FRACTCBE^ DE LA CLOISON
Nous savons que la cloison des fosses nasales est composée de trois pièces distinctes ; la lame perpendiculaire de lethmoïde, le vomer, le cartilage de la cloison. Chacune de ces trois pièces pourrait se fracturer isolément, d'où la nécessité d'établir trois groupes de fractures, dont les deux premiers, il est vrai, sont très peu importants et dont nous ne dirons que quelques mots.
a. Fracture de la lame perpendiculaire de Vethmoide. — Elle coexiste assez souvent avec la fracture des os propres du nez, et surtout, comme nous lavons vu, avec les fractures comminutives : mais elle pourrait aussi, d'après Hamilton, exister isolément et elle siégerait alors le plus souvent au niveau du vomer.
b. Quant à la fracture du vomer, elle est très rare, et comme elle ne s'accompagne d'aucun déplacement, elle ne pourra être que difficilement constatée (Chevalletj.
c. Fracture du cartilage de la cloison. — Cette variété, beaucoup plus importante que les précédentes, a été surtout l'objet d'études de Jarjavay et de Mollière.
Elle est presque aussi fréquente que celle des os propres, et, comme cette dernière, elle reconnaît toujours pour cause un traumatisme direct.
(') Cette déformation peut simuler celle qu'occasionne la syphilis : c'était le cas d'un malade observé par nous et dont le nez avait été écrasé, vingt ans auparavant par un coup de sabre.
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Le point 11' i>lns intéressant de celle lésion est son analomie palhologiqne; il l'aul en eiïel, distinguer, dans son histoire, deux groupes de faits. Dans un premier groupe, on doit ranger les cas dans lesquels" la solution de continuité siè'>c à l'union du cartilage et du vomer, et s'accompagne d'un déplacement paio-lissement : c'est la fracture simple de Jarjavay, la fracture du nez proprement dite des auteurs; pour JMolière, c'est la luxation du cartilage sur le vomer. Le second o-roupe de faits comprend les fractures qui siègent dans la continuité du cartilage de la cloison, et qui s'accompagnent d'hématomes^ mais sans déplacements : c'est la fracture coinpliquée de Jarjavay, la fracture de la cloison sans déplacements, de Chevallet.
Prenons le premier cas, et étudions-en le mécanisme, d'après Mollière. Lorsque le nez se trouve lésé par un choc antéro-postérieur, il se fait une disjonction de la symphyse du cartilage de la cloison avec le vomer; le cartilage glisse sur une des parois de la cloison osseuse et produit ainsi la dépression dorsale au-dessus du lobule, qui caractérise cette lésion. « Ce qu'on appelle fracture du nez, dit Mollière, n'est qu'une luxation de la cloison sur le vomer », et il ajoute : « je m'en suis rendu compte, non seulement dans les autopsies, mais encore en expérimentant sur le cadavre. Il suffit, en effet, pour amener cette disjonction et la déformation absolument caractéristique, de porter sur le nez un coup antéro-postérieur violent. Ce qui prouve encore que cette lésion est la vraie, c'est que celte dépression transversale sus-lobulaire est facilement obtenue, en pénétrant par l'orifice postérieur des fosses nasales, en séparant avec le bistouri le vomer de la cloison et en opérant sur le cartilage une traction d'avant en arrière: dans ces conditions, le nez se déforme au-dessous des os propres comme dans les fractures produites par un traumatisme. »
Cette luxation de la cloison s'accompagne souvent, comme l'a indiqué Jarjavay, de la rupture des adhérences fibreuses qui unissent les cartilages latéraux au bord inférieur des os nasaux; par le fait de cette disjonction il s'effectue une déviation latérale, en rapport avec le déplacement de ces cartilages; suivant la direction du coup, la pointe du nez se trouve rejetée latéralement, entraînée un peu en bas et forme un véritable crochet.
En somme, dans ce qu'on est convenu d'appeler fracture de la cloison, il y a une double déformation; par le fait du glissement en bas et en arrière du cartilage de la cloison sur le vomer, il se produit au-dessous des os propres une dépression dorsale transversale qui peut aller jusqu'à l'aplatissement complet de la pointe du nez. Comme le plus souvent, grâce à la latéralité du choc, il y a aussi disjonction des cartilages latéraux, à la déformation précédente s'ajoute une déviation latérale de la pointe de l'organe qui forme crochet. Il y a donc, en o'énéral, pour caractériser ces lésions, une double courbure, l'une à concavité antérieure, l'autre plus aiguë et à concavité latérale.
Telle est la déformation extérieure qui caractérise cliniquementla fracture de la cloison. Le glissement du cartilage a aussi pour effet d'obturer en partie l'une des fosses nasales; l'examen rhinoscopique permettra de constater cette obstruction partielle, tandis qu'un stylet introduit le long de la cloison, du côté opposé, rencontrera parfois la saillie formée par le bord antérieur du vomer.
Nous passerons rapidement sur les autres symptômes, tels que l'épistaxis, les lésions des parties molles, qui n'ont rien de spécial dans ce cas; nous insisterons davantage sur quelques signes particuliers. C'est ainsi que la pression du doigt sur le dos du nez fera constater le défaut de résistance de la cloison ; qu'en sai-