TUMEURS DU SINUS SPHÉNOÏDAL
Dans les tumeurs du sinus sphénoïdal, rassemblées par Berger, il se trouvait un cas congénital (enchondrome, Lawson), les autres s'étaient développées pendant la vie extra-utérine.
Dans cette dernière catégorie sont notés : quelques cas de tumeurs polypeuses, sept cas d'ostéomes (en outre un certain nombre de cas d'ostéome de la paroi du sinus), un cas de sarcome (Behring-Wicherkiewicz) et un cas de carcinome (Albert).
A côté de ces tumeurs primitives. Berger range les tumeurs secondaires qui, parties du pourtour du sinus sphénoïdal, s'étaient propagées dans la cavité du sinus. Des tumeurs polypeuses de la cavité naso-pharyngienne peuvent entraîner l'usure de la paroi inférieure du sinus, et pénétrer dans sa cavité (Michaux, Carling, Simon) ; la tumeur peut se développer dans les cellules ethmoïdales (Chiari), et se propager dans le sinus sphénoïdal, etc.
Quant aux symptômes cliniques, on peut, avec Berger [loc. cit., p. 57), distinguer dans les tumeurs du sinus sphénoïdal les périodes suivantes :
« Première période. — La tumeur est limitée en dedans des parois du sinus sphénoïdal. Il n'y a pas de symptômes subjectifs ou de céphalalgie.
« Deuxième période. — La tumeur élargit par sa croissance le sinus sphénoïdal, et cause l'atrophie de ses parois et la compression des organes voisins. La compression peut atteindre l'un ou les deux nerfs optiques, et entraîne V atrophie du nerf optique d'un ou des deux côtés. Dans quelques cas, on n'observe pas l'amaurose, pendant l'évolution de la tumeur. Ces difï'érences sont causées par une épaisseur très variable de la paroi située entre le canal optique et le sinus sphénoïdal. Si cette paroi est très épaisse d'un ou des deux côtés, la tumeur est arrêtée, et ne peut se propager dans celte direction.
Dans un seul cas, la compression avait même attaqué la carotide externe, et avait entraîné le développement de thromboses dans son parcours.
« Troisième période. — La tumeur a perforé les parois du sinus sphénoïdal, et elle se propage vers les cavités voisines. La tumeur pénètre dans la cavité naso-pharyngienne, dans les fosses nasales, dans les cellules ethmoïdales et dans Yorbite. L'époque à laquelle la tumeur se propage dans la cavité crânienne est très variable. La pénétration dans la cavité crânienne peut se produire,