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les aiilrcs localisations diphtcrilifuics sur la peau ou sur les muqueuses : son apparition est donc de très mauvais augure.
Dans la morve, le malade se plaint au début d'cnchifrènement ; il respire dinu'ilcmont la bouche lerniée, mais les douleurs sont peu vives, pendant les premiers jours au moins; il mouche du sang quclquelbis mêlé à des croûtes brunâtres. Bientôt il s'écoule par les narines un mucus pruriforme, d'une couleur grisâtre, ayant peu d'odeur, en quantité parfois très abondante, c'est le jetage, analogue à celui du cheval. Alors, en examinant les narines, on y trouve de petites pustules, dont la dimension Avarie d'un grain de millet à une tête d'épingle; elles peuvent crever et laissent alors à leur place des ulcérations superlîcielles : l'examen avec le stylet montre quelquefois des os dénudés. En même temps apparaissent les abcès sous-cutanés et musculaires, et l'éruption pustuleuse discrète de la morve; la fièvre est intense et le malade succombe dans l'adynamie.
A côté du coryza morveux, nous devons encore signaler le catarrhe aigu de la variole., qui est dû au développement des pustules dans les fosses nasales.
Anatomie pathologique et pathogénie. — C'est seulement par l'examen rhinoscopique qu'on a pu déterminer les lésions qui accompagnent le coryza catarrhal aigu. On a constaté que la muqueuse est épaissie, boursouflée, villeuse; sa couleur est d'un rouge diffus sur lequel tranchent parfois assez nettement de petits vaisseaux injectés; on peut encore apercevoir quelques taches brunes, ecchymotiques et des érosions superficielles. Les lésions histologiques, étudiées une fois par Mackenzie ('), sont celles de l'inflammation banale.
Le mucus contient de la mucine, des sels minéraux ; il est très riche surtout en chlorure de sodium; Ranvier (-) l'a examiné au point de vue histologique ; il y a trouvé des cellules à cils vibratiles avec ou sans plateau, des cellules épithéliales et des globules blancs.
Qu'est-ce que le coryza aigu ? Quelle est sa nature ? Cette question est jusqu'à présent encore mal élucidée, et il semble que, laissant de côtelés cas où l'inflammation de la muqueuse est due à une infection bien déterminée (diphtérie, morve), il faille faire une distinction suivant la cause même du coryza.
1° Quelquefois son origine nerveuse est indiscutable. Ainsi quand les rayons du soleil, le parfum d'une fleur, sa vue seule, peuvent amener la chaleur dans les fosses nasales, l'écoulement du liquide et les accès d'éternuement, le coryza n'est évidemment qu'un phénomène réflexe dû à l'irritation de la muqueuse Quant au point de départ exact, J.-N. Mackenzie le localisait à la partie postérieure du cornet inférieur; Héring, à la portion la plus reculée de la cloison. Ruault pense qu'il peut se trouver sur toute l'étendue de la muqueuse, qu'elle soit innervée par la branche nasale de l'ophtalmique, ou les rameaux nasaux du ganglion sphéno-palalin. Dans d'autres cas enfin, l'irritation de la muqueuse pituitaire n'est qu'un phénomène secondaire : tels sont les cas de coryza des roses provoqués par la vue d'une rose artificielle; tel est encore le coryza des dilatés, signalé par Bouchard, qui se montre seulement à la fin des repas. Dans toutes ces formes, il faut regarder le catarrhe, la congestion et surtout l'hypersécrétion, comme des phénomènes dus à un trouble du centre vasomoteur et
(') Mackenzie (J.-N.), .4 contribution tojhe imthological histolcgy of acute and chronic coryza. New-York med. Journal, 1885.
(-) Ranvier, Société de biologie. Paris, 1874.
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trophique. Celte variété de coryza, à laquelle on peut donner le om de coryz nerveux, de rhinite vaso-motrice, de rhinite sympalhica (Mackenzie), est une névrose d'origine centrale, à manifestations nasales très prononcées.
2° A ce coryza nerveux, véritable réflexe, évoluant sans fièvre, sans aucun malaise général, apparaissant brusquement et cessant de même, il faut opposer le corvza dit à frigore. Son début est marqué par quelques symptômes généraux; sa propagation fréquente au pharynx ou au larynx, son apparition simultanée chez un grand nombre de sujets, tous ces caractères le font ressembler à une maladie infectieuse. Ce rapprochement a été tenté (Frœnkel, Baginsky). On accepte généralement l'idée de la contagiosité du coryza d'un individu à l'autre par la sécrétion nasale. On ne pourrait expliquer autrement les cas où une personne a été atteinte brusquement de coryza, soit après s'être servi du mouchoir d'un sujet malade, soit après avoir embrassé ce dernier. Mais il faut ajouter que les tentatives faites pour reproduire le coryza par l'inoculation du mucus provenant d'un catarrhe aigu ont tout à fait échoué (Friedreich) (*).
C'est dans ces cas de coryza, à forme de maladie infectieuse légère, que la recherche des microbes a été faite. Sans parler des expériences déjà anciennes d'Ephraïm Cutter et Salisbury (^) qui décrivit un parasite dans le coryza, il nous faut signaler les travaux plus récents de Thost.de Cardone et de Hajeck. Al'état sain, d'abord, Thost (^) a trouvé dans le mucus nasal le pneumocoque de Friedlander bien reconnaissable à ses caractères morphologiques et aux résultats de l'inoculation. Reimann (^) l'a aussi cherché, sans pouvoir trouA-er autre chose que des bacilles ou des cocci mal définis. Cardone (^) a rencontré dans le mucus du coryza le staphylococcus aureus, le streptococcus pyogenes, le diplocoque de Freenkel-Talamon et le pneumocoque de Friedlander. Cette multiplicité de microbes observés n'est pas pour surprendre : il suffit de se rappeler qu'ils sont les commensaux ordinaires de la bouche et du pharynx (Mettes) ; leur présence dans les fosses nasales est donc naturelle. Mais quelle est la valeur de ces agents infectieux dans le coryza? L'un d'eux reprend-il sa virulence pour devenir l'agent producteur de l'inflammation catarrhale? De nouvelles recherches sont indispensables sur ce point. Cardone, qui croit à l'identité du coryza aigu dit à frigore et de la pneumonie, n'a pu y démontrer le rôle spécifique du pneumocoque. Enfin Hajek C^) a observé dans le cours du coryza aigu, à côté d'un diplocoque et de bacilles, quatre ou cinq espèces de bactéries atmosphériques, sans pouvoir dire si parmi ces organismes il y en avait un qui fût réellement pathogène.
Diagnostic. — Le diagnostic du coryza aigu est des plus simples : il est toujours facile de le reconnaître; mais il est plus important de remonter à sa cause et de déterminer sa nature. Avec de la fièvre, le coryza est dii soit à la grippe, soit à la rougeole; d'autres fois il faudra incriminer les lésions locales de la diphtérie ou de la morve. Enfin certaines variétés de coryza nerveux ne sont, ainsi que Trousseau l'a bien montré, que des formes larvées de l'asthme.
Traitement. — Le coryza aigu guérit spontanément, mais il est très malaisé
(*l Friedreich, Virchovfs Handhuch der Pathologie und Thérapie, 1865, Bd. V. p. 598.
(^) Salisbury, Haller's Zeitschrift, lena, janvier 187-5.
p) Thost, Schrnidt's Jahrhiœh, 1888.
(*) Reimann, Journal of laryngology, janvier 1888.
(^) Cardone, Archivii ital. di laryngol:, juillet 1888. Rés. in Ann. des mal. laryng., 1889.
(^) H.A.JEK, Berliner klin. Wochenschrift, 1888, n" 55.
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(rabrégcr sa durée : au surplus, c'est ce que montre la multiplicité des traitements qui ont été proposés contre lui. Tout à fait au début, on peut recommander Tusage de dérivatifs, bains de pieds chauds, boissons sudorifiques, bains de vapeur; ces moyens ont rarement réussi à faire avorter un rhume de cerveau, même quand ils sont employés de bonne heure. Dans ce but, on fait usage en Amérique du mélange suivant : acide phénique pur et ammoniaque, o grammes; alcool, 15 grammes; eau, 10 grammes : quelques gouttes sur un papier buvard, en inhalation toutes les demi-heures. De même la poudre de Moure, chlorhydrate de cocaïne et de morphine, 25 centigrammes; camphre, 50 centigrammes; sous-nitrate de bismuth, 15 grammes : une pincée toutes les heures est très recommandée au début, pour modifier la muqueuse. Plus tard, quand le coryza existe, on peut se proposer de calmer les douleurs, et de tarir ou tout au moins de diminuer l'écoulement. On y réussit souvent en faisant prendre au malade, pendant une journée et demie, 1/4 de milligramme d'atropine toutes les heures. Les sudorifiques rendent des services, et en particulier la poudre de Dower. La morphine a encore une action locale très manifeste, surtout associéeàla cocaïne. Le badigeonnage avec une solution de nitrate d'argent à 1/25, convient dans les formes de longue durée, avec un écoulement purulent abondant; mais bien plus recommandables encore sont les badigeonnages avec une solution de chlorhydrate de cocaïne au 1/20. Cette dernière substance, outre ses propriétés anesthésiques, a encore pour effet de décongestionner la muqueuse d'une façon très rapide.
Dans le coryza aigu des nouveau-nés, il faut rétablir la perméabilité du nez au moyen d'instillations dans les fosses nasales de quelques gouttes d'huile mentholée à 1/50. Avant chaque tétée, il y aura avantage à débarrasser mécaniquement le nez des mucosi.tés qui l'obstruent, à l'aide de la douche sèche donnée avec une poire de Politzer, munie d'un embout nasal approprié.
Dans les formes nerveuses (asthme des foins), à côté delà médication interne (antipyrine, teinture de belladone), on employera localement la cocaïne (0,50 centigrammes à 1 gramme pour 10 grammes de sucre de lait) qu'on prisera. On peut aussi employer les pulvérisations d'huile mentholée à 1/20 ou d'acide chromique en solution aqueuse à 1/3000. Naturellement il faudra, autant que possible, éviter les causes de l'accès, puis traiter l'état diathésique, enfin intervenir contre les lésions nasales apparentes, cautériser superficiellement les cornets s'il existe des zones anesthésiogènes.
Quant à la rhinite blennorragique, si elle se manifeste malgré les précautions antiseptiques prises avant et pendant l'accouchement, il faut empêcher l'accumulation de pus dans le nez par des lavages pratiqués à l'aide d'une petite seringue à faible pression, l'enfant étant couché sur le côte et la tête déclive ; en employant soit de l'eau boriquée, soit la solution à 1/100 de bicarbonate de soude, soit la solution de résorcine à 1/100. Après chaque lavage, insuffler un peu de poudre : iodoforme, 1 gramme; benjoin, 5 grammes; acide borique, 10 grammes; ou nitrate d'argent cristallisé, 0,1 à 0,2 centigramme, tolu, 10 grammes.
Dans les rhinites purulentes secondaires (variole, scarlatine, etc.), on se trouvera bien de faire renifler de la pommade suivante : vaseline, 20 grammes ; acide borique, 4 grammes; menthol, 0,25 centigrammes.
En face d'une rhinite diphtérique, le sérum antitoxique sera injecté dès que l'examen bactériologique aura confirmé le diagnostic. Localement, lavages
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antiseptiques répétés, puis insufflation de poudres antiseptiques fiodoforme et sucre de lait, :ïïi 10 grammes.
Dans la rhinite fibrineuse non diphtérique, lavages alcalins et pulvérisations d'huile mentholée.