VICES DE CONFORMATION ET DIFFORMITÉS DU NEZ
Parmi les défonnalions acquises, il laut noter : a. les déviât ions: b. \qs affaissonents: c. les perles de substance ou perforations.
A. Les dévialions sont physiologiques, traumatiques ou cicatricielles.
La déviation physiologique la plus fréquente est à droite : sa cause intime est inconnue, car on ne peut sérieusement invoquer laction de se moucher de la main droite, ou linfluence du contact prolongé du nez avec le sein de la nourrice.
Les déviations traumatiques peuvent consister en déviations latérales, et semblent résulter de fractures des cartilages au niveau de leur continuité avec les os. Ces déviations, qui pourraient, sans doute, être évitées dans le principe, deviennent plus tard difficiles à corriger. Dans un cas de cette nature, rapporté par DieiTenbach. la portion cartilagineuse du nez était si fortement déviée du côté de la joue.
que les deux narines étaient placées l'une au-dessus de l'autre.
DiefTenbach sépara par une section sous-cutanée les cartilages de l'aile et du dos du nez, de chaque côté, au niveau de leur insertion sur les os. Le nez ainsi mobilisé fut ramené dans sa direction normale, et maintenu à l'aide de bandelettes de diachylum. L'auteur, qui eut un succès complet, assure avoir réussi par la même opération à corriger une déviation analogue, mais congénitale (Duplay).
Des cicatrices vicieuses peuvent déA^er le nez du côté de la joue ou de la lèvre supérieure : pour remédier à ces difformités, il faut libérer ces cicatrices, et combler l'écartement qui résulte de l'incision, par des lambeaux auto-plastiques. B. Les affaissements du nez (nez cassé, effondré) succèdent à l'ostéite et à la nécrose des os propres du nez. sous l'influence de la syphilis {acquise ou héréditaire) ou de la tuberculose. Ce sont les déformations diathésiques. Le traumatisme (fracture avec enfoncement) peut créer ces mêmes apparences, et nous avons observé tout dernièrement un malade qui. à la suite d'un coup de sabre à la racine du nez. présentait une difformité qui rappelait celle qu'engendre la syphilis congénitale.
peut pas dire que ce fut une opération de complaisance, car il y fut contraint littéralement le couteau sur la gorge. Il s'agissait d'un amoureux éconduit à cause de son nez ridiculement busqué, qui menaça Blandin de mort s'il persistait à lui refuser l'opération. Contraint et forcé, l'illustre chirurgien employa l'ingénieux procédé qui suit : il fit une longue incision à la peau depuis la racine du nez jusqu'à la t»ase. mettant ainsi à nu le cartilage de la cloison dans toute sa longueur. Il réséqua toute la partie exubérante, et réunit ensuite les téguments à l'aide de la suture entortillée. L'opération eut un plein succès, et la Belle épousa la Bète. transformée en prince charmant par l'amour de la chirurgie. >•
FiG. -290. — Perte de substance du dos du nez. Le pointillé indique le tracé du lambeau.
IGÉRARD-MARCHAIfT.J
Ces déformations ont été longtemps considérées comme irrémédiables (voy. Rliinoplaslic).
C. Les difformités par j^erie de substance (traumaliques, spontanées, opératoires) créent au niveau du nez des perforations variables d'étendue et de profondeur, justiciables d'opérations.
Tillaux '/'ecomînf/nr/e un procédé opératoire qu'il a employé plusieurs fois avec succès, et qui m'a donné personnellement de beaux résultats.
En se reportant à la figure 290, empruntée à Tillaux, on voit en pointillé le tracé du lambeau qu'il convient de tailler pour cette perte de substance du dos du nez. Le lambeau est détaché par sa faceprofonde, mobilisé, attiré vers la ligne médiane, et suturé au bord opposé, préalablement avivé.
La méthode de Gelse peut aussi trouver son application.
Dans le cas d'orifice très étroit, Tillaux toucha le trajet avec une pointe de thermocautère, et quarante-huit heures après, ayant préalablement gratté les surfaces avec un bistouri très étroit, il passa un fil d'or et la réunion fut complète.
FiG. 291. — Rhinoplaslie par la mélhode de Celse.