PÉAN
(-) WiESCHELRAi'M, Ârck. f. pciUi. Anal, iind Phys., T>d. LXIV (cité par Augagneur).
(') Lebert, Ann. patli.
;*) ScHUTZER, cité par Collet. — Il s'agit d'un kyste dermoïde du mésentère chez une jeune fille de quinze ans, conienant 12 dents.
(^) Société anatomique, 1.S51.
C^) Transart. of the patli. Soc. of London, 1870-1871.
\') Trombetta, Kyste dermoïde du mésentère. Cinquième Congrès de chirurgie italienne. Naples, 1888.
I**) Spencer Wells, Kyste dermoïde du mésentère. Laparotomie. 3IarsupiaIisation. Gucrison. Britisli med. .Journal. 1S90.
n Malade de Wcrth. Arch. de gynécol. Berlin, 1880.
('") Mala<lcs de Sutherland, Millard et Tillaux, Ilorslius, TromhcUa, Suthcriand, Fremy, Cimbali, Allbutt, Ilalm, Blanchi, elc. L'occlusion s'explique par le tiraillement du plexus
KYSTES DU MÉSENTÈRE. 925
OU i\e péritonisme simulant une occlusion inleslinale ('). Dans un certain nombre de cas, le début s'est montré plus insidieux, et c'est autant par le développement du ventre que par les douleurs que l'attention a été primitivement attirée : certaines tumeurs enfin sont demeurées indolentes (^).
La forme douloureuse des kystes mésentériques paraît, hAtons-nous de le dire, plus fréquente que la forme latente. Les douleurs reviennent par accès, aug-mentent sous l'influence du moindre mouvement et s'accompagnent de troubles digestifs et d'un retentissement sur l'état g'énéral. C'est le plus souvent autour de la région ombilicale qu"est leur maximum d'intensité; c'est dans cette même région que se fait d'ordinaire la première constatation d'une tumeur. Le kyste mésentérique, caractère important, présente donc ou a présenté une situation proche de la ligne médiane, il oITre une grande mobilité, surtout dans le sens latéral, parfois même dans le sens vertical. Sa surface est arrondie, lisse ; la consistance est élastique ou nettement fluctuante. Les résultats de la percussion sont variables : tantôt la matité est complète, tantôt il existe en avant de la tumeur une zone de sonorité. Afin de reconnaître la présence de l'intestin au devant du kyste, on a conseillé d'injecter des gaz par le rectum, ou de faire ingérer des poudres gazogènes (Blanchi). On a encore ajouté la forme du ventre qui n'est pas en batracien comme dans l'ascite, le non-déplissement de la cicatrice ombilicale. Si l'on marque au crayon dermographique le point culminant de la tumeur, on peut voir que les rapports de ce point avec la paroi changent pendant les grandes inspirations. Tillaux insiste sur la zone de sonorité qui SL'pare la tumeur du pubis. Enfin Terrillon a signalé la transmission des battements de laorte lorsqu'on place la main à plat sur l'abdomen. Accidents douloureux avec troubles digestifs, tumeur à situation médiane, très mobile, mais avec une zone de sonorité au-devant d'elle, voilà ce qui résume la symptomatologie des kystes du mésentère.
Diagnostic. — Aucun de ces caractères n'a une valeur absolue; il suffit pour s'en convaincre de lire les observations et de constater que, sur 7 cas {'), le diagnostic a été une seule fois porté; dans les 0 autres, tantôt on est resté dans l'indécision, tantôt on a cru à une tumeur du ligament large, à une occlusion intestinale, à un rein mobile, à un fibrome utéi'in, à un kyste de l'ovaire. Cette dernière erreur semble avoir été plus particulièrement commise (*). II faut évidemment suivre ici les règles générales pour l'examen des tumeurs du ventre, éliminer successivement, parles explorations diverses et combinées, les tumeurs du petit bassin, celles du foie et de la rate, c'est-à-dire les tumeurs du plancher et du plafond de la cavité abdominale; l'exploration minutieuse de la fossette rénale et la recherche du ballottement montreront s'il s'agit ou non du rein. Le diagnostic ditïérentiel avec les kystes du pancréas sera particulièrement difficile, le siège médian et jusqu'à la sonorité antérieure étant communs aux deux affections ; la constatation d'une mobilité prononcée inclinera le diagnostic vers
solaire, par le pédicule (Collel), la coniiiression, la coudure de l'intestin, son étranglement sur une bride et une adhérence.
(') Observation de Millard : Début soudain par des douleurs abdominales, du météorisme cl de la constipation; ponction simple du kyste; guérison.
(-) PÉAN, loco citato. — Spen'ceh Wells, Diagnostic et traitement des tumeurs abdominales.
(^) AuGAGNEUR, Thèse
('') Péan, dans les 5 cas de kystes du mésentère qu'il a observés, a cru •" fois à un kyste de l'ovaire (cité par Augagneur). Carie!, Tally, Gottschalkt, Durel, Knowslay. Thornton, etc., firent la même erreur.
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924 MESENTERE.
le mésentère, mais non d'une façon certaine ('). Le sièg-e mésentériqiie déterminé, reste à distinguer les unes des autres les différentes tumeurs du mésentère; la fluctuation n'est pas l'indice certain d'un kyste, elle se perçoit avec autant de netteté dans les lipomes; le gros volume plaidera en faveur de ces derniers ; seule la ponction exploratrice lèverait tous les doutes, mais elle n'est pas exempte de dangers. Elle est condamnée par Ilabn, Lohlein, Lawson Tait, Rasch, Blanchi, et en France par un grand nombre de chirurgiens.
L'évolution des kystes du mésenlère est variable; il est vraisemblable que la plupart, sinon tous, ont une période latente plus ou moins longue, et que la date d'apparition n'est plutôt que la date d'un changement rapide dans leur accroissement. Augagneur signale leur évolution par secousses. En tous cas, la situation ne tarde pas à s'aggraver dès que le kyste augmente de volume; les accidents résultent principalement de la compression exercée sur les organes voisins, et nous savons déjà que cette compression peut aller jusqu'à l'occlusion et jusqu'à la gangrène de l'intestin (-).
Traitement. — - L'indication d'intervenir activement ressort de ce qui précède; or on a employé comme traitement: la ponction capillaire, l'incision avec drainage et enfin l'extirpation. Si l'on adopte la première de ces trois méthodes, il faut se rappeler que des anses intestinales peuvent être interposées entre la paroi et le kyste et s'entourer des mêmes précautions que pour une intervention plus large. Sur 10 kystes chyleux ainsi traités, 8 récidivèrent (Braquehaye). A notre idée V ablation, si elle doit être facile, est la méthode de choix; c'est donc la laparotomie qu'il faut pratiquer, d'après les règles ordinaires. Si Vextirpalion, d'après le nombre et l'étendue des adhérences, paraît devoir entraîner trop de dangers, on peut se raljaftre sur l'incision avec suture des bords du kyste à la paroi et drainage ("). Cette pratique elle-même ne sera pas toujours exempte de difficultés : dans un cas de kyste hydatique que recouvraient des anses intestinales, Kuesler (') eut toutes les peines à trouver dans leur interstice assez de place pour vider le kyste et fixer les lèvres de l'ouverture à l'incision pariétale.
Dans la statistique d'Augagneur, qui poite sur 14 cas, la ponction capillaire a donné 2 guérisons sur 2, l'incision 1 mort sur i, l'ablation A guérisons et 4 morts. Ces dernières ont été occasionnées par la septicémie et la péritonite, à la suite de manœuvres longues et laborieuses nécessitées par l'étendue des adhérences. La statistique plus récente de Braquehaye donne 26 marsupialisations avec 2 morts. D'autre part, 21 extirpations avec 8 morts, soit GO pour 100. Dans un certain nombre de kystes de moyen volume, sans grande adhérence, l'extirpation n'en a pas moins été facile et sans danger : ainsi dans le cas de Tuffier, par exemple.
(*) Voy. Pancréas, p. 180. — I.c diagnostic avec les kystes de l'épiploon me parait impossible.
C) SuTiiERLAND, loro citalo, cl cas de Tp.omdetta, Soc. ital. de chir., 1888. — Un kyste du mésentère gros comme une orange détermina des accidents d'occlusion intestinale mortels.
(^) Soit avec des tubes, soit avec des mèches de gaze iodoformées comme la pratiqué avec succès Carson. Tcrrillon a eu '2 intoxications iodoformcs sur 5, qu'il interprète par l'absorption des cliyliières. — Carson, loco citato. Terrillon insiste sur les adhérences de ces kystes et les liens cellulo-vasculaires qui les rattache souvent à l'intestin, aussi conseille-t-il, à la mode de Ilahn et de Péan, de les traiter par l'incision ; ses 5 opérées ont guéri.
(*) Cité par Hahn.
LIPOMES. 025
TUMEURS DU MÉSENTÈRE
Les tumeurs priuiilives du mésentère apparliennenL toutes à la classe des tumeurs conjonctives. Les tumeurs épithéliales ne sont que le résultat d'une infection partie de l'intestin ou le résultat d'une généralisation viscérale, d'un carcinome quelconque. Donc, les premières seules nous arrêteront, elles comprennent des néoplasmes à éléments adultes, fibromes et lipomes, et des néoplasmes à éléments embryonnaires, sarcomes et lymphadénomes . Ces derniers paraissent très rares ('), et les documents sont en trop petit nombre pour qu'on puisse en tracer l'histoire. Les tumeurs du mésentère intéressant le plus les chirurgiens sont les lipomes (-).
LIPOMES ET PSEUDO LÎP0IV3ES
MoRGAGNi, Recherches, etc., t. VI, p. 208. — Broca, Bull, de la Soc. anat., 1850. — Meynier, Soc. de bioL, 1858. — Waldeyer, Archives de Virchow, 1805. — Pick, Transact. of pathol. Soc. of LovdoH, 18G9. — Cooper Foster, Transact. of palliai. Soc. of London, 1868. — Péan, Diagn. et trait, des tumeurs de l'abdomen, 1881, p. 1129. — Du même, idem, p. 1151. — WiggleswoRTU, The Lanret, 1885. — Hanans, The Lancet, 1885, p. 449. — Du même, p. 450. — Made- LUiMG, Berl. klin. Woch.. 1885. — Péan. Bull. Ihérap., nov. 1885. — Terrillon, Arch. de méd., 188G, et Soc. de chir., 1886. Tous ces 15 cas sont recueillis par Augagneur, thèse d'agrég., 1886. — Meredith, The Lancet, 1887. — Terrier, Bull, de la Soc. de chir., 1890. C'était un sarcome fascicule considéré avant l'examen histologique comme un myxolipome. — Lauvers, Acad. de méd. de Belgique, 1891. — Roberts, Med. News Philad., 1891, p. 216. — Peyrot, Cité par Terrier et Guillemain. — Terrier, in Terrier et Guillemain, Revue de chir., 1892. — Du MÊME, idem. Ces 7 nouveaux cas sont cités par Terrier et Guillemain, ce qui porte à 22 le nombre de ces tumeurs. — Nous ajouterons Cauthorn, Med. News, 15 avril 1895, p. 401. — Démons, In thèse d'Arekion 1890-1891. — Potherat, Bull, de la Soc. de chir., 1895. — Heurtaux, Arch. prov. de chir., 189". — J. Homans, Amer. Journal of the med. sciences, avril 1891. — W. Mlller, Berl. klin. Woch., 1895. — Mac Cann, Amer. Journal Assoc, 1892. — Kerestzeghtv, idem. — Roux, Congrès français de chirurgie, 1895. — Du même, idem. — Du même, idem, et in Belkowsky, Revue nukl. de la Suisse romande, 1895. Ces 12 nouveaux cas portent à 54 le nombre de ces tumeurs. La plupart des derniers, pris pour des lipomes, ont été plus tard reconnus sarcomes ou myxomes après examen histologique.
Définition . — Sous ce terme se trouvent provisoirement réunis des néoplasmes du mésentère que leur apparence graisseuse a fait qualifier de lipomes par le chirurgien, mais dont l'examen histologique a montré la nature tantôt myxomateuse, tantôt sarcomateuse, tantôt lipomateuse vraie, tantôt mixte. Ces productions sont encore désignées par M. Terrier sous le nom de lipomes sous ou rétro-périlonéaux, ce qui indique leur point de départ premier : celte dénomination tend à prévaloir.
(') Comme néoplasmes primitifs, les quelques exemples cités sont relatifs à des tumeurs ganglionnaires.
(*) Augagneur n'a trouvé qu'un seul exemple de fibrome, dû à Péan, et il n'est pas édifié sur son siège réel dans !e mésentère.