DE LA TUBERCCLOSE NASALE
la première effraction de la muqueuse. Luc a observé un cas (rinfillralion lulierculeuse limitée aux cornets.
Le fond de V ulcère est d'un gris rougeàtre, pâle, recouvert par un peu de muco-pus plus ou moins visqueux, et coloré: des amas caséeux sont fixés sur certaines antractuosités de Tulcère, tandis que sur d'autres se voient en relief de fines granulations grisûtres, représentant des tubercules non encore ramollis (Riedel). D'autres fois le fond est plat, peu excavé, blanchâtre, et comme gélatineux, et de ce fond émergent de petites saillies arrondies, brillantes, plus colorées (Besnier. in Thèse SpiUmann). Ces ulcérations ont de la tendance à gagner en profondeur et à détruire le cartilage (Weichselbaum).
Les bords de Tulcération sont iléchiquetés, excavés. dentelés, comme dans le chancre mou : à la périphérie, caractère diagnostique très important, on peut voir un semis de petits points, gris, jaunàlres. tubercules en voie d'évolution, qui s'exulcèrent et donnent naissance à de petites ulcérations minuscules.
La coloration de la muqueuse à la périphérie, la nature des croûtes sur l'ulcère, les caractères de la sécrétion muco-purulente. ne présentent rien de particulier.
Tandis que dans la première forme le microscope ne révèle pas de lésions tuberculeuses nettement constituées, qu'au milieu d'un amas de cellules embryonnaires on ne trouve que quelques cellules géantes, de rares follicules tuberculeux, que les bacilles y sont presque introuvables, dans la tuberculose secondaire ulcéreuse les follicules types sont nombreux et les tissus malades fourmillent de bacilles.
En raison de sa physionomie spéciale, Lermoyez fait du lupus une description isolée. Il peut être primitif ou secondaire. Si l'on enlève avec précaution les croûtes dues aux grattages, on voit sur la cloison et sur la partie antérieure du cornet inférieur, des élevures rouges ou grisâtres, suivant qu'elles sont jeunes ou anciennes, molles, peu sensibles au contact du stylet, qui ne les fait pas saigner. Plus tard se montrent des ulcérations superficielles à bords plats, sans réaction de la muqueuse voisine: souvent les ulcérations se cicatrisent d'un côté, tandis qu'elles progressent de l'autre. La perforation de la cloison cartilagineuse est fréquente.
Diagnostic. — Difficile dans la forme végétante, où la lésion a souvent été prise pour un sarcome. En cas de perforation de la cloison on songe à la syphilis. En cas de doute, le clinicien dispose des trois moyens suivants, d'après leur ordre d'importance (Zamiko) : 1- le traitement spécifique qui est la pierre de touche: 2" l'examen histologique : 5° la recherche du bacille, qui. répétons-le, est souvent infructueuse.
Dans la forme secondaire, la coexistence de lésions laryngo-pulmonaires avancées vient éclairer la nature du mal.
Quant au lupus, les lésions extérieures doivent être prises e^ considération: l'alternance de zones cicatrisées et de zones ulcérées est caractéristique.
Traitement. — Dans la forme végétante, il faut pratiquer l'éradication totale du tissu tuberculeux à l'anse galvano-caustique età la curette. Le curettage sera suivi d'un badigeonnage à l'acide lactique. On peut aussi avoir recours à la galvanocaustie et à l'électrolyse, suivies d'insufflations de poudre iodoformée ou iodolée.
Naturellement, un traitement général intensif sera institué.
lGÉRARD-MARCHANT.-\
La forme secondaire réclame un traitement purement palliatif : irrigation faites avec douceur, pommades indifférentes (vaseline boriquée).
Le lupus de la muqueuse est justiciable du curcttage suivi de l'application d'acide lactique. Au vestibule, les scarifications linéaires sont préférables. La galvanocaustie agit plus lentement.