I. — RÉTRÉCISSEMENTS CICATRICIELS
La perle de substance, dont la cicatrisation entraînera plus tard une sténose du rectum, résulte, soit d'un traumatisme, soit d'une ulcération.
A. Le traumatisme est quelquefois accidentel. C'est ainsi qu'on a vu des rétrécissements du rectum succéder à une plaie de ce conduit par une canule de lavement, par un corps étranger introduit par la bouche ou par l'anus. Plus rarement, on a pu incriminer des violences exercées sur le rectum pendant l'accouchement; M. Ouénu cite un cas de ce genre.
Le plus souvent, il s'agit d'un traumatisme chirurgical. Les cautérisations, pratiquées pour guérir un prolapsus ou des hémorroïdes, peuvent déterminer une sténose cicatricielle, lorsque le chirurgien n'a pas pris le soin de ménager des ponts de muqueuse saine, intermédiaires aux parties cautérisées. L'extirpation du rectum par la méthode de Kraske provoque parfois un rétrécissement, lorsqu'on n'obtient pas la réunion par première intention. C'est à celte absence de réunion primitive qu'il faut attribuer les coarctations que Barton Hirst (*) a signalées à la suite d'ablation d'hémorroïdes par la méthode de Whitehead.
B. Les rétrécissements, consécutifs à des ulcérations, sont plus rares. Mathews (^), Kelsey, Hartmann et Quénu font remarquer avec raison que les brides cicatricielles, produites par ces ulcérations, n'aboutissent qu'exccptioi.nellement à une diminution de calibre du rectum. Ainsi, il n'est pas démontré que les ulcérations syphilitiques, tuberculeuses et même dysentériques soient susceptibles d'engendrer une sténose rectale vraie. Cependant, il faut admettre, avec Mollière, que celle-ci peut succéder aux pertes de substance étendues, véi'itable noma rectal, observées parfois au déclin des grandes pyrexies. Enfin, les ulcérations, suite de brûlures du rectum par des substances caustiques (^), constituent une cause rare, mais incontestable, de rétrécissement du rectum.