I)K L ENTORSE EN GENERAL
d'entorse, mais bien comme un sig^ne de fracture. Celle opinion est restée très disculahle.
Marche. — Il est d'usage pour étudier la marche clinicpie de l'entorse d établir trois catégories de cas : l'entorse est simple, caractérisée par la distension sans rupture des liens fibreux articulaires; de gravité moyenne, accoml)agnée de déchirures des ligaments et des tendons; grave, accompagnée de i'ractures plus ou moins étendues des extrémités osseuses.
Dans le premier cas, les phénomènes douloureux et le gonflement disparaissent rapidement, et le malade est bientôt complètement guéri.
Dans le second, la maladie bien que revêtant des allures bénignes peut donner lieu à des douleurs persistantes, à une gêne des mouvements qui entrave pendant de longs mois le retour des fonctions du membre.
Enfin dans le troisième cas, la restitutio ad integrwn des mouvements sera difficile à obtenir, et les raideurs, l'arthrite chronique avec toutes ses conséquences seront une terminaison fréquente.
Si d'une façon générale on peut en effet supposer que la marche de la maladie sera d'autant plus simple que les lésions sont moins compliquées, il n'est pas douteux cependant qu'en pratique il soit bien dangereux de considérer cette règle comme absolue.
En efi'el à la suite de l'entorse la plus simple, on peut observer au niveau de l'épaule, au niveau de la hanche, cette afTection que Jarjavay et Duplay ont étudiée sous le nom de péri-arthrite (').
Il en est de même de l'atrophie musculaire (indépendante de la péri-arthrile) bien étudiée par Le Fort (Soc. de cJiir., 187!2 et I87G) et son élève ^'altat, comme consé(iuences des traumatismes articulaires. Ces atrophies ne sont aucunement en rapport avec l'étendue des lésions dont la jointure est le siège, et si elles sont surlout observées à la suite d'épanchements articulaires sanguins ou séreux de longue durée, elles se sont manifestées (piehpiefois dès le onzième jour après l'accident (-). Enfin les reliquats d'une hémarlhrose même peu abondante consécutive à une entorse légère restent pendant un fort long temps sous forme de caillots filn'ineux logés dans les culs-dc-sac de la synoviale, et sont vraisembhdjlemcnt la cause des douleurs persistantes, delà gêne des mouvements, des récidives d'hydarthrose et des épaississements synoviaux, si souvent observés dans les formes en aj)parence bénignes.
D'autre part nous voyons tous les jours des désordres arliculaires étendus, graves en aj)parence, guérir rapidement sans conqilicalioiis ultérieures; la fraclure du péroné par arrachement n'esl-clle point une (■<)nq)lication fré- «picnle de l'enlorse et ne guéril-clle pas constamment vite et l)i(Mi? 11 semble que l'on puisse dire : la gravité de l'entorse ne dépend pas laiil (1(> l'étendue des lésions arliculaires et péri-articulaircs que de la (jua)itilc de l'cpanchemenl sanf/idn qui se fait dans la jointure. Cet épanchement, long à se résorber, |)rovofpie des adhérences enti-c les surfaces arliculaires, et enlraîue des gênes l'onctiormelles |)ersistantes.
[.a localisation du processus tuberculeux sur une jointure^ à la suite de
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DE l'entorse en GÉNÉRAL. 61
l'entorse est un fait constaté cliniquement depuis long-lemps, les expériences (le Schuller en ont confirmé la réalité. Nous ne saurions insister sur celte complication absolument indépendante de la gravité du traumatisme, et directement liée à l'état constitutionnel du sujet.
En indiquant la marche et les terminaisons de Tentorse, je viens de signaler ses complications tardives. Les complications immédiates sont les fractures voisines ou éloignées de l'articulation, les luxations et les déchirures tendineuses, larthrite aiguë et l'hémarthrose.
Le pronostic d'après ce que nous venons de dire doit toujours être réservé. A propos du diagnostic, je me bornerai à constater que dans les cas difficiles, lorsqu'il y a un gonflement très accusé, c'est avec les luxations ou les fractures que les entorses sont souvent confondues. Mais le diagnostic général ne saurait être établi ici, la distinction de chaque variété d'entorse mérite d'être étudiée.
Traitement. — On étudie généralement dans le traitement de l'entorse : 1° les moyens mécaniques dirigés contre cette alTection, et '2° les procédés d'un autre onh-e (jui consistent essentiellement en applications locales.
Les premiers sont : les mouvements communiqués, le massage, l'immobilisation, la ponction.
Les seconds comprennent les applications locales résolutives, les repercussifs, la balnéation du memJjre entorse, etc.
Nous ne suivrons pas cette division. Elle a l'inconvénient de rapprocher dans l'étude des moyens mécaniques les deux méthodes diamétralement opposées, le massage et l'immobilisation. Or c'est précisément le choix de l'une ou de l'autre de ces méthodes, qui a toujours été l'objet des discussions: ce sont ces méthodes qu'il faut opposer l'une à l'autre ; les procédés employés pour leur application devenant véritablement accessoires.
Nous étudierons donc successivement : 1° la méthode ayant pour base la mobilisation des jointures entorsées; H" la méthode de limmobilisation. A la première se rattachent la manœuvre des mouvements communiqués et le massage.