‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul ReclusChapitre 53 sur 260 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

DuwEz, art. Nerf optique du DicL. encycl. des sciences méd., 2'= série, 1. XVI, p. 227. — Th. Leber, art. Nerf optique. Handhuch der Augenheilkiaide von Alfred Graefe und Theod. Saemisch. Bd. V, p. 521. Leipzig, 1877. — Panas, Leçons sur les rélinites. I^aris, 1878. — Traités généraux d'ABAoïE, Galezowski, Ed. Meyer, A. Sichel, De Wecker, Fuchs, Paxas, Nimier et Despagnet, Truc et Valude.

ANOMALIES CONGÉNITALES

Il ne sera pas question ici des anomalies du tronc nerveux dans sa portion orbitaire, ni au niveau du chiasma et encore moins à son origine. Nous n'avons en vue que les anomalies de l'extrémité intra-oculaire du nerf optique, perceptibles à l'ophtalmoscope, c'est-à-dire de la papille.

Ces anomalies sont nombreuses et leur importance est réelle parce qu'elles exposent, dans la pratique, à confondre avec une lésion pathologique une malformation qui, le plus souvent, n'entraîne pas de troubles fonctionnels.

A l'état normal, la papille optique varie beaucoup dans son apparence, sa coloration, le mode de distribution des vaisseaux rétiniens. Il faut aussi, comme nous l'avons dit, tenir grand compte, dans l'appréciation de sa couleur, de la pigmentation générale du sujet, appréciable surtout à la couleur des cheveux et de l'iris.

Dans quelques cas, la papille présente une décoloration congénitale qui lui donne une teinte bleuâtre ou blanchâtre semblable à celle que Ton observe dans l'atrophie.

Il existe aussi de très grandes différences dans le degré cVexcavalion physiologique de la papille, et chez certains sujets l'excavation, habituellement limitée au point d'émergence des vaisseaux rétiniens, s'exagère au point de simuler un état pathologique.

Le coloboma de la choroïde s'accompagne fréquemment, comme nous l'avons vu, d'une déformation de la papille dont l'axe transversal l'emporte beaucoup

LÉSIONS TRAUMATIOUES. 271

sur l'axe verlical. Dans les cas de slapliylomc congénital, la papille présente éiialenienl une l'orme elliptique à i^raiid diamètre horizontal, le croissant staphylomatcux congénital occupant la partie inlérieure. On sait que le staphylome acquis est, au contraire, à la partie latérale et externe du nerf.

L'absence de la gaine de myéline des fibres nerveuses, au moment de leur épanouissement dans la rétine, donne à la papille une apparence particulière. Nous l'u avons parlé à propos des anomalies de la rétine. Massclon a décrit, dans (juclques cas, des prolongemenU de la lame criblée à la surface de la papille; ils ne peuvent être considérés comme d'origine pathologique et coïncident avec une vision normale. On observe aussi au-devant du disque papillaire des plaques irrégulières résultant de la présence du tissu conjonctif, ou de petites taches brunâtres qui proviennent d'une distribution anormale du pigment et non d'hémorragies anciennes.

Toutes ces anomalies laissent, en général, l'acuité visuelle intacte.

LÉSIONS TRAUmATiaUES

Le nerl optique, dans son trajet depuis le trou optique jusqu'à son insertion oculaire, peut être, bien que rarement, atteint par des traumatismes divers (contusions, plaies, arrachements, pénétration de corps étrangers).

Les contactions résultent parfois de l'action directe d'un corps mousse qui a pénétré au fond de l'orbite en glissant entre les parois et le globe de l'œil; plus souvent elles accompagnent les fractures de ces parois, et surtout celles du trou optique. Outre la désorganisation plus ou moins profonde des fibres nerveuses, ces contusions produisent des épanchements dans les gaines du nerf.

La section du nerf par instruments tranchants, ne paraît pas avoir été observée en dehors des opérations d'énucléation. Mais V arrachement se voit dans les avulsions traumatiques du globe de l'œil dont nous avons déjà parlé. On l'a aussi observé dans une tentative opératoire d'élongation (A. Pamard).

L'arrachement s'opère quelquefois au point d'insertion du nerf à la sclérotique; mais, plus souvent, au niveau du trou optique. Les adhérences de la gaine fibreuse à la paroi osseuse expliquent ce siège de prédilection.

La section complète du nerf, dans son parcours orbitaire, résulte parfois de l'action d'une balle traversant la face d'une région temporale à l'autre.

On voit des grains de plomb pénétrer dans le nerf optique, sans intéresser l'œil lui-même. Il peut arriver même que le corps étranger aille blesser le nerf optique du côté opposé à celui par lequel il a pénétré. Plus rarement on observe la pénétration du corps étranger dans le nerf à travers les milieux de l'œil.

Toutes les lésions traumatiques du nerf optique présentent une grande gravité. Les contusions profondes, les épanchements sanguins dans la gaine produisent le plus souvent une cécité instantanée et définitive. Si la fonction n'est pas abolie au premier moment, il survient ultérieurement une atrophie.

L'ophtalmoscope permet de reconnaître l'infiltration sanguine des gaines à la présence des hémorragies au pourtour de la papille. Dans le cas de section du nerf optique l'apparence est ditïérente, suivant que la solution de continuité

lE. DBLÉNS.']

a porté en arrière ou en avant du point où lartère centrale de la rétine pénètre dans le nerf.

Dans le premier cas, on constate une ischémie immédiate de la papille; au bout de cinq à six jours, il y a une tendance au retour de la vascularisation, puis les signes de l'atrophie définitive ne tardent pas à se montrer. Si le nerf a été sectionné vers le sommet de l'orbite, il n'y a pas tout d'abord de changements notables dans la vascularisation ; mais l'atrophie survient néanmoins. Elle commence en général vers la quatrième semaine par le côté temporal et. malgré la conservation longtemps prolongée des vaisseaux, devient définitive.

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