‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul ReclusChapitre 127 sur 260 · ÉCLAIRAGE PAR TRANSPARENCE DE LA FACE · texte numérisé non relu

ÉCLAIRAGE PAR TRANSPARENCE DE LA FACE

luette, on engage le malade à respirer largement; et, au moment où le voile s'abaisse, on relève et on passe franchement le crochet derrière lui, de façon à le charger tout entier et bien sur la ligne médiane. A ce moment, mais sans hâte ni brusquerie, la main gauche abandonne Tabaisse-langue et vient saisir le bouton terminal de la tige horizontale sur lequel elle exerce une traction lente et soutenue, tandis que la main droite refoule la glissière en sens contraire; et, quand une certaine résistance indique qu'on ne saurait continuer la traction sans faire mal au patient, on serre la vis inférieure, ce qui assure la fixité de l'appareil. A ce moment, s'il est bien appliqué, le crochet doit avoir complètement chargé le voile sans laisser échapper la luette sur le côté, la tige doit s'effacer le long du palais et reposer le long des incisives médianes supérieures. On voit alors, à la place du voile du palais, un large orifice, qui permet •d'examiner le pharynx nasal avec un grand miroir laryngoscopique, de l'éclairer ainsi fortement, d'en explorer toutes les parties et d'y faire des opérations sous le contrôle de la vue, plus commodément encore que dans le larynx.

C. Toucher digital. — Si la rhinoscopie ne donne pas des renseignements suffisants, ou si elle est impossible (ce qui arrive presque toujours chez les enfants), on pratiquera la palpation pour arriver à un diagnostic précis. Le malade étant assis, le chirurgien, placé à sa droite, met son pied gauche sur la chaise, de façon à ce que sa jambe s'applique sur la région dorsale du malade, et que la nuque de ce dernier vienne s'appuyer sur le genou ; de la main gauche à l'aide d'un ouvre-bouche, ou à son défaut à l'aide d'un manche d'instrument, placé entre les molaires, maintenant ouverte la bouche du patient, il introduit l'index droit au fond de la bouche et le replie en haut, au moment où il touche la paroi postérieure du pharynx ; il explore attentivement la face supérieure et postérieure du pharynx pour y sentir les tumeurs, et les choanes pour y rechercher l'hypertrophie des cornets et les polypes nasaux.

On pourra aussi, à l'aide du crochet pharyngien, garni d'ouate et introduit dans le naso-pharynx, ramener des mucosités dont la nature fournira quelques indications sur les affections pathologiques de cette région (catarrhe nasopharyngien).

ÉcLAmAGE PAR TRANSPARENCE DE LA FACE pouv le cUcignostic chs affecUoiis du sinus maxillaire, r— Le malade et le médecin doivent être placés dans une chambre où l'obscurité sera complète; ils sont assis l'un en face de l'autre, comme pour l'examen rhinoscopique; le médecin introduit une petite lampe à incandescence dans la bouche du malade; celui-ci ferme la bouche et joint les lèvres sur la monture de la lampe, en ayant soin de tenir autant qu'il le peut les arcades dentaires éloignées, et de faire un effort comme s'il voulait amener la base de la langue en arrière. On fait passer le courant et voici ce que l'on constate: les pommettes sont plus sombres, et, au-dessous des yeux, les régions inférieures des orbites apparaissent sous forme de croissant clair.

Voltolini et Heryng conseillent de se servir d'un abaisse-langue particulier auquel la lampe est fixée (*) ; Ruault considère cette complication comme inutile; il suffit, en employant le moyen que nous avons indiqué plus haut, d'interrompre le courant, de façon à empêcher la lampe de s'échauffer, et dès que le malade accuse une sensation de brûlure.

(*) GouGUENHEiM, Annales des maladies de l'oreille et du larynx, janvier 1890.

PRINCIPAUX MOYExNS DE TRAITEMENT. 579

Une petite lampe de G à 7 volts donnant i à 5 bougies d'intensité, si elle est bien construite, suffit largement pour Texamcn, sans brûler le malade.

Quelquefois, bien que le sujet soit sain, l'inégalité des os de la face fait qu'un côté peut paraître plus éclairé que l'autre, mais dans le cas à'empijèine <lu .^inua maxillaire, le côté atteint reste complètement sombre et le croissant lumineux sous-oculaire de ce même côté n'existe pas. Lorsque, à ce signe, viennent s'ajouter la constatation d'un écoulement purulent par le méat moyen et les symptômes d'une suppuration du sinus maxillaire, il acquiert une très grande valeur. Sur 23 personnes atteintes d'empyème du sinus, soignées depuis deux ans à la clinique laryngologique des sourds-muets, ce signe n'a pas manqué une seule fois (docteurs Galy et Ruault).

Ce signe peut également servir à diagnostiquer les tumeurs solides. Ruault l'a constaté récemment chez une jeune malade atteinte d'un ostéome du sinus maxillaire, opérée ensuite avec succès par Charles Monod.

En cas de kyste non suppuré du sinus, non seulement le signe manque, mais, si le kyste est volumineux et distend la paroi du sinus, la transparence peut être exagérée.

De même, les polypes muqueux sont parfois tout à fait transparents.

Les rayons X pourront servir pour déceler les corps étrangers (Macintyre. de Glasgow).

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