saillies ou cornets, des dépressions ou méats, et des orifices qui en rendent l'étude complexe.
Sur la fiaure 20'2, on voit de haut en bas trois saillies faisant relief en dedans, diminuant la capacité de la fosse nasale; elles sont formées par le cornet supérieur, moyen et inférieur.
En pathologie nasale, le rôle des cornets est si important que nous devons nous arrêter à leur description
Indépendamment de leur insertion sur la paroi externe, les cornets présentent d'autres caractères communs : ils sont enroulés en volute, de telle façon qu'ils se dirigent d'abord en dedans, puis en bas, formant par l'ensemble de leur courbe une concavité regardant en dehors. Entre chaque cornet et la paroi externe, existe une cavité appelée méat.
Le cornet inférieur, formé par un os spécial, présente un bord libre qui descend plus ou moins bas vers le plancher des fosses nasales (1 centimètre 1/2 environ). Renflé à sa partie moyenne, il se termine en avant et en arrière par une extrémité pointue ; son extrémité antérieure se trouve située à 2 centimètres environ en arrière de l'entrée des narines.
Tillaux a bien montré la direction de la ligne d'insertion des cornets à la paroi, dans la figure 264 empruntée à son Traité cVanatomie. Après avoir coupé le cornet inférieur, on constate que sa ligne d'insertion décrit une courbure à
concavité inférieure , à l'opposé du bord libre qui présente une convexité dans le même sens; la partie la plus prononcée de la courbe correspond environ à la partie moyenne du cornet. L'extrémité postérieure se recourbe quelquefois légèrement en haut ; l'extrémité antérieure se recourbe toujours en bas, en sorte que cette ligne est sinueuse et représente une sorte d'S italique allongée. C'est au sommet de la courbe ancioison dévice térieure qu'aboutit généralement l'orifice inférieur du canal nasal (Tillaux) (fig. 261 et 264).
Le cornet moyen, émanation de l'ethmoïde (cornet inférieur de l'ethmoïde), a une ligne d'insertion différente delà précédente; à sa partie antérieure, cette ligne se dirige presque verticalement en haut, de façon qu'il existe une large surface entre la partie correspondante des deux cornets (fig. 264).
Fig. 2G3. — Dilatation anipuliaire du cornet mojen. et asymétrique. (Zuckerkandl.)
CONSIDERATIONS AN/VTOMIOUES.
Le cornol nioyoa osl hoaiicoup |)liis r;i|)})r()cli('' de la cloison (jnc le cornet inlVM'icur; l'espace (pii le sépai'C (l(> la cloison s'appelh; la ffiilc olfoclivc (fig-. 2()2, ^Ck)).
Le cornel moyen offre des varialions de forme eL de volume ; on y renconli'c des sillons, îles fissures.
Sur la figure 265, cmprnniée à Moldenhauer, on voil, une dilalalion nmpnl- Inire de rexirémilé antérieure du cornet moyen. Cette disposition « assez fré- ([uenle » peut être suffisamment développée pour refouler les parois nasales iniernc et externe avec lesquelles elle est en contact, et venir comme une énorme tumeur faire saillie jusque dans le voisinage du vestibule ; de là sa confusion possible avec un néoplasme.
Le cornel sui)érieur (cornet moyen de relhmoïde) ('), dépendance, lui aussi, de Tethmoïde, se confond en avant avec le cornet moyen; sa poi'tion moyenne et postérieure sont seules libres, sa direction est oblique de haut en bas et d'avant en arrière, et il se termine, a})rès un court trajet, en avant du corps du sphénoïde.
Les méats sont les espaces cjui séparent les cornets; ils sont distingués en supérieur, moyen et inférieur ; ils présentent un grand intérêt à cause des orifices qui viennent s'y ouvrir.
Sur la figure 264, on voit l'ouverture du sinus sphénoïdal au-dessus du méat
supérieur. Les cellules eth-
moïdales s'ouvrent, les postérieures dans le méat supérieur, et les antérieures dans le méat [moyen.
Le méat moyen est celui qui intéresse le plus le chirurgien, puisque le sinus frontal et le sinus maxillaire viennent s'ouvrir à son niveau.
Sur une pièce fraîche, avec conservation de la pituitaire (fig. 266), on aperçoit au-dessous de l'extrémité antérieure du cornet moyen, un canal ou plutôt une gouttière, nommée infundibulum, et qui fait communiquer largement le sinus frontal avec le méat moyen.
Le sinus maxillaire communique, d'autre part, avec ce méat moyen par deux orifices : l'un, supérieur, situé dans la paroi del'infundibulum; l'autre, postéroinférieur, répond au centre de ce méat moyen (fig. 264).
La partie antérieure du méat moyen est très largement évasée par suite de l'écartement du cornet moyen et du cornet inférieur ; il en résulte qu'un instrument introduit dans les fosses nasales s'engagera fatalement dans ce méat
(*) On peut voir parfois un quatrième et un cinquième cornet (troisième et quatrième cornet ethnioïdal), émanés, comme le moyen et le supérieur, des masses latérales de l'ethmoïde. Ces cornets, plus ou moins bien marqués, n'ont pas d'importance pratique.
Fig. 266. — Coupe antéro-postéiieure médiane du '. ] squelette de 'la face. — Les parties molles ont été \ conservées. (Moldenliauer.) \
IGÉRARD-MARCHANT.I