PROCÉDÉS D'EXPLORATION DES FOSSES NASALES
Les photophores électriques allemands sont petits, légers, et ont l'avantage de se placer à la racine du nez, ce qui donne un meilleur éclairage en ramenant la lampe dans le plan des ravons visuels, mais non pas encore dans leur axe.
(fig. 270.)
A ces méthodes diverses qui, nous devons l'avouer, sont très pratiques, il faut préférer l'éclairage réfléchi, qui supprime l'angle nuisible que fait le rayon lumineux avec le rayon visuel (Lermoyez). Dans ce but, on se sert d'un miroir concave de 16 à 18 centimètres de foyer et de o centimètres de rayon, percé à son centre d'un trou de 8 à 10 millimètres de diamètre. Ce miroir peut être monté sur une tige destinée à être tenue à la main, ou bien maintenu à l'aide d'une monture de lunettes ; un mode plus pratique encore consiste à le fixer avec un ressort embrassant la demi-circonférence supérieure de la tête et prenant point d'appui sur le front et l'occiput. Toutefois, le plus répandu de tous les modes de fixation est le bandeau frontal, formé d'un ruban non élastique. Il est muni, au-devant du front, d'une plaque métallique à laquelle le miroir s'adapte par une articulation à noix, qui permet de varier son inclinaison dans tous les sens (fig. 271).
L'application de la lampe à incandescence à l'éclairage réfléchi nous a procuré un excellent appareil. Au lieu de réfléchir avec le miroir frontal la lumière d'une lampe de 110 volts placée à une certaine distance. Reiner (de Vienne) a
FiG. 270. — Photophore électrique de Stcin.
Fig. 271. — Miroir avec bandeau frontal.
Fig. 272. — Miroir de Clar.
utilisé d'une façon fort ingénieuse les petites lampes du photophore (6 à 10 volts) dans la construction du miroir de Clar. C'est un miroir sphérique de 10 centimètres d'amplitude, de 6 centimètres de rayon: il se fixe au-devant de la figure
PROr.IinKS DTXlM.onATION DES FOSSES NASALES.
à l'aide d'un bandeau frontal ou d'un ressoi'L IVonlo-occipilal ; deux orifices latéraux permettent la vision binoculaire ; au loyer se trouve une petite lampe à incandescence, invisible pour l'observateur, et dont les rayons, se réfléchissant sur la surface concave, vont faire une image à une distance qu'on peut régler à volonté, grâce ti une charnière qui permet à la lampe un déplacement assez étendu le long de l'axe optique du miroir.
Théoriipiement, ce miroir est très supérieur au photophore, car il a j)our principe l'éclairage réfléchi et non l'éclairage direct. Chacune des pupilles devenant une source lumineuse, il peut également bien servir à la vision binoculaire et à la vision monoculaire. Praliquemenl, il donne un éclairage pres([ue aussi intense que la lumière solaire directe et bien supérieur à celui du bec Auer. Peut-être est-il un peu plus lourd que les photophores ; mais au moins son amplitude lui donne l'avantage de mettre la figure à l'abri des crachats des malades. C'est, h mon avis, conclut Lermoyez, le meilleur appareil d'éclairage qui ait encore été employé (fig. 272).
Spéculums. — Les instruments spéciaux destinés à donner une ouverture convenable de l'orifice antérieur des fosses nasales ont reçu le nom de spéculum nasi\ on en trouve deux types principaux : a. les spéculums tubidaires; b. les spéculions à valves.
Les spécuhons lubulaires (fig. 275) sont peu employés. Chez les nourrissons, dont les orifices narinaux sont des trous arrondis à bords peu souples, le spé-
FiG. 275. — Spéculum plein en cnoulchouc durci. Fie. 27 L— Spéculum nasi du professeur Duplay.
culum tubulaire est préférable au spéculum à valves, qui pourrait les blesser ; un simple spéculum d'oreille donne, à cet âge, une vue suffisante des fosses nasales. Le spéculum de Zaufal est réservée l'exploration du pharynx nasal par la rhinoscopie antérieure.
Les spéculums à valves sont les plus usités. On se sert de spéculums èù-o/ws. Leurs valves sont généralement creusées en gouttières ; il est préférable qu'elles soient pleines et non fenètrées.
Deux modèles principaux doivent être signalés parmi les meilleurs.
Le spéculum de Duplay (fig. 274), léger, peu encombrant, est de tous le plus recommandable. Analogue au spéculum vaginal de Cusco, il est formé de deux valves concaves; l'une est fixe, l'autre mobile; on les écarte à l'aide d'une vis. Fermé, cet instrument a la forme conique qui facilite son introduction. L'écartement des valves a lieu par un mouvement angulaire, accentué à leur extrémité, presque nul à leur base, qui répond à la partie sensible de l'orifice des narines.
Ce spéculum est cependant passible d'un reproche; comme il forme à sa base un anneau fermé, il en résulte que, quand un instrument, un polypotome par
IGÉRARD-MARCHANT]