‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul ReclusChapitre 169 sur 260 · CORYZA AI(;U · texte numérisé non relu

CORYZA AI(;U

pour mémoire srulemcnl, le coryza dû à la localisation sur les fosses nasales des accidents de syphilis héréditaire : c'est d'abord un peu d'cnchifrènement et on assiste bienlôt à récoulement d'un liquide clair au début, ensuite séropurulent, par ulcération des os et des cartilages. Les deux narines sont presque toujours intéressées (voy. Sjjphili>i Jiéréditaire^ p. S^r)).

A un âge plus avancé, le coryza peut prendre des caractères un peu particuliers. Il s'agit alors d'enfants strumeux, à amygdales très grosses, remarquables, au point de vue analomique, par un développement excessif du tissu adénoïde du pharynx et qui font des coryzas subaigus à répétition, caractérisés par le peu de réaction générale, et quelquefois la bénignité des symptômes. Dans la rougeole, le début de cette fièvre éruptive est marqué dans l'immense majorité des cas par l'éclosion du coryza aigu, à forme de catarrhe oculo-nasal absolument banal. C'est seulement par la coexistence de la fièvre, le milieu épidémique, le développement rapide de la laryngite qu'il sera possible de prévoir l'invasion de la rougeole; l'éruption se montre sur le voile du palais sous forme d'un pointillé caractéristique avant de se montrer sur le reste du corps.

Chez l'adulte, à côté du catarrhe nasal a frigore que nous avons décrit, viennent prendre place des formes nombreuses de coryza, depuis les crises à éternuement plus ou moins fréquentes jusqu'au catarrhe intense; ces formes, si différentes au premier abord, ont pour caractères communs d'être provoquées par une irritation quelc[uefois très légère de la muqueuse nasale; c'est ainsi que certaines odeurs peuvent déterminer l'apparition d'un coryza {rose-cold des auteurs anglais). Ce coryza des roses peut même survenir à la vue d'une rose artificielle ('). Mais cjuelquefois le retour de ces variétés de coryza est périodique; il revient au printemps, au mois de mai surtout, c'est le hay fever ou asthme des foins.

' Cette affection, signalée par G. de Mussy (-), est fréquente surtout en Angleterre et en Amérique ; elle a été bien étudiée en France par Leflaive et par Hallier. Le plus souvent elle débute par un catarrhe oculo-nasal très tenace, remarquable surtout par la grande fréquence des éternuements ; au bout de quelques jours, de deux ou trois semaines parfois, les phénomènes de bronchite s'établissent : d'où le nom donné à cette maladie de rhino-bronchite annuelle.

La bronchite a pour caractères d'être accompagnée de dyspnée, à type asthmatique, parfois très net ; les accès d'oppression surviennent de préférence dans la soirée, à l'inverse du catarrhe nasal et des crises d'éternuement qui se produisent surtout à l'occasion de marche au soleil ou au grand air; ils sont souvent très pénibles, mais ne mettent jamais en danger la vie du malade, et n'ont aucun retentissement sur le cœur droit.

La durée de la maladie est variable, cinq à six semaines environ; elle cesse complètement pour reparaître l'année suivante à la même date.

Ce retour périodique, à l'époque de la floraison, fait comprendre comment certains auteurs (Saller Blackley) (^) expliquent la maladie par l'irritation de la muqueuse nasale, due au pollen des fleurs: et comme la floraison des graminées incriminées n'a lieu, en Europe, que du milieu de mai à la fin de juillet, on comprend que le rhume des foins (ou asthme d'été), qui résulte du contact de leur pollen avec la pituitaire, ne se montre périodiquement qu'à cette époque.

(M Macke.xzie (J.-N.), Rose-cold. Amer. Journal of med. se, 1886.

(-) GuÉXEAU DE MussY, Astlime des foins. Gazette hebdom., 1872, et Gazette des hopit., 1868.

(^) Blackley, Exp. rech. The Lancet, 1881, p. 571.

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De même, en Amérique, Vaullune d'automne ne se munifesle qu'en aoûl et en septembre, quand fleurit l'absinthe romaine, dont le pollen est son agent provocateur.

Dans toutes les variétés que nous venons de passer en revue, l'innamnialion catarrhale est primitive: il en est d'autres où l'on observe un catarrhe purulent d'emblée.

Certains auteurs admettent que le piis blennorragique peut provoquer une inflammation de la muqueuse pituitaire; c'est là l'opinion de Boerhavc et d'Edwards. Mais chez lés enfants, Crédé n'a jamais observé de rhinite par propagation d'une conjonctivite blennorragique ; et chez l'adulte, Zeiss nie absolument la blennorragie des fosses nasales. Toutefois, on est aujourd'hui d'accord sur ce point : c'est une vaginite blennorragique de la mère qui infecte, pendant l'accouchement, le nez et les yeux de l'enfant; d'ailleurs le gonocoque a été trouvé dans le pus de cette rhinite.

Par contre, la propagation de la diphtérie aux fosses nasales donne lieu à des symptômes bien connus : c'est le coryza diphtéritique . Rarement cette localisation est primitive (^), sauf peut-être dans les cas de diphtérie consécutive à une fièvre éruptive. Le plus souvent l'angine existe déjà, grave ou bénigne, quand on voit se montrer un peu de rougeur au niveau des narines, et un écoulement abondant d'un liquide presque clair. Au bout de quelques heures d'enchifrènement, ce liquide se transforme, il devient sanieux, ichoreux, d'une odeur fétide particulière, qui n'est ni celle de la gangrène, ni celle de l'ozène; quelquefois il est mêlé de sang. Ce jetage qui se fait d'abord par une seule narine, puis par les deux, amène l'excoriation de la lèvre supérieure; souvent le malade, dans les

efforts qu'il fait pour se moucher, expulse une fausse membrane; à ce moment l'examen des narines y décèle presque toujours la présence de fausses membranes ; tantôt, elles tapissent l'ouverture des narines, et sont facilement accessibles à l'œil ; tantôt, au contraire, elles sont plus discrètes et l'on a peine à les apercevoir dans le fond des fosses nasales^ ou sur un cornet. Dans quelques cas où le jetage existait seul, sans qu'il y ait eu de fausses membranes, on a pu établir la nature diphtéritique de l'affection, en isolant du liquide de jetage, le bacille de Lœffler. Ce coryza est une des manifestations les plus graves de la diphtérie; il coïncide, le plus souvent, avec

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FiG. 300. — Lésions de la morve chez Thomme. sur la cloison médiane des fosses nasales. (Laboulbène.)

(1) Nous avons observé chez un enfant de 5 mois, un cas très net de diplilérie primitive des fosses nasales précédé par un coryza : les fosses nasales étaient tapissées de fausses membranes qui contenaient le bacille de Lœffler : l'affection resta absolument localisée aux fosses nasales, sans jamais donner lieu à un phénomène infectieux quelconque. — Au bout de trois semaines les fausses membranes ne renfermaient plus que des microcoques, mais elles persistèrent pendant des mois (6 mois) résistante toutes les irrigations nasales. — Ces irrigations avec des liquides antiseptiques étaient irritantes, mal tolérées : l'eau bouillie seule fut bien supportée.

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