‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul ReclusChapitre 96 sur 260 · MALADIES DES POINTS ET CONDUITS LACR\'MAL"X · texte numérisé non relu

MALADIES DES POINTS ET CONDUITS LACR\'MAL"X

leur inflammation n'existe presque jamais à létat isolé, sauf peut-être dans le cas où un corps étranger sest introduit dans le conduit lacrymal.

L'inilammation dos conduits se traduit par une tuméfaction de la partie correspondante du rebord palpébral, par la rougeur et une saillie plus notable du léger renflement sur lequel repose le point lacr^Tiial. Ce dernier est plus apparent, limité par un petit anneau d'un rouge vif.

Desmarres a observé chez un jeune homme un abcès du conduit lacrymal inférieur. La pression faisait saillir le point lacrymal et sortir le pus par cet orifice. Il existait en même temps une petite fistule cutanée donnant aussi issue à du pus. La première condition de la formation d'un abcès semblable est l'oblitération de l'ouverture qui fait communiquer le conduit avec le sac lacr\-mal. Le traitement consiste dans l'incision de l'abcès qui est pratiquée du côté de la conjonctive et suivie d'injections astringentes avec la seringue d'Aiiel et du cathétérisme du conduit.

Liulcération des points lacr^Tnaux: est assez fréquente dans la blépharite ciliaire. par extension des ulcérations qui se forment au niveau des orifices des glandules. Le développement des vésicules de l'herpès, des pustules delà variole, donne lieu à des ulcérations suivies de l'oblitération des points lacrymaux.

Ce sont surtout les suites éloignées des diverses inflammations des paupières sur les points et conduits lacrymaux que nous avons à étudier.

Nous décrirons :

1*» La déviation des points lacr^Tuaux:

12" Le rétrécissement et l'oblitération des points et conduits lacr^Tnaux.

a. — DÉVIATIOX DES POIXTS LACRYMACX

Dès que les points lacrymaux cessent d'être appliqués exactement contre le globe oculaire, le libre passage des larmes se trouve compromis.

Les déviations, plus fréquentes à la paupière inférieure qu'à la supérieure, se font en avant (éversîon) ou en arrière [inversîon).

ÉvERsiox. — Toutes les causes d'ectropion sont des causes d'éversion pour les points lacrymaux. L'eczéma des paupières, la blépharite ciliaire, l'infiltration œdémateuse et l'atonie de la paupière inférieure chez le vieillard, de même que la tuméfaction de la conjonctive dans les diverses inflammations ou encore le simple gonflement de la caroncule, produisent réversion.

Inversion. — Elle résulte souvent de l'atrophie du tissu cellulo-gi-aisseux de l'orbite, qui entraîne en arrière le globe de l'œil et enlève à la paupière son soulien naturel. Toutes les causes d'entropion sont des causes d'inversion des points lacrymaux. Les auteurs du Compendium signalent aussi la cicatrisation de petits ulcères qui détermine l'inversion du point lacrymal seul, sans entraîner le renversement en dedans de toute la paupière.

L'inversion et réversion ont pour conséquence l'épiphora. On voit les larmes s'accumuler et stagner au niveau du lac lacrymal, oi^i elles forment une nappe brillante et d'où elles s'échappent par flot d'une façon intermittente. Si Ton invite le malade à porter en haut le globe de l'œil, on constate plus facilement les déviations du point lacr^Tual inférieur.

[£. DELE.YS ]

Traitement. — Il faut avant tout chercher à faire disparaître la cause qui a amené la déviation. Si celle-ci persiste, on rétablit le cours des larmes en incisant le point et le conduit lacrymal dans une certaine étendue, et l'on a soin de taire porter l'incision vers la face conjonctivale et de ne pas inciser toute la longueur du conduit. Bowmann employait une petite sonde cannelée et un bistouri pour pratiquer cette incision. On s'est aussi servi de ciseaux fins. Aujour d'hui on emploie le plus souvent le couteau de Weber, qui porte à son extrémité un conducteur boutonné. Si le point lacrymal est trop étroit, on le dilate au préalable en introduisant dans son orifice un petit stylet conique d'argent. Le couteau de Weber est ensuite dirigé en dedans, à peu près horizontalement,

Fie. 2i8. — Couteau de Weber. Fig. 220. — Stylet conique.

pendant que la paupière est tendue par une traction exercée sur la commissure externe. La pointe boutonnée doit pénétrer jusqu'à la paroi interne du sac, qui donne une sensation de résistance osseuse. Le manche du couteau est alors relevé par un mouvement d'arc de cercle, en dirigeant le tranchant en arrière et en haut. Ou arrête le mouvement lorsque le point et le conduit lacrymal ont été sectionnés sur une longueur d'environ 2 millimètres. Il faut, les jours suivants, avoir soin de désunir avec l'extrémité d'un stylet les lèvres de la petite plaie pour assurer les bénéfices de l'incision.

Divers instruments ont été inventés pour rendre plus facile l'incision des conduits lacrymaux. Nous citerons particulièrement le stricturotome de Giraud- Teulon, qui rappelle l'urétrotome de Maisonneuve. Mais c'est presque toujours au couteau de Weber qu'on a recours aujourd'hui, malgré quelques difficultés inhérentes à son emploi.

Vatoaie ou paralysie des points lacrymaux ne mérite plus guère de figurer dans l'étiologie de l'épiphora. On l'admettait, comme cause de larmoiement, chez les vieillards et dans la paralysie faciale. On pensait aussi qu'elle pouvait résulter de l'introduction répétée de sondes. Mais la déviation explique suffisamment, dans ces cas, le trouble fonctionnel sans qu'il soit nécessaire d'invoquer l'atonie des points lacrymaux dont le rôle actif dans l'absorption des larmes n'est pas démontré.

b. — RÉTRÉCISSEMENT ET OBLITÉRATION DES POINTS ET CONDUITS LACRYMAUX

Il est difficile de ne pas confondre dans une description commune l'oblitération et le rétrécissement des points lacrymaux avec les mêmes lésions siégeant sur les conduits. Quelques auteurs cependant les ont décrits séparément, mais celte manière de procéder expose, sans avantages véritables, à des redites fréquentes.

Nous parlerons donc ici de toutes les diminutions de calibre dont les points lacrymaux, les conduits lacrymaux et leur orifice dans le sac peuvent être le siège.

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