COMMOTION, COMPRESSION. CONTUSION ET RUPTURE DU GLOBE OCULAIRE
Si nous réunissons dans un môme chapitre les lésions qui résultent pour l'œil de ces ditférents ordres de violence, c'est que. dans la réalité, il est souvent impossible d'établir la part qui revient à chacun d'eux.
Les auteurs du Compendium de chirurgie ont longuement étudié la. commotion du globe oculaire. Mais à l'époque où ils écrivaient on ne possédait pas les moyens d'explorer les parties profondes de l'œil et l'on rapportait au simple
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n MALADIKS DU GLOBE OCULAIRE.
ôbraiilcmcnl des lésions (lui résullcnL siirloul de la eonliision. Ils ont admis <iu'un corps vnlnérant IVappanl le IVont, la tempe, la région sons-orbilaire, pouvait ébranler l'œil sans Fatleindre directement et déterminer non seulement des troubles fonctionnels, mais des désordres matériels, tels que l'épanchcmcnl sanguin intra-oculaire, le décollement de l'iris, la décbirure de la capsule crislallinienne.
L'amaurose et la mydriase traumatique observées dans ces conditions s'expliquent souvent par une fracture de la voûte de l'orbite irradiée jusqu'au trou optique et comprimant le nerf optique ou les nerfs de l'orbite. Quant aux lésions matérielles énumérées ci-dessus, bien qu'elles puissent être produites par une violente secousse, elles reconnaissent pour cause habituelle la contusion directe. On a dit aussi que le vomissement pouvait produire une commotion du globe de l'œil et l'on a expliqué ainsi des troubles fonctionnels résultant de la congestion des vaisseaux de l'orbite qui accompagne le vomissement. La preuve que les accidents sont dus à la congestion et à la rupture de petits vaisseaux est donnée par l'existence des ecchymoses sous-conjonctivales, et des hémorragies rétiniennes ou choroïdiennes que révèle l'ophtalmoscope.
La compression du globe oculaire ne mérite pas non plus une étude à part, car son mode d'action est celui de la contusion, moins l'instantanéité et la violence. Une compression localisée et méthodique donne lieu au phénomène des phosphènes bien étudiés par Serres (d'Uzès). Une compression uniforme et douce, telle que celle qui résulte de l'application de rondelles d'ouate maintenues par un bandeau, est généralement bien supportée par l'œil, à la condition de n'être pas trop prolongée. Pour établir les effets fâcheux de la compression, on a cité un fait de Béer, dans lequel la compresssion des deux yeux opérée par manière de plaisanterie par les doigts d'un ami, sur un homme doué jusque-là d'une vue excellente, fut suivie de cécité. Mais ce fait prouve seulement, que, dans ce cas, une violence légère a suffi pour déterminer des désordres profonds des deux yeux. De môme, chez certains individus, une pression minime produit une ecchymose sous-cutanée, alors que généralement une contusion véritable est nécessaire pour amener le même résultat.
La contusion directe du globe oculaire est donc la cause la plus habituelle à laquelle doivent être rapportés les désordres des enveloppes ou des milieux de l'œil atteint par un corps mousse, alors même que la violence n'est pas considérable.
Les projectiles les plus divers peuvent contusionner l'œil. Mais certaines professions exposent particulièrement à ce genre de traumatisme. Il suffit de citer les forgerons et les casseurs de pierre. La mèche d'un fouet produit quelquefois une contusion violente de l'œil lorsqu'elle vient le frapper. De même les branches flexibles des arbres, en se redressant brusquement, déterminent parfois de graves contusions.
Symptômes. — Les effets d'une contusion ou d'une commotion légère sont des plus fugitifs. La douleur est peu marquée, mais il y a un ébouissement instantané, suivi d'une obnubilation passagère de la vue.
Si la contusion est plus intense, la douleur est plus vive; l'éblouissement persiste plus longtemps et la vue reste troublée, alors même qu'on ne constate pas de désordres matériels dans l'œil.
On voit parfois se produire une dilatation de la pupille ou mydriase. avec
LKSIONS THAIMATIOUES DU GLOBE OCULAIRE. tô
porlo (l('s iiK^uvtMiKMils (\c liiis. (;,cll(^ iiiydciase osl pi-éecMlrc ([u»'l([uorois d'un rrli'i'cissiMiKMil de la ]MipiIlo ou tnijo^is.
Berlin (hunio coninu' signes de la contusion de l'œil une faible diminulion de la vision centrale et e\centri([ue, une injection épiscléralc et la résistance de l'irisa laclion de l'atropine.
On adnieilail autrefois, pour expliquer ralTaissement ou la perte de la vision, un ébranlement de la rétine analogue à la commotion cérébrale. Plus tard on a invo([ué b^s pbénomènes vaso-moteurs. L'examen o}ditalmoscoi)ique, d'après Berlin, permet de constater sur la rétine l'existence de tacbes blancbàtres indépendantes de tout décollement. Ces taches disparaissent sans laisser de traces, dans les quarante-huit heures.
Cependant, dans un certain nombre de cas, l'examen ophtalmoscopique ne révèle pas de changements dans les milieux de l'œil et la rétine ne présente ni décollement ni traces d'hémorragies. Mais, dans ces cas, Berlin pense qu'il existe néanmoins une lésion matérielle qui explique à la fois l'amblyopie et la mydriase. D'expériences faites sur les animaux, il est arrivé à conclure qu'il se produit au niveau du corps ciliaire de petites hémorragies. Ces petits foyers d'hémorragie pourraient même comprimer la périphérie du cristallin et y pro- <.luire des changements de courbure. De là des troubles de la réfraction.
Dans ses expériences sur les animaux, le même auteur a vu, immédia tcmenl après la contusion du globe de l'œil, les vaisseaux rétiniens devenir complètement exsangues et filiformes. Ils se remplissent ensuite sans subir de dilatation consécutive.
Il a constaté aussi que les lésions de la rétine se rencontrent au niveau du point directement frappé et au point diamétralement opposé.
Les contusions de moyenne intensité déterminent quelques lésions extérieures et surtout des ecchymoses sous-conjonctivales. Il est fréquent de voir à la suite de ces contusions le sang s'infiltrer entre la conjonctive et la sclérotique et entourer la cornée d'un cercle complet. Si elle est plus limitée, l'ecchymose répond par sa situation au point qui a été atteint par le corps vulnérant. Elle peut occuper aussi le point diamétralement opposé.
Des lésions variées des différentes parties constituantes de l'œil résultent de la contusion du globe. Telles sont les érosions de la cornée, les déchirures de l'iris, les ruptures de la capsule cristallinienne et la luxation du cristallin, la déchirure de la choroïde, la déchirure ou le décollement de la rétine. Les désordres le plus fréquemment observés consistent en ëpanchements sanguins <lans la chambre antérieure ou dans le corps vitré. Les lésions des ditYérentes parties de l'œil seront étudiées isolément plus loin. Disons seulement que, si l'épanchement sanguin dans la chambre antérieure est fréquent et facile à constater, l'épanchement de sang dans le corps vitré ne se reconnaît pas aussi facilement et est admis souvent par analogie.
Follin a même été conduit par ses expériences sur les animaux à le considérer comme tout à fait exceptionnel. Il n'a jamais pu le produire par la contusion du globe de l'œil. En dilacérant la rétine et la choroïde au moyen d'une aiguille à cataracte à travers le corps vitré, il n'est arrivé qu'à déterminer dans la masse de celui-ci des infiltrations insignifiantes. Il semble donc que les épanchements sanguins intra-oculaires situés en arrière du cristallin et i'ésultant d'une contusion se font plus souvent entre la choroïde et la rétine ou entre cette dernière membrane et le corps vitré que dans l'épaisseur de celui-ci. Cliniquement leur