C. — GÉRONTOXON
Le gérontoxon, encore appelé arc sénile, cercle sénile, est une altération régressive du tissu cornéen que l'on observe chez le vieillard. Il se manifeste sous la forme d'une opacité d'un blanc grisâtre, très régulière, occupant la circonférence de la cornée et dépassant les limites du limbe conjonctival pour se porter vers les parties centrales.
Le cercle sénile reconnaîtrait pour cause une infiltration graisseuse des cellules de la cornée (Canton). Les cellules graisseuses sont d'abord à l'intérieur des cellules de la cornée. Plus tard elles deviennent libres et forment des amas ou des traînées dans les espaces lymphatiques. Cette altération coïncide avec la dégénérescence graisseuse des muscles de l'œil qui la précède (yVrnold) et avec l'état athéromateux des artères ciliaires, de l'ophtalmique, de la carotide ou de l'aorte. Pourtant on n'a trouvé dans quelques examens hislologiques que des amas hyalins dans les couches superficielles du stroma cornéen.
L'époque d'apparition du cercle sénile est variable. Cependant, il n'apparaît qu'exceptionnellement avant soixante ans et beaucoup de sujets parviennent à un âge très avancé sans en être atteints. On l'observe spécialement dans certaines familles. Il coexiste rarement avec la cataracte, malgré l'analogie des lésions régressives.
L'arc sénile débute dans la moitié supérieure de la circonférence de la cornée et ses extrémités amincies vont se perdre vers le diamètre transversal de cette membrane. Sa hauteur est de 1 à 2 millimètres le plus habituellement et un étroit liséré transparent le sépare toujours de la sclérotique. Sa surface est
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lisse, sans saillie, sans dcvc'lopixMneiil de vaisseaux. La moitié inférieure de Ja cii-eonférenee de la eoi'uée se prend t>énéraleinent un peu plus lard que la supérieure. Mais les exli'émilés des deux ares ne lardent pas à se rejoindre, et il existe aluis un c-ercle e()ni[)let opaque, coneontricpie au lindjc conjonclival qu'il dépasse et donl il se (lislin£>ue l'aeilenient. L'alïeclion est toujoui's bilatérale.
Le i^éronloxon, surtout lorsqu'il est coniplel, donne aux yeux un aspect terne loul particulier.
Le gérontoxon, n'envahissant pas les parties centrales de la cornée, ne met pas obstacle à la vision. Bien qu'il indique ordinairement une dégénérescence artérielle plus ou moins étendue, son pronostic ne présente pas de gravité. On note même que les incisions faites au niveau du cercle sénile, dans les opéralions pratiquées sur le globe de l'œil, guérissent aussi bien que lorsqu'elles portcMil sur les parties transparentes de la cornée.